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J'aurais aimé me souvenir des « il était une fois » qu'on a pu me raconter.

 

Mais je n'ai pas eu cette chance.

 

Je ne retiens que le pire.

Oui le prince délivrait la princesse mais on oublie un peu trop vite le troll.

 

Et s'il avait survécu ?

 

Et ce n'est pas avec un sourire niai que je m'endormais lorsque j'étais p'tiot.

 

Mais la peur au ventre.

 

J'avais même une théorie, simple, naïve, enfantine … de mon âge en somme.

 

Mais les enfants n'ont il pas toujours raison ?

 

Tous ces invincibles ennemis pourtant vaincus,

Reviendraient forcément se venger un jour.

L'abdication n'étant ni l'apanage des héros ni celui des déchus.

Et je pensais qu'ils commenceraient en boulotant,

Tels de succulents petit-fours,

Ces enfants et parents qui se réjouissaient béatement,

De leur(s) défaite(s) et la répandait de générations en générations.

AH AH AH AH comme j'étais con.

 

ou pas.

 

Je repense à tout cela en flânant à travers la maison familiale. Je me remémore toutes ces petites anecdotes, presque oubliées : la buanderie où la machine à laver, un tantinet prestidigitatrice faisait disparaître malicieusement une chaussette à chaque fois.

 

Malicieusement ? Vraiment ?

 

Le salon, véritable aire de jeu : le grand prix de la table basse ou la grande bataille du canapé qui me servait aussi de cabane si je le repoussait un peu contre le mur. D'ailleurs mes jouets disparaissaient aussi.

 

Coïncidence ? Je ne pense pas.

 

La nuit tombe doucement, le crépuscule se meurt sur la maison de mon enfance.

 

Même le soleil trahit.

 

L'escalier grince beaucoup plus avec les années, à moins que ces dernières n'aient plus agi sur moi que sur lui.

Tout le long de la montée ont été accrochés dessins, portraits et photos.

 

Dont les regards se font sentir sans que les yeux ne se posent.

 

La porte de ma chambre décorée, comme toutes les portes de toutes les chambres d'ado, de panneaux d'interdiction et de messages défiant l'importun d'entrer en ce sanctuaire. Faisant face à celle de mes parents qui accouraient au moindre de mes appels nocturnes, toujours là pour mes angoisses. Affectueux, patients, aimants.

 

Hautains, condescendants, méprisants.

 

Ma chambre non plus n'a pas changé, comment et pourquoi aurait elle ? Le placard et le lit, mes affiches de films et posters de sportifs tapissant les murs, le placard et le lit, mon bureau moins utilisé que ce que mes parents auraient voulu et le placard et le lit où se cachait alternativement le troll vengeur des contes. A moins qu'ils ne fussent deux. Peurs nocturnes, craintes matinales. Seuls mes parents osaient regarder pour me rassurer. Ils étaient bons, patients mais justes. Me grondaient quand je mentais ou faisais une bêtise.

 

Riaient à la plus petite maladresse, voyant tout, entendant tout.

A croire que qeulquechose ou quelqu'un leur disait tout.

 

Et si ?

Et si j'osais ?

Et si j'osais enfin ?

Ouvrir ce placard, regarder sous ce lit à la nuit tombée. Pour vérifier à trente ans passés que mes craintes étaient, comme mon père me le répetait, infondées.

Allez un peu de courage, bannis tes peurs.

Paranoia tu es ma seule compagne.

 

La paranoia est une douce déraison,

Qui peut mener à l'irrationalité.

Solitude, sentiment de persecution

Sont les moindres des effets.

Réussir à combattre sa phobie lorsque on est persuadé de ne pas se tromper

Est, de toute évidence, une belle preuve de courage ou d'idiotie dans le cas présent.

Car voyez-vous, ce doux trentenaire aurait du continuer

A écouter l'enfant qui n'avait jamais arrêté de murmurer

Cela lui aurait évité de découvrir que même les paranoïaques peuvent être dans la vérité

Et ainsi de s'abstenir d'être étendu dans une marre de son propre sang

Croqué, bolloté, « légèrement »

Une question cependant

Reste en suspens

Quel lit, quel placard vais-je hanter dorénavant ?

Tag(s) : #Nouvelle

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