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Chapitres 1 à 10

Chapitre 11

Journal de guerre : Entrée 1

Je pars en guerre c'est décidé. Mais je suis seul et ni équipé ni entraîné. D'ailleurs commencer une entrée de ce journal par "Journal de guerre" montre peut être une certaine naïveté mais aussi une certaine motivation. Au pire je le ferais évoluer

Obtenir une licence de tir me prendra trop de temps mais, m'étant renseigné, certains stands font des sessions d'initiations. En prenant un pack premium 3 heures ça devrait aller. Après tout j'étais fortiche au tir à la carabine dans les fêtes foraines, je dois avoir de bons restes.

Non le vrai problème c'est bien l'équipement.
J'ai jeté mon dévolu sur une cité dont j'ai trouvé le nom très guilleret mais qui a beaucoup fait parlé d'elle depuis les années 90 : Les tarterêts à Evry. J'ai su que j'étais sur la bonne voie lorsque mon RER s'est arrêté à la station Bras de fer (ambiance ...)

Pour la suite de l'ambiance rien que du très attendu : De la pelouse mal entretenue, des bâtiments rénovés de plus de quinze étages, tandis que d'autres ont été démolis histoire d’aérer le tout. En entrant dans la téci, j'aperçois au loin une voiture de police équipée d'un pare-buffle. Le climat est calme, ce genre de calme très artificiel, je me sens épié. Simple paranoïa ?

Réponse rapide, deux mecs encapuchonnés viennent vers moi, pour moi

"T'es qui toi ?"
"T'es pas d'ici, tu viens voir qui ?"

Je leur réponds que je suis personne d’intéressant, et que je viens voir personne en particulier. Faut dire qu'au niveau vestimentaire je fais pas vraiment couleur locale, j'ai été prévoyant, mon portefeuille est vide de billets et de cartes.

"Ouais genre t'es un touriste en fait"
"Ouais mec c'est chelou de venir ici sans chercher quelqu'un ou quelque-chose"

Je rétorque que je n'avais pas dis que je cherchais rien. Je pique la curiosité de ces deux jeunes adultes dont les poils mal rasés se battent pour le contrôle de leur visage avec leur reste de duvet.

"Ouais ben tu vas venir avec nous gars"

Pile ou face ? Je m'en vais négocier ou me faire dépouiller ?
Ils m’emmènent sur le vestige d'un immeuble détruit des années auparavant mais dont la surface n'a pas été encore réutilisée : peu de passage, belle vue sur l'ensemble, on voit les autres arriver de loin et on peut s'échapper dans toutes les directions. Très bien pour eu si la voiture de flics de tout à l'heure décide de faire une détour par là. Moins bien pour moi vu que de deux, mon comité d'accueil passe à sept.

Un gars un peu plus âgé que les autres, se tenant pile au centre du groupe prends la parole, les autres m'encerclent "C'est qui lui ?"
"Un touriste" lui répond un de mes accompagnateurs.
"Un schmitt ? Pourquoi tu m'ramène un schmitt ?"
"Je ne suis ... "
"Ta gueule toi, on t'a pas parlé"
Un autre prends la parole "C'est ptetre une poucave ou un scribe ?"
Le seigneur regarde son vassal, puis se rapproche de moi, tête à tête, tête contre tête
"T'as pas la tronche d'un journaleux, Vide tes poches"

N'ayant rien à caché ni rien de précieux je m'exécute : portefeuille, vieux portable à l'écran fissuré, pass' Navigo et c'est tout

"Mouais, tu veux quoi en vrai ?"
"Une arme"
Ils en restent tous pantois. Ils s'attendaient surement à ce que je leur demande du shit, Raté les gars
"Mec soit t'es un indic, soit t'es un putain de touriste en vrai"
"Clair tu t'es cru au Texas ou quoi ?"
"C'est pas le far west ici, faut arrêter de regarder la télé"

La prise de parole successive de différents membres du groupe me laisse à penser qu'ils ont déjà joué ce numéro ou qu'ils l'ont bien répété.

"Tire toi le touriste, y a rien pour toi ici. J'ai bien enregistré ta face, j'te revois, j'te fume. BOUGE !"

Et le voila jetant au loin et dans des directions différentes tout ce qu'il m'avait pris. Les autres se marrent grassement
"Ramasse esclave"

Bon ok echec total

Je repasse par le Bras de fer, j'hésite à prendre une photo pour la postérité, une dizaine de jeunes montent et font les fiers, invectivent les voyageurs dont moi, l'absence de réponse me semble la meilleur stratégie, ils se marrent, se foutent de nous et se calment.

De retour chez moi : Que fais je ?
Je peux toujours espérer me faire des contacts au stand de tir et de fil en aiguille ... non perte de temps.

Je me penche sur google, je tape des mots comme arme à feu, achat, glock, Uzi, sans permis etc etc, tous les modèles que m'ont appris l’actualité et le cinéma. Je tombe sur des sites officiels. Je vais de pages facebook d’armurerie US en forums plus ou mois sérieux où des mecs demandent si, et je cite tel quel "Est ce ke cé possibl d'avoir un Ak pour pa cher ?"

Et puis je tombe, au bout de plusieurs heures à zoner dans des forums suisse, sur des annonces qui me font tiquer, des mecs vendent de la main à la main des armes des deux guerres mondiales ainsi que des armes plus récentes. Pour les contacter : un simple e-mail qui m'a tout l'aire d'être temporaire.

Vais je tomber sur un piège ou sur mon futur sponsor ?

