Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J’aurais pu plus m’attarder sur Tokyo, mais l’envie de changer d’ambiance est venue au quatrième jour, après m’être fait le marché aux poissons de Tsukiji, et avoir ingurgiter mon poids en sushi et sashimi frais, voilà encore une des choses que je regretterais du Japon, la qualité de la nourriture. Tout est bon, tout est frais.

Bon, quitte à changer d’ambiance je me suis un peu intéressé à la musique japonaise. J’ai vite passé sur tous les groupes d’idoles. De jeunes filles faisant à la fois actrices de seconde (voire troisième) zone, animatrices télé (la télé japonaise bordel !!!), modèles, et chanteuses. Être idole, c’est avoir un contrat d’idole, c’est être sous contrat pour une durée limitée, c’est sourire tout le temps, c’est faire croire que la sexualité n’existe pas en portant des mini jupes et mini shorts. Et si tu déroges à la règle tu es conspuée comme une traitresse à la nation.

J’ai regardé coté rock (on ne se refait pas) et je suis tombé du glam, beaucoup (trop) de glam mais aussi sur l’OVNI LadyBeard donc.

Du choix, beaucoup de choix dans tous les genres possibles. Ma consommation de musique Made In Japan restera donc récréative.

Coté voyage, plusieurs choix s’offraient à moi.

Partir vers le nord, où les paysages sont, semblent-ils magnifiques, d’autant que vu mon état ce n’est pas Fukushima qui allait me refroidir. Ou vers le sud et découvrir Hiroshima, le mont Fuji, Kyoto, Nara, Osaka etc …

J’ai opté pour la fin de cette proposition. Hiroshima et Fuji me semblant peut être trop évidents, trop touristiques. Je suis du genre à m’éloigner de la majorité. Ainsi je n’ai jamais vu Titanic ou le fabuleux destin d’Amélie Poulain, et à moins qu’on ne me les propose dans le prochain vol, je ne les verrais jamais.

Tous ceux à qui j’ai parlé de mon voyage, que ce soit dans les auberges de jeunesses, dans les bars ou les restaurants m’ont conseillé de ne pas zappé ces deux lieux. Peut-être ai-je raté quelque chose, je ne le saurais jamais.

En tous cas ce que j’ai fait, en lieu et place, valait largement le coup. J’ai fait de Kyoto mon camp de base, d’où je partais pour visiter les villes alentours.

Nara : J’y suis allé deux fois pour me ressourcer, la ville n’est qu’un grand parc avec ses temples et ses faons en liberté. Ils ont appris à vivre à côté de nous humains, du coup traverser les routes est devenue une évidence. Réclamer de la bouffe aussi, du coup les vendeurs de biscuits font leur beurre tranquillement. C’est mignon, c’est paisible, c’est Cute, c’est Kawai. Peut-être suis-je bien tombé mais les parcs n’étaient pas très fréquentés. Ce qui a ajouté à l’apaisement. Je me suis senti bien, vraiment bien, en accord avec moi-même comme ils disent, et ce même si je n’ai jamais réellement compris cette phrase.

Pourquoi des cerfs ? Attention petit moment histoire. Une divinité chevauchant un cerf blanc ailé aurait protégé une ville impériale. Depuis les cerfs sont considérés comme des animaux divins et sont protégés et choyés. Pour finir sur le côté religieux, la religion officielle est le Shintô Bouddhisme, et pour faire court, des divinités ou esprits ils en ont des myriades, pour toute chose ou élément en fait.

Osaka : J’étais très excité par Osaka, je me voyais dans une petite Tokyo, et j’ai été assez déçu au final. Oui il y a un côté très moderne, une avenue marchande très peuplée et touristique, oui il y a un côté très historique, mais le tout fait carton-pâte. Une grande partie de la ville (pour ne pas dire intégralité) fut reconstruite après la guerre, monuments médiévaux aussi. Mais le château d’Osaka en béton … comment dire … Autant les douves et murailles sont sympathiques, autant le musée dans le château peut être intéressant, autant le bâtiment en lui-même …

Kyoto : Par où commencer ? Il y a tant à en dire. Oui il y a des visites de renommée mondiale à faire : Temple d’or et d’argent, Château de l’empereur, château du Shogun, le temple aux 1001 statues bouddhiques, les cérémonies mais prenez tout ce que j’ai écrit sur le Japon et appliquez-le à une seule ville. Kyoto est le Japon : nature, histoire, modernité, bien être et les gens putain, les gens. Oui j’ai parlé à beaucoup de gens dans les auberges de jeunesses, dans les bars ou les restaurants, car les gens sont réservés. En tant qu’européen et surtout français accoutumé dès le plus jeune âge aux touristes on imagine que c’est le cas dans tous les pays qu’on traverse, et surtout un pays tel que le Japon. Oubliez tout. Le japonais est réservé, et beaucoup développent un complexe d’infériorité.

Les européens sont meilleurs que nous en tout (ou presque)

Pourquoi être venu au Japon ?

Comment des touristes peuvent avoir envie de voyager dans notre pays ?

Telles sont des phrases que j’ai très souvent entendu durant mon si court séjour. Alors oui ils ne viennent pas vers vous naturellement, mais un peu éméchés, en groupe ou faisant preuve de curiosité ils viennent vous voir pour comprendre, apprivoiser le mythe que vous représentez à leurs yeux. Et si c’est vous qui faites le premier pas, disons juste que j’ai passé des soirées mémorables.

J’ai parlé beaucoup de ma vie, et de ce qu’est de vivre en France, et un peu de ce qu’est de vivre au Japon, ils étaient curieux de moi, de nous, mais avaient des réticences à parler d’eux, par pudeur un peu, par peur d’être inintéressant beaucoup. Être touriste et être habitant n’ont rien à voir. Être touriste c’est susciter l’envie et la curiosité. Être expatrié c’est susciter la méfiance, et subir l’héritage des clans et provinces japonaises, ce que nous pourrions appeler racisme ou nationalisme (des synonymes qui n’en sont pas), c’est par exemple encore susciter la défiance quand on est japonaise et qu’on sort, se marie avec un étranger. Ou ne jamais pouvoir être promu ou si peu lorsqu’on est expatrié travaillant pour une entreprise japonaise.

Voilà, je pourrais encore écrire durant des heures mais je vais m’arrêter là pour ce soir car

Vous avez saisi l’essentiel

Le monde est vaste et je n’ai que peu de temps. Mon corps me le rappelle souvent. Je ne m’appesantis pas sur mon état de santé, ça donne l’impression que je vais bien au final, à vous, à moi. Mais peut être que ce soir, en me préparant à quitter ce magnifique pays j’ai besoin d’écrire un peu plus à ce sujet.

Alors non je ne vais pas au mieux, disons que j’ai des phases, et que celles-ci me prennent par surprise, la nuit surtout, mais aussi en pleine journée. Je fais des crises, certaines d’angoisses d’autres non. Je prends sur moi ou du moins je tente. Je flippe putain, je flippe que chaque crise soit la dernière. Vous vous dites que vous sachant mourant et en prenant sur vous, vous saurez vous préparer et accepter votre état : Conneries. Vous êtes de ceux qui pensent que l’immortalité n’est pas souhaitable : vous pouvez crever la gueule ouverte.

Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Mourir deux fois : Chap 18
Tag(s) : #japon, #m2f, #mourir, #tourisme, #kyoto, #nara, #osaka

Partager cet article

Repost 0