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« Et des participants il en reste quelques-uns » analysa Shattasman, une fois de retour dans notre chambre d'auberge.

« Témor et moi-même. » commençais-je.

« Et le groupe de la ballerine » compléta Témor sans pouvoir effacer un sourire d’enfant qu’on vient d’ensevelir sous un monceau de cadeaux.

« Et d’autres, pour avoir vu l’intégralité des combats il faudra aussi compter sur une gorgone… »

« Parfait, elle va tous nous changer en pierre si par miracle nous sommes toujours en vie » pessimistais-je

« … ainsi qu’un humain, apriori mage, un second plus porté sur les lames et les coupes de cheveux expérimentales, une amazone …

« Parfait, elle.. »

« Tais-toi » me coupa-t-elle sèchement

 

Je me tus

 

« … et une Félis. »

 

Je ne me tus plus

 

« Une Félis ???? »

« Oui tu ne l’a pas croisée dans les vestiaires en attendant ton combat ?»

« On était séparés, surement pour éviter qu’on se rentre dedans » expliqua Témor, me permettant ainsi de rester dans mon étonnement, ma stupéfaction.

« Mais … »

« Je croyais que vous étiez une petite communauté » interrogea Shattasman

« Mais … »

« Et que c’était super rare que vous sortiez de vos grottes » enchéris Témor

« Mais … »

« Et que vous vous connaissiez tous » surenchéris Sprechensie

« Mais moi aussi !!! »

« !? … ! » Firent-ils eux aussi

« A ma connaissance nous n’avons qu’une seule tribu. Soit elle à quitté la grotte il y a de nombreuses années et personne n’en a jamais parlé, soit »

« Soit il existe une autre tribu » me coupa encore une fois la néréide.

« Je pense qu’on le saurais » rétorquais-je

« Ah bon ? Vous sortez jamais de votre grotte, avez peur que le moindre péon vous attrape et vous attache à un bucher en place publique, alors niveau exploration je pense que vous accumulez quelques lacunes »

« Pour une fois ton raisonnement part sur une base erronée si tu me permets » lui répondis-je en m’installant sur ma chaise dans une position de tribun polémiste s’apprêtant à débattre avec force et conviction.

« Je te permets » me lança-t-elle, attrapant son carnet de notes prête elle aussi à argumenter et à noter. Pour la première fois depuis notre rencontre je la sentais « heureuse » (?)

« Un peuple, du moins c’est ce que nous apprends l’histoire du monde, est à la base un petit groupe qui grandis, évolue, migre, se retrouve, se combat, se fédère » elle comprenait parfaitement et notais avec grand intérêt le moindre de mes mots

« Et donc il existe maintenant quatre possibilités 

  1. Elle a fui votre grotte il y a des années et on la croit morte
  2. C’est une bannie
  3. Il y a eu une migration d’une partie de votre peuple. Migration jamais tracée dans vos écrits
  4. Vous êtes le premier peuple à génération spontanée

« Dans tous les cas ce n’a pas été tracé et c’est donc très intéressant historiquement parlant »

« Et le fait que ça soit une gonz rend le truc encore plus intéressant » intervint Témor.

« Et le fait que ça soit une gonz rend … hein ? Mais non voyons ! » M’insurgeais-je

« L’humain à la coupe de cheveux expérimentale, c’était bien une sorte de crête rouge qu’il avait ? » interrompit la fée.

« On s’en fout un peu non ? » usant du ton outré de celui qu’on dérange avec des futilités

« Ouaip » répondis Témor en se rapprochant de la fenêtre « Sauf si on prends en compte que le même gars est devant notre auberge avec des potes à lui »

« Coïnci … »

« Les coïncidences n’existent pas » me coupa ENCORE UNE FOIS Shattasman

 

Témor pris sa masse, moi mes lames et la fée de la hauteur.