Envoyons des mails on verra bien

Merci Google

Chapitre 12

Radiohead : 2+2=5

Il est temps que je parte, que je me change les idées autant que possible. Ces derniers jours ont été assez pénibles, entre crises de pleurs envers l'injustice qui est mienne, accès de colère envers les vivants , excès de déprime. J'ai voulu me changer les idées, aller au cinéma, peine perdue : crise d'angoisse. Mon cœur s'est emballé, impossible de me calmer. Je suis sorti en plein milieu de la séance en emmerdant comme il se doit la moitié de ma rangée. J'ai filé au PC Sécurité qui a appelé le SAMU, résultat : 2h d'attente pendant que je peinais à retrouver mon souffle, me demandant même si j'allais pas caner là tout de suite dans un cinéma parisien.

Je suis rentré chez moi, ai annulé le SAMU en leur mentant, disant que tout allait bien et j'ai fini la nuit recroquevillé sur moi même dans un coin de mon appartement. Je me suis réveillé au même endroit, à peu près dans la même position vers quatre heures du mat. Le zombi que j'étais s'est levé et a fini sa nuit dans son lit.

Depuis je tente de rester occupé en permanence, ce n'est ni évident ni très reposant, en plus en écrivant ces lignes qui étaient sensées m’exorciser je me remémore jusque dans ma chair ces moments. J'approche de la quarantaine, j'ai des micro douleurs ou gènes un peu partout, à chaque fois je ne peux m’empêcher que la maladie vient prendre son dû plus vite que prévu.

Jeux à la con, vidéos insipides sur Youtube, livres déjà lus une dizaine de fois, balades dans des quartiers qui n'ont rien à montrer tout y passe.

Mais ça y est le jour du départ est enfin arrivé. Première destination le Japon donc, Tokyo pour faire original, avec escale à Séoul. N'étant pas un familier des aéroports je me suis pointé quatre heures en avance, résultat : je me fais chier à Roissy, en priant que les films dans l'avion soient à minima divertissants.

J'ai bien fait de ne pas être père, je vois des enfants courir partout, en mode freestyle, ils sont pas gérés, ça crie, ça hurle, ça piaille, en face de moi une gamine debout sur le siège de la salle d'attente sautille tranquillement. La mère tente de la raisonner, elle s'en carre. Alors sa gentille et responsable maman, abat sa dernière carte :

« Calme toi ou le monsieur en face va s'énerver »

Oui elle parle de moi la mère modèle. A-t-elle fait exprès de le dire assez fort pour que j'entende?S’attend-elle à ce que je joue le jeu pour l'aider à gérer sa môme ? Que faire dans une telle situation ? Si vous voulez mon avis il n'y a qu'une option envisageable

Je me suis levé, ai regarder la gamine droit dans les yeux et en lui faisant le plus beau sourire dont j'étais capable : Continue de sauter c'est rigolo, et je me suis barré en entendant la mère commencer à s'offusquer à plein poumons. Connasse

Mais, ça a eu le mérite de me faire sourire, et pas que moi à la vue des mines rigolardes des gens ayant perçu la scène.

Le vol ? Un navet, deux films déjà vus et une bonne surprise, des coréens bien dégueus et bruyants, qui applaudissent lors des atterrissage et décollage réussis et qui font une OPA sur la bouffe supplémentaire lors du vol.

Un aéroport de Séoul d'une propreté proverbiale, un temple à sept heures du mat , car pas encore ouvert au public. Mais des gens qui crachent partout qui vous bousculent dans un aéroport pourtant vide. Un second vol un peu plus agité (une heure et demi de vol, une heure et demi de trou d'air) et l'arrivée à Tokyo, enfin.

Tokyo et son métro imbitable au premier regard et pourtant plus simple que celui de Paris au final. J'ai pris cinq minutes pour moi, pour réaliser que j'étais arrivé. Pour en prendre pleinement conscience et commencer déjà à en profiter.

PUTAIN J'Y SUIS !

Ok maintenant l'auberge de jeunesse et … dormir, putain ouais dormir

Chapitre 13

Journal de guerre : Entrée 2

Un aller retour en train dans la journée voilà ce que ça m'a coûter pour récupérer un Sig Sauer P226, petit mais charmant. J'ai même réussi à négocier les munitions dont le vendeur n'avait plus besoin.

La douane ne m'a posé aucun problème, ils m'ont laissé passer sans me faire ouvrir le moindre sac. Ma tronche décontractée avec un Toblerone à la main a du jouer.

Les entraînements au stand de tir ont débuté, je ne suis pas un tireur d'élite mais ça va : je tire dans la cible.

Du coup ... c'est bien gentil mais par qui je commence ? Cette question m’obsède et la réponse n'est pas simple. Un ministre corrompu ? Je ne commencerai pas par la plus simple
Un pédophile ? Il doit être sous surveillance.
Commençons petit bras histoire de se faire la main pour ensuite monter en puissance. C'est ce que font les tueurs en série il parait, du moins d'après les séries policières de seconde partie de soirée.

Putain je vais devenir serial killer ...

Bon n'y pensons pas trop revenons en à la cible : La psy auto proclamée de mon ex ? Elle m'a coûté ou sauvé du mariage. Ce qui n'est peut être pas une mauvaise chose mais vu la secte qu'elle s'est créée autour d'elle, elle a dû en bousiller des vies avec sa philo de bar à ongles. Bah après tout c'est leur problème pas le mien. Si ça leur apporte du réconfort que de se faire manipuler et être abreuvés de non sens ...

Le problème du choix est bien plus ardu qu'il n'y parait en fait. Se pose toujours la question de l'innocence la cible.
Quoique en balançant une bombe dans la tour d'argent je devrais bien me faire deux ou trois enculés facile mais il y a les autres. Il va me falloir être plus chirurgical que cela pour éviter les collatérales.

