Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

       Au pas nous sommes restés un bon moment.

 

       Jusqu’à notre arrivée quasiment, plusieurs jours plus tard. Aucun entrain ne nous poussait à aller plus vite : Oublier des trucs, voir des pages s’effacer, avoir la caste des artisans elfes noirs (les assassins pour ceux qui n’auraient pas suivis) au dos passe encore. Mais toute leur nation et Amalgame, pour des raisons bien différentes … là ça commence à faire un peu beaucoup.

 

       Même pour moi ça fait beaucoup. …

       Bon d’accord, en écrivant je m’en rends compte, pardonnez-moi.

       Ça fait beaucoup, surtout pour moi. Et pour Shattasman aussi bien évidemment.

 

       Car pour Témor, tout va bien, la vie continue, il monte un bœuf. Et pour Spressensideustch tout va bien, la magie est toujours aléatoire, enfin ça dépend des jours comme elle le dit elle-même.

       Notre destination était, comme vous pouvez le deviner, le tombeau suivant. Et comme je l’écrivais, nous sommes restés au pas jusque-là, quasiment. Oh, ce n’est pas la vue du sympathique bourg, voisin du dit tombeau qui nous fit presser le pas, nous n’avions rien d’urgent à faire. Non du tout. Mais lorsque nous vîmes des chevaliers en armure se battre en pleine journée et en pleine rue contre des squelettes, là nous avons eu comme un sentiment d’urgence.

       Surtout Témor, dans ces cas-là il a toujours le sentiment d’urgence en premier. Son bœuf en revanche ... Niveau sentiment d’urgence … il faut bien avouer qu’il atteint vite ses limites. Et c’était encore le cas à cette occasion. Obligeant donc notre ami Krakan (enfin surtout le mien car vous ne le connaissez pas personnellement.) à descendre de monture et à charger sur 400 m en beuglant, la fée au-dessus de son épaule droite, puis gauche, puis droite. Oui une fée, pour la centième fois ça virevolte !

 

       Je sortis une épée et m’apprêtait à suivre la marche, lorsque je fus dépassée par une Shattasman au galop (enfin son cheval, pas elle personnellement) qui, à cette occasion frôla le record du monde de dé-harnachement de carriole pour un équidé. Subite envie suicidaire ou simple action de sauvetage pour parchemin en péril ? La question restera sans réponse. Et du coup je me mis à courir aussi.

 

       L’équilibre des forces en présence paraissait à l’avantage des créatures naturelles, par opposition aux squelettes, surnaturels de nature. C’est du moins ce que je me dis juste avant d’esquiver un coup bien vicieux d’un de ces satanés tas d’os. Car les chevaliers en bons soldats, se battaient comme contre un adversaire humain, réflexe conditionné par des années d’entraînement et de pratique, mais porter un coup de pointe à un adversaire sans chair …

Nouvelle parade de ma part et petit coup de télékinésie pour repousser deux ennemis. Témor pendant ce temps écrasait, concassait, aplatissait, brisait, broyait, bref anéantissait à tour de bras et de masse à deux mains.

La fée semblait hésiter à lancer le moindre de sort, le peur de cramer toute la place. Shattasman l’encourageait à ne rien faire, de peur de nous téléporter à nouveau là où vous avez (surtout si vous avez lu le chapitre précédent.)

       Nous voyant nous battre à leurs côtés, et nous observant dans notre mode opératoire, les chevaliers commencèrent à nous copier. Je me rendis compte de l’ampleur lorsque les rangs de l’ennemi commencèrent à se clairsemer.

 

       Il y avait des squelettes partout, dans la rue donc, mais aussi dans les ruelles alentour, les bâtiments, aux balcons, sur les toits. Une véritable armée d’invasion. Au moins nous étions rassurés sur un point : nous étions au bon endroit.

Notre avantage tenait dans la nature même de l’ennemi. Des squelettes font preuve d’assez peu de force au final. Pas de stratégie et enfermés depuis des siècles ( ?), leur armement était pourrissant.

 

       « Il faut trouver le chef » cria Shass

       « C’est-à-dire que là, on est un peu occupés » lui répondis-je en désarticulant mon adversaire du moment. Pourtant il s’agissait effectivement de notre meilleure option. Au contact de Shass et Spressen, j’appris certains concepts en magie. Sur la notion de source, d’énergie, d’enchantement et de malédictions. En l’occurrence il semblait plus simple, sur un plan purement magique, de lier les squelettes à une source plus importante, que de « maudire » un à un ces anciens soldats. Et de notre expérience, lorsque le plus imposant d’entre eux tombait, le combat s’achevait définitivement. Car là était bien le problème. Après quelques minutes, ces créatures de l’Hadès se reconstituaient et repartaient au combat. Enfin pas toutes non plus. Celles que Témor avait « gérées » étaient en petits morceaux. Et les petits morceaux ce n’est pas très très dangereux.

