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        Les elfes marins faisaient sûrement affaire avec la duchesse, ils se contentèrent de se moquer de moi, de me lancer quelques piques mais restèrent courtois.

        Débarqué, il me fallait trouve un moyen d'approcher un prisonnier pour lui soutirer des informations potentiellement utiles sans avoir ni carotte ni bâton, dans un environnement neutre-neutre hostile.

 

        Eschyle est une grande île. D'aucuns diraient île-pays ou île continent, ayant près de 12 000 kilomètres de côtes dont l'activité côtière représente près de 90% de l'activité globale et 90% de la densité de la population. Les autres 10% ? La cité carcérale légèrement dans les terres.

        Le reste de la topographie : une vaste forêt interdite et donc surveillée : miradors, clôtures et tout le tralala

 

        Cours de géographie fini, passons au cours d'histoire. Changez de cahier, tracez une marge à 4cm du bord de la page, sautez une ligne et notez.

        Nul ne sait pourquoi, mais de mémoire d'immortel, Eschyle a toujours été une terre in-accueillante pour la magie. On pourrait raisonnablement penser qu'elle pourrait être terre d'accueil pour ceux fuyant les muses, il n'en est rien.

        Elles firent construire, par leurs agents, une cité prison, une de plus après Nike, où seraient invités à séjourner des mages abusant un tantinet de leurs savoirs anarchiques.

        Une pensée me vint subitement. Combien d'aléatoires surpuissants, donc hautement dangereux étaient hébergés en ces lieux ?

        Parmi les citoyens, certains venaient certes, pour se sentir à l'abri des Muses mais d'autres pour échapper au courroux d'un sorcier maléfique ou d'un mage escroqué.

        Mais les muses continuèrent de surveiller l'île. S’agissant du seul endroit où pourraient se cacher les brebis galeuses …

 

        Et donc je me trouvais là, moi-même surveillé et victime des muses en un des endroits les plus surveillés par leurs agents, pour retrouver un homme (mage lui aussi?) enfermé pour une raison inconnue en ces lieux

        Diplomatie … Diplomatie … Diplomatie.

 

        J'ai donc décidé de commencer par le meilleur endroit pour débuter ma quête d'information : une taverne.

Ce genre de lieux devrait être reconnu d'utilité publique. Ils le seraient sûrement, si les usagers n'avaient pas propension, après un certain nombre de verres ingurgités, à vomir, se bagarrer ou plus simplement, ne rien foutre.

        Moult établissements s'offraient à moi et j'avoue que j'attendis une bonne trentaine de secondes pour voir si un usager se mettait à utiliser une fenêtre comme voie de sortie.

        Ne jamais refaire les mêmes erreurs.

        En entrant, tous les regards se sont tournés vers moi. Les silences aussi. Le temps passé à Thucydide ou avec Témor ou les chevaliers m'avait presque fait oublier mon coté atypique. Un paria parmi les paria …

obtenir une information allait s'avérer très compliqué si je n'utilisait pas la technique secrète n°3 pour obtenir une information dans une taverne : payer des tournées. Mais en plein milieu de l'après midi, en venant à peine de débarquer, j'allais attirer toutes les attentions et les suspicions.

        Je me dirigeai donc vers le comptoir où je m'installais pour commander une pinte de lait (oui une pinte soyons fous)

        Les conversations reprirent peu à peu. Personne ne vint à moi, en ce pays on laisse les étrangers tranquilles, on ne sait jamais ...

        La taverne se remplit au fil des heures et des retours de bateaux. Il était temps pour moi de sortir de mes écrits pour faire œuvre de sociabilité.

        Je me mis, donc, à payer des coups et devant l'incrédulité et la méfiance de mes invités à se faire rincer par une race « inconnue » sur une île fréquentée par des fugitifs, il me fallu prétexter mon envie de rompre solitude et silence.

Plus que mes arguments, ce sont mes muses de bronzes et d'argent qui eurent raison de leurs réticences, et avec le temps l'alcool aussi.

 

        J'appris quelques chansons à boire locales, l'augmentation à venir de diverses taxes, que de la forêt interdite montaient d'étranges bruits n, plein milieu de la nuit. Mais sur la prison rien d'utile, ni surtout d'exploitable. Et sur mon Ebehnezer Coppenham, car c'était son nom, encore moins. D'autant que j'hésitais à sortir son nom

 

        Je vous rassure pour le restant de mes mémoires nous l’appellerons Ebé.

On tentait de me faire boire, je refusai poliment mais fermement. Je devenais, au fil de la soirée, le bon pote, on me gratifiait d'accolades, de grandes tapes dans le dos, voir de câlins, si si, en général juste avant de vomir.

J'entendis des théories fumeuses sur le fait que si les Félis et les loups-garous existaient alors il devait bien y avoir des chiens-garous, des ours-garous, des hamsters-garous et même des tortues-garous. Mais qui seraient bien trop lentes pour êtres dangereuses et ce même si elle s'affublaient d'un bandeau sur les yeux et pratiquaient les arts martiaux.

        Et puis il y eu une tape dans le dos plus ferme, plus appuyée, plus porteuse de sous-entendus que les autres. Ce genre de tapes qui font que vous n'entendez plus le brouhaha, les cris, les hurlements, les chansons paillardes autour de vous. Tout s'arrête d'un coup, vous êtes dans une bulle, aux aguets.

        Je portai instinctivement la main gauche à mon arme, tandis que je me tournais tout sourire vers la droite.

        Je découvris le visage tout autant souriant d'une veille connaissance, un elfe, non point haut ni gris mais sylvain.