Pourquoi chercher loin ?
C'est un secret de polichinelle que la voisine du 2e se fait mettre sur la gueule par son beauf de mec. Aucune plainte, syndrome de Stockholm à tous les étages et "chutes dans l'escalier" pour justifier tous les hématomes. Heureusement que les femmes ne peuvent souffrir d’hémophilie.
Ok j'ai la cible, reste la méthode
Si je me contente de toquer à sa porte ... sa victime de femme risque de me reconnaître et de s'interposer ... c'est pas trop le but de l'opération.
Il sort peu : merci le chômage, la télé et bobonne. Piéger les escaliers n'est donc pas envisageable
Bon ok ... on va toquer à sa porte quand sa femme sera sortie. Le planning d'un conjoint martyrisé est souvent réglé comme du papier à musique.

Je pourrais attaquer à l'arme blanche mais je risque un combat inutile, et donc des cris, et donc alerter le voisinage. L'arme à feu évite le combat mais pas le bruit, je vais devoir commencer par me fabriquer un silencieux (non fourni). C'est décidément magique Internet, j'ai trouvé un Do It Yourself expliquant comment faire et ça ne m'aura coûté que des tubes de PVC, une perceuse et deux trois autres bricoles.

Il m'a fallu tester mon bricolage, les forêts franciliennes se sont prêtées au jeu m'offrant une tranquillité et une sérénité à peine rêvées. le résultat est ... satisfaisant. Quand vous regarderez un film avec des tueurs équipés de silencieux qui font pfiou pfiou, dites vous que vous êtes dans de la science-fiction. Un silencieux, même officiel, atténue le son, mais ne rends pas votre tir "silencieux". Mais ça devrait suffire.

Voilà le plus dur est à faire : franchir le pas, passer à l'acte. Assis dans mon couloir, la tête appuyée sur ma porte d'entrée j'attends le moment où elle descendra les escaliers.

Pour tuer le temps, avant de tuer quelqu'un, et pour ne pas trop stresser je me répète ce que je dois faire, telle une check-list :

  1. Ouvrir doucement la porte
  2. Monter discrètement l'étage
  3. Frapper gentiment à la porte et ne pas répondre s'il demande qui c'est
  4. Patienter et scruter pour voir si un voisin n'arrive pas ou ne pique pas une crise de curiosité
  5. Attendre qu'il ai ouvert la porte en grand et tirer, la tête si possible,
  6. Redescendre vite mais discrètement
  7. Attendre la venue de la police et faire l'étonné, sans surjouer.
  8. Ne pas présenter

Oh Putain elle arrive, je reconnais sa démarche si particulière de petite femme tiraillée entre sa volonté de fuir et son "devoir" de revenir vite : Un pas en avant, deux pas en arrière en quelques sortes.

C'est bon, elle a franchi la porte de l'immeuble, je me précipite à ma fenêtre pour vérifier qu'elle en va pas me taper un demi-tour aussi inattendu qu’inapproprié.

C'est bon, je dois y aller et vite, aller bouge, c'est maintenant ou jamais, si je ne le fais pas aujourd'hui je me trouverais toujours une excuse

J'ouvre doucement ma porte, je ne la referme pas vraiment

J'ai mes clefs ? Oui j'ai mes clefs

Je monte discrètement l'étage

Aucune porte ne s'ouvre

Je frappe gentiment à sa porte

Et j'attends,... j'attends ... j'attends ... putain qu'est ce que tu fous gros porc ... patience ... patience

Je refrappe, ... j'attends, ... ça bouge dedans, toujours pas de mouvement aux autres étages.

Putain et si ses voisins de paliers regardent dans leur judas ? J'y ai pas pensé, et j'ai pas le visage masqué, putain merde, je fais quoi ?

La porte s'ouvre en grand, il bougonne et commence à m'insulter pensant que je suis sa connasse de femme

Tire, mais putain tire connard, il te regarde, commence à demander ce que je veux

Je sors le flingue maladroitement de mon hoodie, manquant de casser mon silencieux bricolé

Il le voit, ouvre grand sa gueule laissant tomber sa gitane, il va se mettre à gueuler, il va se putain de mettre à putain de gueuler ! TIRE ABRUTI

Et je tire, une première fois, ça gicle, comme dans un film de Tarantino

Merde, je panique, je tire une seconde fois, je me retiens de le faire une troisième, je me souviens que toujours d'après Les Experts, ça peut faire la différence entre un crime passionnel et un délit qui a mal tourné.

il tombe lourdement, il n'est pas encore mort, il tente de parler, je crois comprendre "pourquoi ?"

Casse toi.

Pas de raisons particulières mec, il me fallait un sale, type, y'en a plein et c'est tombé sur toi

CASSE TOI COUILLON !

Je redescend, ... un peu vite, ma porte est toujours entre-baillée, je la referme doucement, sans bruit.

Je me fous à poil, je colle mes fringues dans un sac plastique qui passe, j'irais cramer ça cette nuit,

Et je l'entends, elle est rentrée chez elle et elle crie dans l'escalier, elle appelle au secours, mais personne ne semble répondre

Y vais-je ?

Non, déjà je suis à poil et en plus ça ne ferait qu'attirer l'attention sur moi,

Elle crie de toutes ses forces, elle pleure.

Comment justifer que je ne l'ai pas entendu ?

Des portes s'ouvrent, je ne serais pas le premier, alors j'y vais aussi, en caleçon, ils sont trois autour d'elles venant d'autant d'apparts, elle est couchée sur lui. Son regard fixant le plafond. Il est bien mort

Putain j'ai tué quelqu'un, je l'ai fais ... je l'ai fais ...

Chapitre 14

J'ai atterri à Tokyo.


C'est un homme fatigué par les 13 heures de vol, déboussolé par le décalage horaire et dépaysé qui écrit ces lignes.