 

       De même nombre d’entre eux étaient maintenant désarmés. Et il n’y a que dans les histoires à faire peur que les squelettes sont capables d’éventrer un homme à main nue (toujours le problème de force). Leur seul avantage, de taille, résidait dans leur absence de fatigue, et nous ne pouvions combattre durant des heures et des heures.

 

       « Et on fait comment pour le retrouver ? » relançai-je

       « Si on doit faire clicher, je dirais soit sous terre, soit dans le temple ! » me répondit Shass, tout en esquivant le combat comme personne.

       « Une bibliothèque ça vous irais aussi ? » nous répondit un soldat qui n’avait rien perdu, ni de nos combats, ni de nos dialogues.

       « Moui, ça fait bien clicher aussi » lui répondis-je en faisant mine de faire la fine bouche.

       « Ils sont tous sortis de là, les scribes ont été les premières victimes » continua-t-il. Les soldats manqueraient d’humour dans ces situations ?

       « Les livres ! » paniqua Shass, s’inquiétant sûrement plus pour les ouvrages que pour la vie des villageois et des étudiants.

       « Témor ! Il faut nous regrouper et aller à la bibliothèque » lui criai-je

       « Ok » Simple, sobre, efficace. Tout comme sa charge vers nous. Une partie d’osselets à échelle humaine. Et c’est tout sourire qu’il continua sur sa lancée :

       « On se regroupe à la bibliothèque maintenant ? »

       « Oui voilà » Et Témor repartit tel un taureau dans une arène, ou une boule dans un jeu de quille. Oui cette image est beaucoup plus pertinente, surtout en voyant voler littéralement les radius, scrapulum, sternum et autres cubitus (oui je me suis documenté)

       « La pouf ! Elle l’a enchanté ! » Cracha Shattasman, passablement énervée.

       « Comment ça ? »

       « Par magie bien sûr » plus que passablement énervée.

       « Si il est enchanté, je me doute que c’est par magie et non par politesse ! » lui rétorquai-je

       « Très drôle. Il luit légèrement, regarde bien. Elle lui a balancé un sort. Ce qui explique que les squelettes volent aussi bien à son contact »

       « Magie aléatoire ? »

       « Quoi d’autre ? Elle n’a pas appris à lancer des sorts dans les 15 dernières minutes »

       « Plutôt efficace ! » remarquai-je

       « Pense à ce qu’elle aurait pu faire ce coup-ci » conclu-t-elle. Il faudrait sûrement que pas mal de temps passe avant qu’elle ne se fasse à nouveau à l’idée que la fée puisse lancer un sort aléatoire.

       « En attendant, tente de suivre le convoi l’asthmatique ! » lui cria une Spressen, qui elle-même tentait de suivre le rythme imposé par le Krakan. Les relations entre les deux étaient, de toute évidence, au beau fixe.

 

       Devant la bibliothèque, une accalmie, point de squelettes 

 

       « Ils sont tous sortis, dans les rues »

 

       Point de gros squelette imposant pour nous accueillir.

 

       « Il est dedans, il attend que ses troupes aient fini le travail »

 

       Point de pièges apparents 

 

       « Ce sont des squelettes, niveau fourberie ils sont limités »

       « Shass ? »

       « Oui ? »

       « Tu pourrais arrêter de lire mes pensées s’il te plaît ? »

       « Brutale, polie ou sournoise ? » nous demanda Témor

       « De quoi ? » Lui dis-je

       « L’approche. Je suis de bonne humeur je vous laisse choisir. » Effectivement se prendre pour une boule de jeu de quille semble avoir des effets positifs sur son humeur.

       « Polie ? » tentai-je sans trop y croire.

 

       TOC TOC TOC

 

       « Il a quand même pas fait ce que je vois qu’il vient de faire ... » demandai-je de façon parfaitement rhétorique.

       « Si. » Blasé de Shass

       « Bon personne répond, on entre ! »

 

       La porte donnait sur une cour intérieure, très fleurie. Au milieu de laquelle une fontaine à l’effigie d’Athéna permettait aux nombreuses plantes de vivre leurs vies de plantes.

