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Chapitre Quatre vingt unième

 

        Les elfes marins sont parmi les plus connus des elfes. La moins peuplée des races elfiques ne forme pas une nation, mais ayant pris goût au voyage maritime et au contact avec les autres races, ils se sont organisée en une guilde de marins.

 

        Plus sociables et ouverts d’esprits que leurs cousins, surtout les hauts elfes, ils occupent les villes portuaires du monde connu lorsqu’ils ne sont pas à bord de leurs magnifiques vaisseaux. Les elfes marins peuvent donc suivre de manière égale les différentes muses.

 

        Le développement du commerce et des voyages maritimes par les elfes marins changea la face du monde, les Hominem purent coloniser les différentes îles, développer des relations privilégiées avec les autres races peuplant les autres continents. Mais les voyages, de plus en plus fréquents et importants, importunèrent le seigneur de mers qui coula navire sur navire, pour que les hommes comprennent son pouvoir, et tiennent compte de son domaine.

Dès lors les elfes marins se sentirent défiés : comment le dieu qu'ils vénéraient pour son domaine, pouvait il leur refuser de voyager sur les mers ?

        Comment pouvait-il les renier au point de leur refuser ce pour quoi ils étaient faits ?

Les plus impressionnantes des armadas luttèrent contre les créatures de la mer. Il y eu des milliers de morts dans les deux camps, mais l'union des peuples eu raison de la garde de Poséidon et arrivèrent en sa demeure. Le vieux dieu bien que fatigué par cette longue guerre, causa encore de nombreuses victimes avant de tomber sous les coups du peuple marin.

 

        Depuis ce jour on dit que l'esprit du dieu défunt hante les profondeurs abyssales

 

Chapitre Quatre vingt deuxième

 

        Les elfes marins faisaient sûrement affaire avec la duchesse, ils se contentèrent de se moquer de moi, de me lancer quelques piques mais restèrent courtois.

        Débarqué, il me fallait trouve un moyen d'approcher un prisonnier pour lui soutirer des informations potentiellement utiles sans avoir ni carotte ni bâton, dans un environnement neutre-neutre hostile.

 

        Eschyle est une grande île. D'aucuns diraient île-pays ou île continent, ayant près de 12 000 kilomètres de côtes dont l'activité côtière représente près de 90% de l'activité globale et 90% de la densité de la population. Les autres 10% ? La cité carcérale légèrement dans les terres.

        Le reste de la topographie : une vaste forêt interdite et donc surveillée : miradors, clôtures et tout le tralala

 

        Cours de géographie fini, passons au cours d'histoire. Changez de cahier, tracez une marge à 4cm du bord de la page, sautez une ligne et notez.

        Nul ne sait pourquoi, mais de mémoire d'immortel, Eschyle a toujours été une terre in-accueillante pour la magie. On pourrait raisonnablement penser qu'elle pourrait être terre d'accueil pour ceux fuyant les muses, il n'en est rien.

        Elles firent construire, par leurs agents, une cité prison, une de plus après Nike, où seraient invités à séjourner des mages abusant un tantinet de leurs savoirs anarchiques.

        Une pensée me vint subitement. Combien d'aléatoires surpuissants, donc hautement dangereux étaient hébergés en ces lieux ?

        Parmi les citoyens, certains venaient certes, pour se sentir à l'abri des Muses mais d'autres pour échapper au courroux d'un sorcier maléfique ou d'un mage escroqué.

        Mais les muses continuèrent de surveiller l'île. S’agissant du seul endroit où pourraient se cacher les brebis galeuses …

 

        Et donc je me trouvais là, moi-même surveillé et victime des muses en un des endroits les plus surveillés par leurs agents, pour retrouver un homme (mage lui aussi?) enfermé pour une raison inconnue en ces lieux

        Diplomatie … Diplomatie … Diplomatie.

 

        J'ai donc décidé de commencer par le meilleur endroit pour débuter ma quête d'information : une taverne.

Ce genre de lieux devrait être reconnu d'utilité publique. Ils le seraient sûrement, si les usagers n'avaient pas propension, après un certain nombre de verres ingurgités, à vomir, se bagarrer ou plus simplement, ne rien foutre.

        Moult établissements s'offraient à moi et j'avoue que j'attendis une bonne trentaine de secondes pour voir si un usager se mettait à utiliser une fenêtre comme voie de sortie.

        Ne jamais refaire les mêmes erreurs.