J'avais entendu des histoires sur ce pays. Par exemple que s'orienter dans les rues ou les transports était impossible en raison des kanjis/hiragana/katagana (l'écriture japonaise quoi ...) apparemment le tourisme est passé par là car les noms de rues ou de stations de trains sont sous-titrées. Et c'est tant mieux car demander son chemin est un ... sketch.


On pourrait croire que "grâce" à la défaite de 1945, et la présence accrue des américains sur son sol, le japonais est bilingue et parle parfaitement anglais. Il n'en est rien. Les plus jeunes sûrement, mais les gens de mon âge ... oh putain même les français parlent mieux anglais.
Par contre le japonais est poli, très (trop ?) et serviable, très (trop ?) et j'ai du en arriver à faire semblant de savoir où j'allais pour ne pas être agressé par une horde de bons samaritains prêts à m'emmener là où ils pensaient que je voulais aller alors que ... non.


J'ai fini par arriver à mon hôtel, une chaîne d'auberges de jeunesse, très moderne, ou les gens en sac à dos se croisent au grès des vents qui les portent.
J'ai regardé le lit et me suis posé la question de la sieste. Que nenni, résistons au sommeil, profitons de cette journée à moitié commencée. On dormira ce soir et ça m'évitera d'être décalé.


Alors, par où commencer ?


Déambulez dans les rues principales et vous aurez l'impression d'être dans n'importe quelle grande ville occidentale, la propreté en plus. Tournez dans première petite rue et découvrez un paysage de manga : Petites maisons de plein pied bordées de plantes, petits immeubles à l'architecture contemporaine si caractéristique.


Mon premier conseil de voyageur : apprenez à lever la tête.


Un peu de géographie : Deux fois la population de la France pour une superficie équivalente à 60%, à laquelle il faut ôter toutes les régions montagneuses inhabitables (ou si peu). Du coup les japonais jouent à Tetris (jeu russe pour rappel) et pour trouver ton restaurant il faut parfois chercher dans les étages entres les boutiques de prêt à porter, de lingerie et de jouets.


C'est triste à écrire mais mon premier achat fût un donuts chez le bien nommé Mr Donuts. En continuant de zoner je suis tomber sur un temple dans le quartier de Asakusa.

Tomber est le terme adéquat. J'étais à faire du lèche-vitrine, commençant à lever la tête pour découvrir ce que chaque immeuble pouvait me proposer quand j’aperçus ce qui semblait être un parc publique, et en un sens je ne m'étais pas trompé car il s'agissait du parc du temple d'Asakusa. Je découvris alors une large allée bordée d'échoppes en phase de montage (j'apprendrai plus tard qu'il s'agissait d'une mise en place pour un festival traditionnel). Pagode, Statues, tout y était. Premier contact avec le japon médiéval, première d'une longue série de claques et prise de conscience que le Japon ne serait qu'une incessante fusion entre modernité et tradition

Le temple trônait (je ne vois pas de meilleur verbe pour décrire sa majesté) au au sein d'une large place. Son intérieur était visible de l'extérieur mais interdit au publique, je contemplai quelques instances les objets cérémonieux qui étaient exposés, tout en dorure et finesse.

Je fini ma visite en me laissant aller à la divination : Pour 100 yens, je pu secouer des baquettes qui m’envoyèrent vers un petit papier sensé me donner mon avenir (on ne sait jamais, des fois que j'en ai un au final)

Je vous laisse vous faire un avis par vous même :

Be Careful in what they say when they are drinking

You had better get in touch with and associate with your superior, otherwise something bad will happen to you

If you are obedient to your master your wish will come true

Gradually you will be happy with a wide acquaintance

Your wish will not be realized, the patient will not get well so soon, but escape death The lost article will be found The person you are waiting for will come soon Building a new house or moving is not so good It is no good to make a trip Marriage and employment are not good

Soyez prudent dans ce qu'ils disent quand ils boivent
Vous feriez mieux de rentrer en contact avec et vous associer avec votre supérieur, sinon quelque chose de mauvais va se passer pour vous
Si vous êtes obéissants à votre maître votre souhait va se réaliser
Peu à peu, vous serez heureux avec une large connaissance
Votre souhait ne sera pas réalisée, le patient n'ira pas mieux sous peu mais échappera à la mort (je peux être le patient ?) L'article perdu sera trouvé, La personne que vous attendez viendra bientôt, Construire une nouvelle maison ou déménager n'est pas si bon. Ce n'est pas bon de voyager (trop tard !) Mariage et Emploi ne sont pas bons (tu m'étonnes !)

En ayant ris de certains de ces auspices, et m'étant interrogé sur certains autres, je finis ma journée dans un Kaiten Sushi, restaurant où les plats défilent devant vous et où vous payez en fonction du nombre et de la couleur des assiettes.

Repu, je réussi à trouver mon hôtel, ma chambre et ZZZzzzzZZZ

Chapitre 15

Journal de guerre

Entrée 3

Excitation, stress ou symptômes, je me suis réveillé en pleine nuit, essoufflé, le cœur battant à tout rompre. J'ai dû appeler les pompiers ne pouvant me résoudre à mourir avant la date annoncée.
« Vous allez être mis en relation avec les sapeurs-pompiers de Paris. Ne quittez pas »
Ça, ma grande, ça ne va pas dépendre que de moi.

Le temps de les joindre et de leur expliquer deux fois (une fois au standard, une fois au médecin de garde), je me suis calmé.
Ils sont venus, obligés, m'ont fait prise de sang et E.C.G et m'ont offert un voyage gratuit en camion rouge jusqu'aux urgences les plus proches.

