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Journal de guerre : Entrée 2

Un aller retour en train dans la journée voilà ce que ça m'a coûter pour récupérer un Sig Sauer P226, petit mais charmant. J'ai même réussi à négocier les munitions dont le vendeur n'avait plus besoin.

La douane ne m'a posé aucun problème, ils m'ont laissé passer sans me faire ouvrir le moindre sac. Ma tronche décontractée avec un Toblerone à la main a du jouer.

Les entraînements au stand de tir ont débuté, je ne suis pas un tireur d'élite mais ça va : je tire dans la cible.

Du coup ... c'est bien gentil mais par qui je commence ? Cette question m’obsède et la réponse n'est pas simple. Un ministre corrompu ? Je ne commencerai pas par la plus simple
Un pédophile ? Il doit être sous surveillance.
Commençons petit bras histoire de se faire la main pour ensuite monter en puissance. C'est ce que font les tueurs en série il parait, du moins d'après les séries policières de seconde partie de soirée.

Putain je vais devenir serial killer ...

Bon n'y pensons pas trop revenons en à la cible : La psy auto proclamée de mon ex ? Elle m'a coûté ou sauvé du mariage. Ce qui n'est peut être pas une mauvaise chose mais vu la secte qu'elle s'est créée autour d'elle, elle a dû en bousiller des vies avec sa philo de bar à ongles. Bah après tout c'est leur problème pas le mien. Si ça leur apporte du réconfort que de se faire manipuler et être abreuvés de non sens ...

Le problème du choix est bien plus ardu qu'il n'y parait en fait. Se pose toujours la question de l'innocence la cible.
Quoique en balançant une bombe dans la tour d'argent je devrais bien me faire deux ou trois enculés facile mais il y a les autres. Il va me falloir être plus chirurgical que cela pour éviter les collatérales.

Pourquoi chercher loin ?
C'est un secret de polichinelle que la voisine du 2e se fait mettre sur la gueule par son beauf de mec. Aucune plainte, syndrome de Stockholm à tous les étages et "chutes dans l'escalier" pour justifier tous les hématomes. Heureusement que les femmes ne peuvent souffrir d’hémophilie.
Ok j'ai la cible, reste la méthode
Si je me contente de toquer à sa porte ... sa victime de femme risque de me reconnaître et de s'interposer ... c'est pas trop le but de l'opération.
Il sort peu : merci le chômage, la télé et bobonne. Piéger les escaliers n'est donc pas envisageable
Bon ok ... on va toquer à sa porte quand sa femme sera sortie. Le planning d'un conjoint martyrisé est souvent réglé comme du papier à musique.

Je pourrais attaquer à l'arme blanche mais je risque un combat inutile, et donc des cris, et donc alerter le voisinage. L'arme à feu évite le combat mais pas le bruit, je vais devoir commencer par me fabriquer un silencieux (non fourni). C'est décidément magique Internet, j'ai trouvé un Do It Yourself expliquant comment faire et ça ne m'aura coûté que des tubes de PVC, une perceuse et deux trois autres bricoles.

Il m'a fallu tester mon bricolage, les forêts franciliennes se sont prêtées au jeu m'offrant une tranquillité et une sérénité à peine rêvées. le résultat est ... satisfaisant. Quand vous regarderez un film avec des tueurs équipés de silencieux qui font pfiou pfiou, dites vous que vous êtes dans de la science-fiction. Un silencieux, même officiel, atténue le son, mais ne rends pas votre tir "silencieux". Mais ça devrait suffire.

Voilà le plus dur est à faire : franchir le pas, passer à l'acte. Assis dans mon couloir, la tête appuyée sur ma porte d'entrée j'attends le moment où elle descendra les escaliers.

Pour tuer le temps, avant de tuer quelqu'un, et pour ne pas trop stresser je me répète ce que je dois faire, telle une check-list :

  1. Ouvrir doucement la porte
  2. Monter discrètement l'étage
  3. Frapper gentiment à la porte et ne pas répondre s'il demande qui c'est
  4. Patienter et scruter pour voir si un voisin n'arrive pas ou ne pique pas une crise de curiosité
  5. Attendre qu'il ai ouvert la porte en grand et tirer, la tête si possible,
  6. Redescendre vite mais discrètement
  7. Attendre la venue de la police et faire l'étonné, sans surjouer.
  8. Ne pas présenter

Oh Putain elle arrive, je reconnais sa démarche si particulière de petite femme tiraillée entre sa volonté de fuir et son "devoir" de revenir vite : Un pas en avant, deux pas en arrière en quelques sortes.

C'est bon, elle a franchi la porte de l'immeuble, je me précipite à ma fenêtre pour vérifier qu'elle en va pas me taper un demi-tour aussi inattendu qu’inapproprié.

C'est bon, je dois y aller et vite, aller bouge, c'est maintenant ou jamais, si je ne le fais pas aujourd'hui je me trouverais toujours une excuse

J'ouvre doucement ma porte, je ne la referme pas vraiment

J'ai mes clefs ? Oui j'ai mes clefs

Je monte discrètement l'étage

Aucune porte ne s'ouvre

Je frappe gentiment à sa porte

Et j'attends,... j'attends ... j'attends ... putain qu'est ce que tu fous gros porc ... patience ... patience

Je refrappe, ... j'attends, ... ça bouge dedans, toujours pas de mouvement aux autres étages.

Putain et si ses voisins de paliers regardent dans leur judas ? J'y ai pas pensé, et j'ai pas le visage masqué, putain merde, je fais quoi ?

La porte s'ouvre en grand, il bougonne et commence à m'insulter pensant que je suis sa connasse de femme

Tire, mais putain tire connard, il te regarde, commence à demander ce que je veux

Je sors le flingue maladroitement de mon hoodie, manquant de casser mon silencieux bricolé

Il le voit, ouvre grand sa gueule laissant tomber sa gitane, il va se mettre à gueuler, il va se putain de mettre à putain de gueuler ! TIRE ABRUTI

Et je tire, une première fois, ça gicle, comme dans un film de Tarantino

Merde, je panique, je tire une seconde fois, je me retiens de le faire une troisième, je me souviens que toujours d'après Les Experts, ça peut faire la différence entre un crime passionnel et un délit qui a mal tourné.

il tombe lourdement, il n'est pas encore mort, il tente de parler, je crois comprendre "pourquoi ?"

Casse toi.

Pas de raisons particulières mec, il me fallait un sale, type, y'en a plein et c'est tombé sur toi

CASSE TOI COUILLON !

Je redescend, ... un peu vite, ma porte est toujours entre-baillée, je la referme doucement, sans bruit.

Je me fous à poil, je colle mes fringues dans un sac plastique qui passe, j'irais cramer ça cette nuit,

Et je l'entends, elle est rentrée chez elle et elle crie dans l'escalier, elle appelle au secours, mais personne ne semble répondre

Y vais-je ?

Non, déjà je suis à poil et en plus ça ne ferait qu'attirer l'attention sur moi,

Elle crie de toutes ses forces, elle pleure.

Comment justifer que je ne l'ai pas entendu ?

Des portes s'ouvrent, je ne serais pas le premier, alors j'y vais aussi, en caleçon, ils sont trois autour d'elles venant d'autant d'apparts, elle est couchée sur lui. Son regard fixant le plafond. Il est bien mort

Putain j'ai tué quelqu'un, je l'ai fais ... je l'ai fais ...

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