       « Athéna ? » m’étonnai-je

       « Sagesse » argumenta Shattasman.

 

       Hormis notre entrée, quatre autres portes, aux points cardinaux. Il nous fallait choisir avec disc…

       « Tout droit ! » Et Témor reparti en avant, mais au moment où je m’attendais à ce qu’il refrappe poliment, il défonça la porte. Sans attendre de remarques de notre part, il se retourna vers nous

       « Ben quoi … Ils ont pas répondu la première fois, alors … »

       « Chut, gros balourd, c’est une bibliothèque ! » dit la fée d’un ton très réprobateur

       Putain c’est quoi le sketch qu’ils nous font les deux, me dis-je.

 

       Nous étions maintenant dans une vaste salle de lecture. Trois étages de livres montant jusqu’au plafond. Abstraction faite des combats au dehors, tout était calme. Comme un matin à l’ouverture.

       « Étrange » fis Shass. Je commençai, du coup, à m’inquiéter. Car quand elle dit « étrange » une araignée géante nous tombe dessus par exemple.

       « Oui ? » m’enquis-je nerveusement

       « Nous sommes dans un bourg, pas plus de 1000 habitants à tout casser. Et la bibliothèque est plus grande que celles de certaines villes beaucoup plus importantes. » Bon si sa seule préoccupation était la taille de la bibliothèque, tout allait bien pour le moment. Ce qui changea du tout au tout lorsque de lourds pas se mirent à résonner. Lourds pas suivi du bruit, très désagréable, du fer sur le marbre.

       « Copain ! » chuchota Témor.

 

       De toute évidence nous avions trouvé le chef. A moins que ce ne soit l’inverse. Plus de 2m de haut, en armure, épée bâtarde, le tout scintillant légèrement. Lui ses armes ne rouillent pas. Lui, de la force, il en a.

GROUAAAAGH, de circonstance, et prise d’initiative du gros machin qui se met à balayer, grossièrement, devant lui au niveau de nos têtes. Esquives faciles de notre part. Esquive moins évident d’un pylône qui, souffrant sous l’impact, me laissa songeur quant à l’effet sur nos pauvres corps de mortels.

Témor répondît aussitôt, Masse levée pour un coup d’écrasement

 

       « SILENCE DANS LA BIBLIOTHEQUE ON A DIT ! » La botte de notre ennemi marqua gravement le coup. Surement une cassure des métatarsiens (je me suis documenté je vous dis). Mais la douleur pour un mort vivant …

La Fée virevolta autour de l’ennemi, seule stratégie de combat qu’elle connaissait. Shass parti lire (si si) et quant à moi je tentais de contourner notre ennemi. Très mauvais choix de ma part puisque je ne fus pas suffisamment discret et que le géant se retourna sur moi pour m’assener son fameux coup de tranche tête. Sans succès cependant, j’esquivai avec facilité. Ce que j’esquivais moins en revanche, ce furent les étagères de la bibliothèque qui me mirent en étant de KO technique.

 

       La suite ? Je me suis réveillé une fois le combat fini mais Témor se porte volontaire pour raconter ce que je n’ai pu voir. Enchanté, comme il l’est, à cette idée, et ne voulant pas froisser son imposante stature et non moins imposante masse dans mon état, je ne peux qu’accepter cette requête de sa part.

 

       Bon alors, c’est simple, le tas d’os il a pété une armoire à bouquins, le tas de flotte était super vénère. DU coup moi chaud j’ai mis une putain de patate à la masse dans son genou, de là il s’est bien cassé la gueule. J’ai voulu lui écraser la tronche mais il a paré et s’est relevé. De là j’ai fait des moulinets, avec ma masse et ça a rencontré sa bâtarde, alors sous le choc on a perdu nos armes, je lui ai foncé dessus, pour lui mette des patates étoiles dans sa gueule. Il m’a jeté sur 5m, il a repris son épée, moi ma masse et à la fin c’est moi qui lui ai défoncé sa mère.

Merci Témor.

 

       La théorie s’avéra exacte. Les squelettes tombèrent à la seconde ( ?) mort du gros tas d’os. Les chevaliers vinrent à notre rencontre, légèrement en nous encerclant tout de même.

       « La duchesse veux vous voir sur le champs »

 

       Il y a des invitations qui ne se refusent pas.

 

Tag(s) : #Nouvelle

Partager cet article

Repost 0