Un des pompiers a gentiment tenté de me déstresser en commentant ma décoration et me parlant des films dont il avait aperçu le DVD. Sympathique de sa part, mais à force j’ai bien cru qu’il cherchait à acheter l’appartement en viager, belle affaire pour lui si j’étais propriétaire.

Arrivée aux urgences : nouvel E.C.G, 2h a végéter à côté des comas éthyliques de la nuit et hospitalisation.
J'ai ressorti l'intégrale de mes antécédents et symptômes une troisième puis une quatrième fois pour la jeune interne fraichement recrutée. Elle, comme les autres, se faisait l'incarnation de l'impuissance à mesure que je distillais les informations. Les pimpons m'ayant fait prendre mon dossier médical sous le bras, la lecture ne la rassura pas.
Ils allaient me garder quelques jours. Mon défi : ressortir et ne pas les laisser m’enfermer jusqu’à mon décès programmé.

J’ai pu dormir une heure avant d’être réveillé par l’infirmière du matin : prise de tension et de température. Puis 20 mins de plus avant le petit déjeuner. Je me suis demandé s’ils ne cherchaient pas à m’achever de suite. Et puis j’ai compris que l’équipe du matin n’avait aucune connaissance de mon dossier, et que le cas par cas n’existait pas (t’es pas à l’hôtel mec !)

En regardant mon plateau aussi je me suis demandé s’ils n’en voulaient pas à ma vie. Un quignon de pain mou, de la confiture et un chocolat chaud fade agrémenté de blocs blancs (lait en bloc ? Crème ? Reliquat de soupe miso ?). La fadeur devait s’expliquer par le fait que le chocolat en poudre était encore sec au fond du bol en plastique. Du chocolat en poudre hydrophobe, concept.

J’aurais voulu décrire cette expérience sous forme de cliché ou de caricature que je n’aurais pas atteint ce résultat.

Autre caricature, les deux flics qui ont débarqué dans ma chambre vers 10h, avec la forte envie de m’interroger sur le voisin du dessus. Deux flics, une seule personne : la police nationale. Dans les séries, on équilibre les duos, gentil-méchant, empathique-froid, professionnel-comique. Dans la réalité on fait dans le discount : 2 pour 1.

Ils se sont vaguement excusés de me déranger.

Je me suis vaguement excusé de ne pas avoir dormi plus de 45 mins d’affilé depuis la veille.

Ils m’ont demandé la raison de mon hospitalisation.

J’ai répondu que j’étais mourant et que ma nuit n’avait pas été simple.

Ils ont griffonné sur leur bloc note et ont hoché de la tête en marmonnant un truc

J’ai pris cela pour de la compassion.

Ils ont posé leurs questions sur mon voisin.

Je leur ai répondu que comme tout citadin qui se respecte je ne connaissais mes voisins que de vue.

Pas leurs amis, pas leur métier ou leurs habitude et encore moins leur vie intime.

Ils m’ont tout de même demandé si je savais que lui était chômeur

Non.

Et qu’elle se faisait tabassée par lui. Apparemment les marques de « chutes » n’ont pas leurré longtemps les flics sur place.

Non plus et honnêtement je m’en tape, j’ai trop peu de temps à vivre pour m’occuper des cas sociaux.

Griffonnage griffonnage

Ils m’ont demandé ce que je foutais en Suisse il y a deux semaines

Je leur ai répondu qu’avant de mourir j’avais envie de voyager un peu, et que j’aimais le Toblerone ™.

Ils se sont étonnés que ce soit mon seul voyage et que celui-ci fût si court.

Je leur ai répondu que merde, que je faisais un peu ce que je voulais, que ce n’était pas moi le mort, ni la femme tabassée, et surement pas l’assassin. Que s’ils en voulaient du court on pourrait parler de mes heures de sommeil ou du nombre de semaines qu’il me restait.

Ils m’ont demandé de me tenir à leur disposition, et de les prévenir en cas de départ à l’étranger.

Je leur ai répondu que s’ils avaient à nouveau besoin de moi, ils avaient intérêt à se grouiller.

Je leur ai souhaité une bonne nuit, ils se sont barrés et une heure plus tard j’étais réveillé par des œufs durs épinards à l’eau, devant lesquels je me suis réjoui d’être crevé. Sans la fatigue et le stress je me serais surement montré plus courtois, timide et nerveux avec ces sympathiques agents et je serais surement apparu plus suspect que maintenant.

Pour en revenir à la nourriture. Je ne suis pas critique culinaire ni même très féru de cuisine, mais merde, faire des œufs durs dégueulasses … comment en fait ? Et les épinards : 6 fois trop d’eau bouillie pour les faire cuire.

Vers 17h je me suis à nouveau réveillé, mais tout seul cette fois ci, le bruit dans le couloir m’aurait réveillé en temps normal, mais mon corps a demandé à mes oreilles de ne pas l’avertir que deux grosses infirmières parlaient torchons juste devant ma porte.

Je me suis levé, comme après une soirée cuite : difficilement en et m’aidant du mobilier. Je me suis frotté le visage pour avoir l‘air plus vivant. Ai ouvert ma porte et leur ai demandé le programme concernant mon humble personne.

Le flou artistique semblait être la règle, une échographie par ci, un scanner peut être par-là, mais bon on sait pas trop, y’a pas que vous, quand on aura le temps tout ça tout ça.

J’ai claqué la porte, me suis rhabillé, et me suis barré. Une infirmière a bien tenté de me retenir en me disant que je n’avais pas le droit de partir.

T’es gentille ma puce, mais c’est un hôpital, pas une prison : Il va faire quoi ton vigil à l’entrée ? Me plaquer au sol pour me ramener dans ma chambre et me forcer à finir mes épinards ?

