Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La forêt est un environnement qui m’est très méconnu et dans lequel je me sens assez peu à l’aise.  Mes sens ont tendance à se « surcharger » en informations : senteurs, sons, mouvements, et sûrement le goût si je portais à ma gueule ce qu’offre la nature.

 

Dans nos grottes la lumière n’arrive que par les torches et braseros, la flore y est très redondante, et les rochers, à la différence des arbres, bougent assez peu au grès du vent il faut bien l’avouer. Donc oui pour un troglodyte tel que moi, la forêt est fascinante car enivrante et par là-même inquiétante.

 

Et ces fameux tombeaux dont personne ne parle, personne ne sait rien, mais qui semblent intéresser du monde, semblent tous être perdus dans des forêts denses. Mais cela pourrait-être pire. Imaginons que ceux-ci soient dans un désert : chaleur, sable, et potentiellement amazones. Ou bien dans la jungle : insectes aux tailles disproportionnées, animaux féroces et fourbes (les prédateurs forestiers sont plus frontaux dans leur approche, ainsi a-t-on rarement vu un ours attaquer de dos ou sautant silencieusement d’une branche d’arbre) et bien sûr chaleur et humidité.

Oui la chaleur ne me convient pas, j’ai une fourrure rappelez-vous !

 

Et de la forêt et bien j’en bouffe ! On marche, explore, crapahute, grimpe, escalade même ! Tout ça en raison d’une carte moisie depuis des siècles recopiée à la va vite par une non cartographe. Et mes pattes de chats n’en peuvent plus ! Alors oui je porte des bottes, nous ne sommes pas des sauvages non plus ! Nos pattes ne sont pas tout à fait félines ni tout à fait humaines. Pourvues de griffes mais adaptées, bien évidemment à la stature debout. Et pourquoi je vous écris cela ? Tout le monde le sait que les Félis sont ainsi fait. Me mettrais-je à nouveau dans une position où ceux de ma race auraient disparus depuis des éons à la lecture de mes écrits ? Pessimisme liée à la fatigue. Les amazones ne nous ont pas anéantis, et les Muses nous en veulent autant qu’aux autres, ni plus ni moins. Nous ne saurions disparaître ainsi.

 

En clair j’écris ce début de chapitre durant une pause que je vais tenter de faire durer plus que de raison. D’après Témor, dont le travail sur notre planisphère ne peut me permettre, une seule seconde, de remettre ses intuitions et sa lecture de la copie de Shass en doute, nous serions dans tout proche de notre but.

 

Je sens pourtant à l’écriture de ces mots que je vais les regretter et faire, de manière involontaire, un effet de surprise pourtant attendu. Mais comme je l’écrivais la copiste et la copie seront (aussi) à blâmer en cas d’échec.

 

Au moins n’avons-nous pas eu de mauvaises rencontres jusqu’ici. Nous sommes encore relativement proches de Thucydide, 4 jours de voyages vers le sud. Nous n’avons quitté la route principale qu’au dernier moment, et notre fine équipe semble plus passer pour des brigands (hormis la fée cela va de soi) que pour des victimes. Quant à la faune, notre discrétion légendaire (ironie) semble l’aiguiller vers des cibles plus conventionnelles. Pourvu que ça dure.

 

 

               « On a trouvé »

              Prends ça l'effet de surprise attendu !

               « Comment ça ? » répondis-je à Témor

               « A flanc de falaise, enfin … une petite falaise. Une butte, comme coupée en deux. Tu t'y attendais pas, tu étais sûrement en train d'écrire que je vous menais sur une fausse piste » Il repris son souffle, pris une grande gorgée dans sa gourde d'eau personnalisée d'une tête de mort et d'un marteau (!)

               « Mais pas du tout ! Bien au contraire ! »

 

Il reprit en s'essuyant la bouche.

 

               « Mouais, enfin ce qui nous a mis sur la voie, ce sont les cordes »

               « Cordes ?  Comment ça cordes ? »

 

Shass arriva, essoufflée, à tel point que son seul « asthme raciale » ne pouvait être l'unique cause.

 

« Il a déjà été visité, du coup nous sommes rentrés sans t'appeler, au cas où nos prédécesseurs seraient toujours en pleine exploration »

              « Et ? »

               « Comme tu peux le voir ils sont déjà partis, et ont tout pris au passage. Pas une pièce, par un parchemin. »

               « Pas une paire de gantelets magiques »

               « Oui ça non plus effectivement ... »

               « Mais ils sont passés il y a longtemps ? »

               « Aucune idée, les cordes ne sont pas neuves mais pas trop usées non plus. De la poussière a été bougée mais elle recommence à prendre ses aises»

 

Consternation de ma part et reprise de souffle de la leur.

 

              « Mon sentiment c'est qu'il a été visité juste après le notre. Nous avons dû servir de cobayes. Après noter épisode commun, ils savaient les dangers dont il fallait se méfier et ont agis en conséquence. »

              « Des morts vivants »

               « En morceaux, on pourrait jouer aux osselets avec ce qu'il reste » dit Témor en s'asseyant.

               « Et maintenant ? Ils ont un coup d'avance sur nous, avec des moyens bien supérieurs, nous arriverons toujours après eux » Fis-je remarquer

               « J'aurais du prendre ou même brûler la carte » geignis Shass.

               « Elle a peut-être brûlé » intervins la fée.

               …

               « Ils ont peut-être eu le temps de visiter ici avant que nous arrivions à nous échapper, revenions à Thucydide, organisions le cambriolage ? » Continua-t-elle sur un ton laissant à penser qu'elle aller fini sa phrase en s’excusant d'avoir émis une idée. Les deux autres la regardèrent incrédules.

 

Shattasman rompit le silence.

 

              « Tu as raison c'est une possibilité, leur battisse a tout de même bien cramé, il n'en restait pas grand chose, allez on part ! »

               « Que … Comme ça, hop, de l'abattement de la défaite totale, à l'engouement de la suite d'une quête primordiale ! »

               « Oui, tu as autre chose de mieux à faire ? »

               « Je finis mon chapitre »

 

Voilà fin

 

Tag(s) : #Nouvelle

Partager cet article

Repost 0