 

« On ne sur réagirait pas un peu ? » m’inquiétais-je

« Les coïncidences n’existent pas » entonnèrent mes 3 compagnons

« Mais pourquoi ? »

« Tu sais quoi ? » commença un Témor passablement énervé « Tu leur demandera quand on aura fini »

« Ok, mais juste un truc alors, la fée ne lance pas de sorts » négociais-je

« C’est pas juste ! » s’indigna-t-elle « C’est toujours les mêmes qui ont droit de s’amuser »

 

A la différence de mes compagnons, je n’ai pas de goût pour la violence, vous avez surement deviné à la lecture

de mes aventures jusqu'à ce moment, que je tente d’éviter les affrontements le plus possible. Qu’ils soient physiques ou verbaux je les trouve contre productifs et barbares. Il me faut souvent me mettre en condition avant de pouvoir me résoudre à combattre, ce qui peut prendre un certain temps.

 

En revanche lorsque je suis en condition je fais preuve d’autant d’aplomb que mes féroces compagnons.

Mais apparemment beaucoup moins que l’humain qui venait nous chercher querelle. Car bien que préparé à combattre, en attendant fermement que ses compagnons et lui-même approchent de notre porte, je fus déboussolé de voir celui-ci simplement et bêtement défoncer notre porte et crier A MOOOOOOORT ! La bave aux lèvres en brandissant une masse de la main gauche et une hache de la droite.

 

Même Témor fut interloqué de tant de culot et j’eu le temps de voir un sourire sur son visage avant de le voir

frapper de sa masse l’impudent comme un bucheron attaquerait un sapin à la hache.

 

L’effet fut immédiat, l’agresseur se retrouva projeté sur ses alliés. Témor se projeta littéralement hors de la

chambre avec une rapidité que je ne lui connaissais pas et écrasa sa lourde masse à quelques centimètres de l’entrejambe de l’autre baltringue.

 

Oui baltringue, car comment nommer autrement un type qui vous attaque de front, se prends une rouste, voit ses

alliés se ramasser comme ils peuvent pour, apparemment, découvrir la nature des « cibles », fuir en tentant de passer à quatre de front dans un escalier en bois que même moi je trouve étroit ? Puis se relever avec au moins quatre côtes cassées pour repartir à l’assaut, … seul.

 

« Vous allez creuver ! » oui oui creUver, je retranscris tel quel.

« Déjà à cinq avec votre discrétion valant la mienne c’était pas gagné, mais là, seul dans ton état c’est du suicide bonhomme » analysa finement Témor.

« J’ma fous, pa mo’iain qué chvous laisse geugner demain bande d’enflure. »

« ? »

« Chankun pour soa faut pas sfout ma gueule, z’allez faire ékip comme zot enfoiros avé l’géant »

« Et donc tu t’es dis que tu allais nous faire notre sort pour augmenter tes chances de victoires » lui demanda de manière très rhétorique, je dois bien l’admettre, Shattasman.

 

En seule réponse, l’humain tenta d’écraser la fée de sa masse, comme un vulgaire insecte, mais son coup trop

prévisible ne rencontra que le mur, qui s’enfonça comme une meringue qu’on effrite, emprisonnant par là même l’arme de notre ennemi. Puis ce que je redoutais arriva, la fée continua son mouvement de recul et, par reflexe fit appel à sa magie.

 

Je suppose que vous avez déjà vu un ballon d’air, ceux que l’on offre aux enfants lors des kermesses, se

dégonfler à toute vitesse lorsqu’ils sont légèrement percés. L’humain était un ballon, il vola dans tous le couloir en poussant un cri très aigu de peur, continua sa course folle dans la pièce principale de l’auberge, passant et repassant au dessus des tables, les clients se jetant dessous. La porte de l’auberge s’ouvrit seule (!) et le projectile atterris dans l’abreuvoir des montures.

 

« On le fouille des fois qu’il ai l’amulette ? »

« … » de moi-même

« … » de Shattasman

« Ouais, ok je vois ce que vous voulez dire, vu son numéro y a peu de chances que ce soit lui le proprio.

« Voilà ! » collégial.

« Y a plus qu’a aller se coucher, demain on devient champion du monde » conclu-t-il

Tag(s) : #Nouvelle

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