Bon et maintenant ? A qui je m’attaque ?

Chapitre 16

Pour mon second jour je n’ai pas fait dans l’originalité : Ueno, Akihabara, Shinjuku, Ropongi. Et je peux vous dire que ça fait une journée plus que bien remplie. Impossible de tout faire en une journée, même une semaine serait juste, et encore en ayant toutes les infos, les coins à visiter. J’ai l’impression que même après des semaines passées dans le même quartier il m’en resterait à découvrir.

C’est surement la même sensation pour tous les touristes et voyageurs du monde, mais peut être un cran au-dessus pour le Japon … A peine un jour passé à Tokyo et j’ai l’impression d’être déjà amoureux du pays. Car il n’y a pas que le décor général, il y a les gens aussi, en 24 heures j’ai eu plus de marques de gentillesse, politesse, respect, dévouement qu’en un mois en France. En fin de journée j’ai voulu tester les bains publics, nommés Sentō. Comme le touriste lambda je me suis encore perdu. Et cette ci, le salut n’est pas venu d’une horde de bons samaritains mais d’une petite vieille sans âge tellement elle semblait avoir dépassé le concept même d’âge. Passé un certain stade les gens ne vieillissent plus il s’inscrivent dans l’intemporalité. La petite vieille était donc intemporelle défiant le temps, et l’espace aussi, car courbée à 90° comme elle l’était, Newton en aurait fait un infarctus. Elle a compris de suite que je cherchais quelque chose, a commencé baragouiné en japonais, enfin j’image que c’était du baragouinage. Sentant qu’elle me lâcherait pas et que moult personnes allait arriver au secours de notre discussion j’ai juste lâché un mot : Sentô donc. Elle m’a fait signe de la suivre, j’ai voulu prendre ces sacs de courses, a refusé, lui ai fait mon plus beau mime de : « Sérieusement ? » et a fini par mes les tendre. Elle m’a amené chez elle et je suis resté à prendre le thé, le tout dans un silence de temple entre deux étrangers ne partageant rien, pas même la langue. Le Thé ? Un thé vert japonais, ayant plus la texture de la soupe purée que du thé, un goût très surprenant.

Une fois cette intermède passé, elle s’est remise en marche, m’amenant jusqu’au Sentô. Ils sont barges dans ce pays. Tellement barges qu’en plus d’un bain froid, un chaud, un sauna, et des robinets pour faire sa toilette, le Sentô dispose aussi d’un bain électrique. Oui oui, un bain où des décharges (je ne trouve pas de meilleur terme) sont envoyées dans l’eau histoire de stimuler et détendre vos muscles. Personnellement j’ai pu y plonger à peine une jambe, j’ai eu l’impression qu’elle allait imploser.

Mais revenons sur mon début de journée, je vous parlerai de Roppongi et des russes plus tard dans ce chapitre.

Ueno, Akihabara, Shinjuku donc. J’ai tellement envie d’écrire à propos d’Igor et Sergei (si si) que je risque de bâcler un peu. Bâclons Akihabara. Si vous n’êtes pas ultra fan de manga, ni même de la culture Pop japonaise, je pense que vous pouvez passer votre chemin. Ce quartier est clairement le temple du manga, des jeux-vidéos et des figurines en résine. Les magasins sont comme les immeubles, en hauteur, chaque « salle thématique » est en fait un étage, et au dernier, le porn. Des mangas érotiques ou franchement pornos où on attire le lecteur avec des images de filles à peine pubère, voire pas du tout. Et autant le japonais peut paraitre réservé, autant dans les mecs rentre dans ces étages sans complexe et bouquinent tranquillou. Ce que j’y faisais moi-même ? Les indications étant écrites en japonais …

Ueno, c’est là où j’ai déjeuné, si le Japon sait mêler modernité et tradition, ce quartier sait faire de même avec tranquillité et animation.
Pour la tranquillité : le parc de Ueno (530 000 m² merci Wikipédia) avec son zoo et son musée (que je n’ai pas visités).
Pour l’animation, Ameyoko Cho, une rue marchande, pour ne pas dire avenue, des boutiques, partout, du monde, une fourmilière. Tout semble s’y vendre, et ici le client n’est pas vraiment roi. Le premier endroit où respect, politesse et bienveillance ne semblent pas être la sainte trinité, sauf si tu achètes sans tenter de négocier.
J’ai terminé avec le temple bouddhiste qui abrite une grande statue de Bouddha.

Shijunku est le quartier que vous voyez dans tous les films, vidéos, photos prises à Tokyo. Une véritable ville lumière. Un quartier d’affaire aussi et de commerces. On pense qu’il s’agit du quartier nocturne, mais on m’a gentiment aiguillé sur Roppongi. J’y ai visité le City hall, qui peut être comparée à la mairie si j’ai bien compris. 300m de haut, une vue imprenable sur Tokyo et surtout sur le palais impérial et son jardin, mais je devrais dire parc ou forêt. Comme je n’étais pas très loin, j’ai poussé vers la Tokyo Tower, la tour Eiffel rouge où les visiteurs sont entièrement enfermés. Peur des suicides ? Possible, tant le Japon semble être l’un des pays spécialiste de cet exercice. Là encore la vue est magnifique.

