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           Je me souviens de la brume qui semblait noyer les plaines au petit matin. Je me souviens des chevaux sauvages, libres, galopant dans cet océan de blancheur irréel. Je me souviens du bien être ressenti alors. Approchant la plénitude, je me souviens du bonheur qui emplissait mes poumons. Je me souviens à peine du sac en jute qui me recouvrit le visage, de mes gestes maladroits en tentant de me débattre du début de suffocation, du bonheur qui s'échappa peu à peu de mes poumons expulsant ainsi le peu d'air encore présent. Je me souviens de mes râles et de ses rires. Je me souviens …

           Je me souviens du cliquetis mécanique du barillet tournant pour délivrer LA balle de sa prison. Je me souviens du nom qui me fit presser la détente, je me souviens ... J.

           Je me souviens de ce mariage. Ma robe de marié d'un blanc immaculé. Mon père découpant le sanglier pour le banquet, des rires, de la joie puis des pleurs venus avec les ombres. Ombres qui apportèrent la lumière des flammes sur notre village. L'odeur de brûlé, les cris de mon père empalé avec le sanglier, l'odeur toujours, de la chair brûlée cette fois ci, les flammes montant au ciel rejoindre les noirs nuages, l'odeur de ma chair brûlée enfin.

           Me zouviens de ma maman qui me faisait mon gouter et de mes zouets en bois et de mathilde mon namoureuze. Me Zouviens de ces monstres en noir. Me zouviens de mon papa qui me cacha les yeux et qui s'endormit sur moi. Me zouviens d'avoir essayer de le réveillé, mais mon papa il voulait pas il pouvait pas alors que je criais très fort pourtant PAPA ! Me zouviens plus de rien ensuite

           Je me souviens ... ou PAS ... AHAHAHAHAHAHA

           Je me souviens de la ville de'Argos, ses rues étroites et pavées. Ses marchands ambulants, de la vie qui littéralement grouillait. Je me souviens de ces enfants qui jouaient au détour d'une ruelle et de cette gamine seule sur sa marelle.


           Un Deux Trois
           Prends garde à toi
           Quatre Cinq Six
           Me tourner le dos n'est pas sans risque
           Sept Huit Neuf


           Je me souviens l'avoir regardée interloqué


           Dix Onze Douze
           De toutes façons on meurt tous
           Treize Quatorze Quinze


           Je me souviens m'être retourné pour revenir sur mes pas


           Seize Dix-sept Dix-huit
           Et si je t'ouvrais comme une huître ?


           Je me souviens de la décharge que provoqua la lame dans mon dos et de la chaleur de mon sang s'expulsant de mon corps et coulant le long de ma colonne vertébrale …

           Oh je me souviens plus très bien, à mon grand âge on oublie bien des choses mon garçon. On a tapé à ma porte ça oui je me souviens. Surtout qu'on ne venait pas me voir souvent. Ma vue basse vit un grand homme très gentil au demeurant, je me souviens. Nous avons discuté un peu, je crois me souvenir l'avoir fait entré … quoique… Je me souviens qu'il me demanda si je n'avait pas une corde. Je lui donnai et il l'enroula autour d'une poutre , oui je me souviens. Tout comme de mon cou qui craqua et de mon corps suspendu au dessus du sol. Je me souviens.

           Et moi je me souviens de leur mort à tous, de ces âmes qui maintenant m'appartiennent et me composent. Oh non je ne les absorbe ou ne les dévore point, non. Mais leurs esprits me parlent depuis.

...
...
...
           ET C'EST LE CHAAAAAOOOOS

 

Tag(s) : #Nouvelle

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