Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Entrée 4

Comme je l’écrivais, trouver une cible ne nécessite pas une forte imagination au final, même si beaucoup ont des circonstances atténuantes. Pour d’autres c’est une question de point de vue, de mauvaise foi ou de démagogie.

Et puis pour ceux rattrapés par la justice, pourquoi en mettre une seconde couche (définitive) ? Par contre pour ceux qui ne se font pas rattrapés par la patrouille, ceux qui agissent en toute impunité, se moquant de nous, des lois, c’est autre chose.

J’ai choisi ma cible, elle agit presque à visage découvert, politique, médiatique, ses casseroles sont tellement énormes que ses acquittements sont une insulte à la justice, la logique et à ses électeurs. Car oui son parti le reconduit d’élections en élections, et ses électeurs le ré élisent car il leur fait des petits cadeaux : nouveau gymnase, nouvelle bibliothèque, on vire les pauvres, une boîte de chocolat à noël et les vieux sont contents. Les affaires : trafic d'influence, blanchiment de fraude fiscale, corruption, utilisation des ressources publiques pour son usage privé, fraude fiscale ? Un mal nécessaire.

Je pourrais me demander pourquoi je changerai cela, après tous si les administrés sont heureux de l’être par un corrompu …

Mais cette impunité donne des idées, à d’autres qui se corrompent aussi. Envisagent la vie politique comme une carrière, une source de revenu et non comme un sacerdoce, un dévouement à la communauté. J’ai repensé à José l’anarchiste, s’il me voyait en ce moment, en plaine planque, il serait fier de moi.

J’ai, donc, commencé à trainer, à prendre des infos. Il se croit tellement intouchable que son service de sécurité est réduit à un seul garde du corps qui l’attend en dehors de ses bureaux à la mairie, au conseil régional et à l’assemblée. Oui monsieur est pour le cumul des mandats, enfin surtout des salaires car vous comprenez le cumul nous rapproche du terrain, nous émancipe du parti. Sauf qu’en tant que cumulards, tu as du pouvoir, donc tu es proche des hautes instances de ton parti, donc tu ne t’émancipes pas puisque tu fais le parti. Et proche du terrain, t’es tellement pas dans tes fiefs que ….

Bref. Deux grands choix se présentent à moi : Agir dans un de ces bureaux et me confronter au service de sécurité et autres caméras, ou devoir gérer le garde du corps.

Outil : Couteau, j’ai peur de réutiliser mon flingue si vite après le premier. Peur qu’on me tombe dessus plus rapidement encore en faisant le lien avec mon ex-voisin grâce à la balistique.

Mode Opératoire : Attendre un conseil un peu tardif, le laisser partir seul avec son garde du corps, mettre ce dernier hors-jeu (sans le tuer) et taillader l’autre jusqu’à sa mort.

Simple sur le papier, c’est toujours simple sur le papier en fait. Car en réalité ça ne s’est pas passé tout à fait ainsi.

Le conseil municipal a débuté exceptionnellement sur les coups de 19h, ouvert au public j’ai pu m’assurer de sa présence.

Check

Sans trop me faire remarquer je suis sorti et ai attendu dans la rue. Quand il fut évident que poireauté au même endroit pendant des heures serait moyennement bon pour ma discrétion, j’ai commencé à bouger, en faisant des tours de pâté de maison de manière à ce que mon allure n’attire pas l’attention. Puis je suis monté dans ma voiture (vive les vitres teintées) et ai attendu avec la radio comme palliatif à l’ennui.

Il faudra que je prévois un déguisement pour ma prochaine planque, entre les passants, les commerçants et les spectateurs du conseil, beaucoup de gens m’ont vu, beaucoup trop de gens. Me faire prendre n’est pas un problème en soit, je serais mort avant le procès (s’ils me prennent en vie), mais pas si vite, pas aussi bêtement. La mayonnaise a pris, je me sens investi d’une mission. Par mes actes la vie des gens sera meilleure. Les salauds comprendront qu’une épée de Damoclès bien tranchante les tient en respect.

Je me tire ? Je reporte l’application de la justice ? Comme d’habitude tu vas t’en sortir mon cochon, temporairement surement mais tu vas t’en sortir.

Et puis je le vois qui sort avec son bodyguard. A pieds l’enculé.

Facilement atteignable

Je ne peux pas le laisser partir.

Non, Je ne peux pas remettre à plus tard.

Faut que j’agisse maintenant.

Je démarre, Je fonce sur eux en caisse ?

Non c’est ta caisse !

Putain je fais quoi ? PUTAINJEFAISQUOI ?

Ils s’éloignent suis les.

OK doucement, je déboite, pas me faire remarquer, pas plus. Les rattraper tranquillement, ni trop rapidement ni trop lentement.

Ils tournent dans une rue, à cette heure, dans ce quartier celle-ci est vide.

Attaque

Je me gare proprement et je marche vers eux, au bout d’une dizaine de mètres je l’appelle.

Pourquoi tu as fait ça ?

Le garde du corps se retourne en un quart de seconde, je bredouille un truc, comme quoi je suis fier de ce qu’il fait pour nous en tant qu’élu, et que la presse c’est un ramassis de chiens galeux, cherchant la viande fraiche pour se repaitre.

Pas mal mais tu l’as dit d’une seule traite, trop vite, le molosse se méfie, et lui affiche son plus beau sourire gêné.

Désolé mec, tu fais que ton boulot : je dégaine mon couteau, un gros opinel, je l’attaque au visage pour mieux l’atteindre aux jambes. Il a la délicatesse de tomber vite, la cible reste prostrée, comme un lapin au milieu de la route devant les phares d’une bagnole. Pas le temps de parler, j’attaque le visage, mais pour de bon cette fois-ci, pas le temps de feinter, il crie, hurle, gueule comme un porc qu’il est, j’empale littéralement sa jugulaire, le flot de sang est surréaliste, comme dans un film de Tarantino. Je met tellement de cœur à l’ouvrage que mon opinel se bloque entre deux morceaux de cartilage, d’os ou de chair.

C’est à ce moment que les fenêtres s’ouvrent, que ça gueule un peu partout dans les étages, on crie au crime, à l’assassin, des lumières bleus se profilent au bout de la rue. Les flics ne sont décidément présents que dans les quartiers huppés. Pas le temps de récupérer mon canif, je me barre en courant. Je passerais prendre ma caisse dans la nuit.

J’évite les trois premières stations de métro, me débarrasse de mes blouson et gants ensanglantés, et grâce aux WC publiques me nettoie le visage.

Je n’ai pas souvenir d’avoir nettoyé la lame avant usage, je n’imaginais pas la laisser sur place. Ils ont mes empreintes, bah je ne suis pas fiché, ça me laisse du répit.

Tag(s) : #roman, #m2f, #mourir, #politique

Partager cet article

Repost 0