Ce qui nous amène à Roppongi. Quartier nocturne donc parait-il. Et oui c’est effectivement cela, boîtes de nuit, boites de strip, bars, pubs. N’interprétez pas mal mes mots, mais hormis dans les lieux touristiques, voir autre chose que des japonais est rare. Alors en sortant du métro, me faire alpaguer par 2 grands renois m’a un peu surpris, ils ont voulu m’emmener dans leur boîte de strip, et bien que décliant l’invitation ils ont joyeusement continué sur 20m, pour me mettre dans les pattes de deux autres tout aussi insistants. J’ai fait une erreur de débutant, accepté de leur serrer la main, qu’ils n’ont pas lâché tout le long de « l’invitation ». Il a fallu que je refuse 4 fois, que je leur explique pendant 3 bonnes minutes qu’à force de passer du temps avec moi qui ne rentrerait jamais dans leur bar, ils perdaient des clients potentiels, pour qu’ils me lâchent. Après j’ai juste tracé en ligne droite sans répondre aux autres rabatteurs.

Premier bar sympa, Dj, musique électro, mais que des habitués, difficile de me mêler et de m’intégrer pour la soirée.

Second bar introuvable, j’avais ouvrant fait un peu de repérage via mon guide touristique. Le troisième fut le dernier et le bon. Un petit pub qui ne payait pas de mine, 2 couples en salle, 3 mecs au bar, je me voyais déjà prendre un taxi une fois mon verre fini, ce sut sans compter sans le seul anglais aimant la France.

J’ai, sans le vouloir, piqué la place au bar qu’un mec parti vidé son trop plein de bière, un anglais donc, qui fut enjoué de découvrir un français à Roppongi. Un salary Man en voyage d’affaire à Tokyo, cadre sup, un mec charmant et pas encore bourré. Il a tenu à parler religion, histoire, Paris, culture, philosophie et Paris, géopolitique et encore Paris. Ce qui le tarabustait, c’était qu’il ne comprenait pas pourquoi nous, français, étions apparemment si populaires dans le monde alors qu’on avait mis sur la gueule de tout le monde depuis le moyen-âge. Les russes. C’est ça qui le travaillait le plus mon anglais. Pourquoi les russes nous kiffaient (d’après lui) alors que les anglais non. Je l’ai un peu titillé en lui parlant de De Gaulles, du fait que le Royaume-Uni était une succursale des USA. Ça lui a paru convaincant comme explication. Jusqu’au moment où j’ai vu deux russes (je veux dire par là des mecs avec des têtes de russes, des archétypes, presque des clichés) payer leurs consos pour partir du bar. En plaisantant je lui ai dit, de leur demander à eux la vraie raison de ce soi-disant amour inconditionnel.
Il s’est exécuté sans réfléchir, et les deux russes sont venus avec nous à une table au fond du bar et là … on a refait le monde. Sergei et Igor. On a commencé par évacuer le sujet habituel : nom, âge, qualité. Mes amis russes étaient dans l’import-export, me foutant un peu de leur gagne-pain, je n’ai pas creusé.

Long Island Ice Tea.

Education des enfants, Géopolitique.

Shots de Vodka.

Histoire, début du commerce d’import-export d’Igor et Sergei.
« Mais vous importez, exportez quoi ? »
« On est dans l’import-export »
« Ok j’ai compris, mais vous importez, exportez quoi ? »
« On est dans l’import-export »

Bières.

Philosophie, Musique, à ce moment Igor me parle de villes françaises dont je n’ai aucune connaissance, pas même les noms. Igor me dit que Sergei connait tous les réseaux fluviaux d’Europe de l’ouest.

« Mais vous importez, exportez quoi ? »
« On est dans l’import-export »
« Ok j’ai compris, mais vous importez, exportez quoi ? »
« On est dans l’import-export »

Rhums.

Les enfants de Sergei, Paris et spécifiquement place de la Bastille, le Japon, les japonais, et bien sûr les japonaises.

Shinkansens (Jaeger Bombs).

Sergei et Igor expliquent que bien que communistes, russes et chinois ont jamais pu se piffrer, d’où le choix de faire du commerce au Japon.

« Mais vous importez, exportez quoi ? »
« On est dans l’import-export »
« Ok j’ai compris, mais vous importez, exportez quoi ? »
« On est dans l’import-export »

Ok compris, j’abandonne tout en fantasmant sur ce qui remplit tes calles mon pote.

Une dernière bière.

06h15, on se lève, je me rassois, je suis fait, si j’arrive à prendre le métro ce sera en mode autopilote. L’autopilotage a fonctionner jusqu’à la station de Shinjuku où j’ai finis par tout vomir, dans des toilettes, je sais me comporter dignement en voyage.

Sept heures plus tard je me réveille presque frais (presque). Petit déjeuner à base de pains au melon. Et je surfe sur les sites de news pour me vider l’esprit et me décider de ce que je vais faire de ma journée.

En France, un député très connu s’est fait abattre, terrorisme ? Grand banditisme ? Le mec était un ripou, avec plus de casseroles au cul qu’une cuisine Mobalpa.

Chapitre 17

Journal de Guerre

Entrée 4

Comme je l’écrivais, trouver une cible ne nécessite pas une forte imagination au final, même si beaucoup ont des circonstances atténuantes. Pour d’autres c’est une question de point de vue, de mauvaise foi ou de démagogie.

Et puis pour ceux rattrapés par la justice, pourquoi en mettre une seconde couche (définitive) ? Par contre pour ceux qui ne se font pas rattrapés par la patrouille, ceux qui agissent en toute impunité, se moquant de nous, des lois, c’est autre chose.

J’ai choisi ma cible, elle agit presque à visage découvert, politique, médiatique, ses casseroles sont tellement énormes que ses acquittements sont une insulte à la justice, la logique et à ses électeurs. Car oui son parti le reconduit d’élections en élections, et ses électeurs le ré élisent car il leur fait des petits cadeaux : nouveau gymnase, nouvelle bibliothèque, on vire les pauvres, une boîte de chocolat à noël et les vieux sont contents. Les affaires : trafic d'influence, blanchiment de fraude fiscale, corruption, utilisation des ressources publiques pour son usage privé, fraude fiscale ? Un mal nécessaire.

