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      Ils m'ont libérée mais le monde est resté longtemps flou. La netteté s'est faite petit à petit. Les têtes éclatées d'abord, les corps calcinés ensuite, les squelettes démantibulés enfin. Et ce sang tout ce sang j'ai eu envie de vomir. Et ce groupe qui se bidonnait ... al drogue a été longue a cessé ses effets.

 

      Dehors il faisait jour (toujours la tête qui tournait) l'air ne me faisait pas le bien escompté. Il faut dire que l'air est vicié dans ces terres maudites. Mon groupe d'aventuriers nous a conduit dans un proche village. De là nous sommes sensés panser nos plaies physiques et mentales. Se remettre du traumatisme. Pour repartir, chez nous d'abord et dans la vie ensuite.

 

      Je me réveille en pleine nuit, je ne suis pas chez moi mais j'ai du mal à m'en convaincre. Quatre fois que je me réveille déjà, toujours ces tambours dans ma tête. Et la faim maintenant, toujours plus intense. Le cellier n'est pas vide mais rien ne me fait envie, j'ai besoin de quelque chose de plus frais ... de plus pur.

 

      La Lune éclaire la campagne, je vois comme en plein jour à mesure que je me dirige vers la demeure des voisins. Ma barbe me démange, la faim aussi. J'ouvre la porte, je viens bientôt me repaître

 

      Je me réveille il fait nuit j'ai froid la tête me tourne je ne suis pas chez moi RESPIRE et calme toi. Je ne suis pas seule, une fourrure me tiens chaud. Je pensais que mon corps avait purgé les drogues ... Je me rendors

 

      Le matin, un grand soleil me réveille, une néréide se se tiens dans l'encadrement de la porte. Un de mes sauveurs. Elle se rapproche du lit et me parle. Me dis que la nuit précédente ils sont intervenus à temps. Que j’allais commettre l’irréparable, que je n'aurais pu être sauvée. Je ne comprends pas. Ne s'agissait-il pas d'un rêve ?

 

      J'ai faim

 

      Le Félis entre, il tente lui aussi de m'expliquer. Me parle de notre geôlier fou. Me tends son livre, me dit qu'il arrive à écrire dedans, à distance. Je comprends au bout de quelques minutes qu'il me parle toujours de notre geôlier, que je croyais mort, éclaté, dispersé sur les dalles froides du laboratoire. Qu'ils ont été prévenus ainsi. Que j'étais le piège, la traîtresse inconsciente. Que j'allais tuer, éviscérer tout ce paisible village

 

      J'ai envie de fraises ...

 

      Nous allons faire un voyage , pour me sauver de ce qu'on m'a fait. Il n'est pas trop tard mais il faut faire vite. Je fais mon sac. La néréide me dit que cela ne sera pas nécessaire. Rei me tends à nouveau son livre, mais non pour que je lise mais pour que j'écrive ce qu'il vient de se passer. L'écriture comme témoignage, pour m'attirer la faveur des Muses. Mais aussi comme exorcisme. Pour commencer ma thérapie, qui se doit d'être autant mentale que physique, ou magique (alchimique?) dans ce cas … dans mon cas.

 

      ... avec du jus de bœuf

 

      Je vomis mes tripes tout en pleurant des larmes de sang. Je l'ai tué ... cette adorable fillette ... dans la prison ... MAIS QUI NOUS A FAIT CA ? ... POURQUOI NOUS ? POURQUOI NE SUIS JE PAS DEJA MORTE ? Pourquoi ne me tuent-t-il pas ?

      Puis je la vois … la fillette … avec les autres anciens prisonniers qui me regardent. Le groupe de Rei les a réuni et ils leur parlent. Je suis loin mais j'entends parfaitement. En fait la néréide mènent la discussion, ou plutôt le monologue. Elle leur demande de m’emmener à Thucydide, dans une guilde de mage. Mais surtout d'éviter la grande maison Lalith. Toutes les maisons en fait, mais surtout celle-ci. Mes compagnons d'infortune ne sont pas chauds à cette idée. Entre ceux pour qui cela représenterait un détour, ceux qui ne comprennent pas pourquoi le groupe de Shattasman (puisque c'est son nom) ne le fait pas lui-même, ceux qui estiment qu'ils sont trop pour tous faire ce chemin, et enfin, ceux qui ont peur et qui osent le dire.

 

      Je mangerai bien Rei et la fée.

 

      Ils se sont retournés vers moi, Shattasman, Spressenzideutche et Rei. Le gros, Témor, lui s'est mis face à l'assemblée, avec sa masse … pour négocier. Il est fort en négoce apparemment. Shattasman m'explique, pour que je ne sois un danger pour personne, pour que je vive jusqu'à ce qu'on trouve une solution ...elle va me sceller … dans un bloc … de glace. La fée aimerait se charger de l'opération, les deux autres l'ont regardée. Shattasman a conclu en disant qu'il ne fallait quand même pas trop en demander, et Rei par un « faut pas déconner » des plus attristants, apparemment, pour la fée. Je leur demande pourquoi ils ne me tuent pas de suite. Rei est condescendant, la néréide factuelle : Au cas où je ne serais pas seule, au cas où on en trouverait d'autres. Il faut trouver un moyen de comprendre pour inverser.

 

      Je suis sanglée (à nouveau) toute la petite troupe m'entoure et me lance des messages de réconfort. Certains ont l'air d'y croire, d'autres moins, les villageois ne se donnent même pas la peine de faire semblant. Mes muscles s'engourdissent, me rappelant mon éveil de la table d'opération des cultistes. Je m'enfonce profondément jusqu'à ce que les abysses m'engloutissent. Je ne sens même plus le froid, la nuit tombe, même le soleil m'abandonne

 

Tag(s) : #Nouvelle

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