 

        « Une gueule connue !» Oui tout comme ton introduction ...

        « Belle mémoire » Quitte à faire original, allons y à fond.

        « Quel hasard de nous trouver ici »

 

        L'elfe était souriant mais ce n'était qu'un façade destinée à ne pas attirer l'attention sur lui. L'ambiance était bonne il est vrai

 

        « J'étais en train de me poser la question justement »

        « Ou étions nous destinés à nous rencontrer ici en ce jour ? »

        « Vous commencez à croire au destin Do Bauth ? »

 

        Car oui il s'agissait bien de cet étrange elfe que nous avions croisé en pleine campagne, qui nous posa une question et parti au galop à l'écoute de la réponse.

 

        « Ne soyez pas insultant! Je ne vois pas vos amis, seraient-ils déjà au lit ? Le Krakan m'avais l'air d'être un couche-tard »

 

        De plus en plus méfiant j'étais.

 

        « Nous nous sommes séparés »

        « J'espère que le hasard vous réunira à nouveau, après tout il nous a bien réuni nous ! » Dit-il dans un grand sourire

 

        J'avais vu jouer Shattasman à ce jeu trop de fois, pour ne pas avoir envie de me faire une petite partie.

 

        « Il est vrai ! Prends ton verre ami voyageur et allons partager nos souvenirs un peu plus au calme »

 

        Oui je commençais la partie un peu maladroitement mais qu'il fut curieux ou plus mauvais que moi à ce jeu, il décida de me suivre vers une petite table laissée libre par trois marins endormis. Enfin lorsque j'écris laissée libre, à partir du moment ou nous les poussâmes à quelques mètres de celle-ci.

 

        « Souvenirs ? Nous n'en avons pas beaucoup à partager, même aucun si mes souvenirs à moi sont justes » commença-t-il

        « Il est vrai, mais vous sembliez tellement heureux de me revoir, je me suis dis que j'avais eu des oublis sur un passé commun »

 

        Froncement de sourcils, légère raideur, j'avais capté son attention. Ce jeu était facile en fait.

 

        « Aucun oubli, l'air vivifiant de cette île est meilleure pour la mémoire qu'un régime de poisson »

 

        Ok, sous-entendu compris, nous étions à l'abri des Muses. Mais qui était-il ? Etait-il de confiance ? Les Muses n'avaient aucune grief contre nous à l'époque de notre rencontre, il ne pouvait donc décemment pas être un de leurs agent.

        Il dû comprendre ma réflexion, car devant mon trop long silence, il me fit signe de regarder dans un coin de la taverne. Je vis le gamin que nous avions sauvé à Kouskas et amené au temple d'Arès, en compagnie de ce qui ressemblait fort à un gorgone encapuchonnée

        « Il n'était pas en sécurité »

        « Même auprès des prêtres d'Arès ? » m'étonnai-je

 

        Fin de partie, même joueur joue encore

 

        « Ils ne peuvent rien contre elles »

        « Elles ? Nous suspections un sorcier, il s'agissait de sorcières ? »

        « Non, je te parle des neuf » dit il en baissant le ton, à en être presque inaudible.

        « Mais ça n'a pas de sens ! Pourquoi envoyer des changeforme pour un môme ? »

        « C'est légèrement plus compliqué que cela, que sais-tu du gamin ? »

        « D'après ma fée, dont l'expertise peut raisonnablement être remis en question, il agirait sur le réel »

        « Les Muses n'aiment pas trop cette possibilité. Elles ont vu les prêtres de Prométhée arriver sur place et »

        « Mais ce sont des religieux » l'interrompis-je « Ils sont plus ou moins sous leur coupe »

        « Non non non. Chaque ordre à ses buts, suivant son dieu. Prométhée a toujours été du coté des mortels »

        « La glaise, le feu de l'Olympe, le foie dévoré, oui j'ai bien été éduqué »

        « Endoctriné mais c'est un autre sujet. Elles n'ont pas vu d'un très bon œil que l'ordre voué au titan traître, s’intéresse à tel pouvoir. Elles ont donc envoyé les changeformes faire d'une pierre trois cous »

 

        Deux vrais petits comploteurs

 

        « Les prêtres, le gamin, vous »

        « Nous ? »

        « Vous tourniez autour du môme »

 

        Gloups

 

        « Et vous leur avez rendu un fier service en l'amenant directement chez Arès »

        « Tu as tenté de nous en empêcher alors »

        « Oui mais vous n'étiez pas prets, alors j'ai laissé faire momentanément 

        « Et effet de bord, elles nous ont lâché la grappe, tout aussi momentanément »

        « D'où ta présence ici ami Félis, tu tente de leur échapper »

        « Pas exactement »

 

        Oh je ne lui racontais pas tout, vu que lui non plus ne rentrait pas dans les détails comme ses origines, son ami reptilien, ou l'explication de ce que voulais bien vouloir dire que agir sur le putain de réel ! Mais suffisamment pour voir si il pouvait m'aider : Des tombeaux dangereux, le groupe provisoirement séparé, l'envie de discuter avec un prisonnier retenu ici depuis peu …

 

        « Je peux t'arranger cela, je suis un habitué de cette ville, je connais quelques gardes de la prison qui t'arrangeront une courte entrevue »

        « Quel en sera le prix ? » Il y a toujours un prix

        « Plus tard je pourrais avoir envie de t'accompagner, je ne demande que trois places dans le convoi. »

 

        Plus on est de fous …

Tag(s) : #Nouvelle

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