Je pourrais me demander pourquoi je changerai cela, après tous si les administrés sont heureux de l’être par un corrompu …

Mais cette impunité donne des idées, à d’autres qui se corrompent aussi. Envisagent la vie politique comme une carrière, une source de revenu et non comme un sacerdoce, un dévouement à la communauté. J’ai repensé à José l’anarchiste, s’il me voyait en ce moment, en plaine planque, il serait fier de moi.

J’ai, donc, commencé à trainer, à prendre des infos. Il se croit tellement intouchable que son service de sécurité est réduit à un seul garde du corps qui l’attend en dehors de ses bureaux à la mairie, au conseil régional et à l’assemblée. Oui monsieur est pour le cumul des mandats, enfin surtout des salaires car vous comprenez le cumul nous rapproche du terrain, nous émancipe du parti. Sauf qu’en tant que cumulards, tu as du pouvoir, donc tu es proche des hautes instances de ton parti, donc tu ne t’émancipes pas puisque tu fais le parti. Et proche du terrain, t’es tellement pas dans tes fiefs que ….

Bref. Deux grands choix se présentent à moi : Agir dans un de ces bureaux et me confronter au service de sécurité et autres caméras, ou devoir gérer le garde du corps.

Outil : Couteau, j’ai peur de réutiliser mon flingue si vite après le premier. Peur qu’on me tombe dessus plus rapidement encore en faisant le lien avec mon ex-voisin grâce à la balistique.

Mode Opératoire : Attendre un conseil un peu tardif, le laisser partir seul avec son garde du corps, mettre ce dernier hors-jeu (sans le tuer) et taillader l’autre jusqu’à sa mort.

Simple sur le papier, c’est toujours simple sur le papier en fait. Car en réalité ça ne s’est pas passé tout à fait ainsi.

Le conseil municipal a débuté exceptionnellement sur les coups de 19h, ouvert au public j’ai pu m’assurer de sa présence.

Check

Sans trop me faire remarquer je suis sorti et ai attendu dans la rue. Quand il fut évident que poireauté au même endroit pendant des heures serait moyennement bon pour ma discrétion, j’ai commencé à bouger, en faisant des tours de pâté de maison de manière à ce que mon allure n’attire pas l’attention. Puis je suis monté dans ma voiture (vive les vitres teintées) et ai attendu avec la radio comme palliatif à l’ennui.

Il faudra que je prévois un déguisement pour ma prochaine planque, entre les passants, les commerçants et les spectateurs du conseil, beaucoup de gens m’ont vu, beaucoup trop de gens. Me faire prendre n’est pas un problème en soit, je serais mort avant le procès (s’ils me prennent en vie), mais pas si vite, pas aussi bêtement. La mayonnaise a pris, je me sens investi d’une mission. Par mes actes la vie des gens sera meilleure. Les salauds comprendront qu’une épée de Damoclès bien tranchante les tient en respect.

Je me tire ? Je reporte l’application de la justice ? Comme d’habitude tu vas t’en sortir mon cochon, temporairement surement mais tu vas t’en sortir.

Et puis je le vois qui sort avec son bodyguard. A pieds l’enculé.

Facilement atteignable

Je ne peux pas le laisser partir.

Non, Je ne peux pas remettre à plus tard.

Faut que j’agisse maintenant.

Je démarre, Je fonce sur eux en caisse ?

Non c’est ta caisse !

Putain je fais quoi ? PUTAINJEFAISQUOI ?

Ils s’éloignent suis les.

OK doucement, je déboite, pas me faire remarquer, pas plus. Les rattraper tranquillement, ni trop rapidement ni trop lentement.

Ils tournent dans une rue, à cette heure, dans ce quartier celle-ci est vide.

Attaque

Je me gare proprement et je marche vers eux, au bout d’une dizaine de mètres je l’appelle.

Pourquoi tu as fait ça ?

Le garde du corps se retourne en un quart de seconde, je bredouille un truc, comme quoi je suis fier de ce qu’il fait pour nous en tant qu’élu, et que la presse c’est un ramassis de chiens galeux, cherchant la viande fraiche pour se repaitre.

Pas mal mais tu l’as dit d’une seule traite, trop vite, le molosse se méfie, et lui affiche son plus beau sourire gêné.

Désolé mec, tu fais que ton boulot : je dégaine mon couteau, un gros opinel, je l’attaque au visage pour mieux l’atteindre aux jambes. Il a la délicatesse de tomber vite, la cible reste prostrée, comme un lapin au milieu de la route devant les phares d’une bagnole. Pas le temps de parler, j’attaque le visage, mais pour de bon cette fois-ci, pas le temps de feinter, il crie, hurle, gueule comme un porc qu’il est, j’empale littéralement sa jugulaire, le flot de sang est surréaliste, comme dans un film de Tarantino. Je met tellement de cœur à l’ouvrage que mon opinel se bloque entre deux morceaux de cartilage, d’os ou de chair.

C’est à ce moment que les fenêtres s’ouvrent, que ça gueule un peu partout dans les étages, on crie au crime, à l’assassin, des lumières bleus se profilent au bout de la rue. Les flics ne sont décidément présents que dans les quartiers huppés. Pas le temps de récupérer mon canif, je me barre en courant. Je passerais prendre ma caisse dans la nuit.

J’évite les trois premières stations de métro, me débarrasse de mes blouson et gants ensanglantés, et grâce aux WC publiques me nettoie le visage.

Je n’ai pas souvenir d’avoir nettoyé la lame avant usage, je n’imaginais pas la laisser sur place. Ils ont mes empreintes, bah je ne suis pas fiché, ça me laisse du répit.

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