        En entrant, tous les regards se sont tournés vers moi. Les silences aussi. Le temps passé à Thucydide ou avec Témor ou les chevaliers m'avait presque fait oublier mon coté atypique. Un paria parmi les paria …

obtenir une information allait s'avérer très compliqué si je n'utilisait pas la technique secrète n°3 pour obtenir une information dans une taverne : payer des tournées. Mais en plein milieu de l'après midi, en venant à peine de débarquer, j'allais attirer toutes les attentions et les suspicions.

        Je me dirigeai donc vers le comptoir où je m'installais pour commander une pinte de lait (oui une pinte soyons fous)

        Les conversations reprirent peu à peu. Personne ne vint à moi, en ce pays on laisse les étrangers tranquilles, on ne sait jamais ...

        La taverne se remplit au fil des heures et des retours de bateaux. Il était temps pour moi de sortir de mes écrits pour faire œuvre de sociabilité.

        Je me mis, donc, à payer des coups et devant l'incrédulité et la méfiance de mes invités à se faire rincer par une race « inconnue » sur une île fréquentée par des fugitifs, il me fallu prétexter mon envie de rompre solitude et silence.

Plus que mes arguments, ce sont mes muses de bronzes et d'argent qui eurent raison de leurs réticences, et avec le temps l'alcool aussi.

 

        J'appris quelques chansons à boire locales, l'augmentation à venir de diverses taxes, que de la forêt interdite montaient d'étranges bruits n, plein milieu de la nuit. Mais sur la prison rien d'utile, ni surtout d'exploitable. Et sur mon Ebehnezer Coppenham, car c'était son nom, encore moins. D'autant que j'hésitais à sortir son nom

 

        Je vous rassure pour le restant de mes mémoires nous l’appellerons Ebé.

On tentait de me faire boire, je refusai poliment mais fermement. Je devenais, au fil de la soirée, le bon pote, on me gratifiait d'accolades, de grandes tapes dans le dos, voir de câlins, si si, en général juste avant de vomir.

J'entendis des théories fumeuses sur le fait que si les Félis et les loups-garous existaient alors il devait bien y avoir des chiens-garous, des ours-garous, des hamsters-garous et même des tortues-garous. Mais qui seraient bien trop lentes pour êtres dangereuses et ce même si elle s'affublaient d'un bandeau sur les yeux et pratiquaient les arts martiaux.

        Et puis il y eu une tape dans le dos plus ferme, plus appuyée, plus porteuse de sous-entendus que les autres. Ce genre de tapes qui font que vous n'entendez plus le brouhaha, les cris, les hurlements, les chansons paillardes autour de vous. Tout s'arrête d'un coup, vous êtes dans une bulle, aux aguets.

        Je portai instinctivement la main gauche à mon arme, tandis que je me tournais tout sourire vers la droite.

        Je découvris le visage tout autant souriant d'une veille connaissance, un elfe, non point haut ni gris mais sylvain.

 

        « Une gueule connue !» Oui tout comme ton introduction ...

        « Belle mémoire » Quitte à faire original, allons y à fond.

        « Quel hasard de nous trouver ici »

 

        L'elfe était souriant mais ce n'était qu'un façade destinée à ne pas attirer l'attention sur lui. L'ambiance était bonne il est vrai

 

        « J'étais en train de me poser la question justement »

        « Ou étions nous destinés à nous rencontrer ici en ce jour ? »

        « Vous commencez à croire au destin Do Bauth ? »

 

        Car oui il s'agissait bien de cet étrange elfe que nous avions croisé en pleine campagne, qui nous posa une question et parti au galop à l'écoute de la réponse.

 

        « Ne soyez pas insultant! Je ne vois pas vos amis, seraient-ils déjà au lit ? Le Krakan m'avais l'air d'être un couche-tard »

 

        De plus en plus méfiant j'étais.

 

        « Nous nous sommes séparés »

        « J'espère que le hasard vous réunira à nouveau, après tout il nous a bien réuni nous ! » Dit-il dans un grand sourire

 

        J'avais vu jouer Shattasman à ce jeu trop de fois, pour ne pas avoir envie de me faire une petite partie.

 

        « Il est vrai ! Prends ton verre ami voyageur et allons partager nos souvenirs un peu plus au calme »

 

        Oui je commençais la partie un peu maladroitement mais qu'il fut curieux ou plus mauvais que moi à ce jeu, il décida de me suivre vers une petite table laissée libre par trois marins endormis. Enfin lorsque j'écris laissée libre, à partir du moment ou nous les poussâmes à quelques mètres de celle-ci.

 

        « Souvenirs ? Nous n'en avons pas beaucoup à partager, même aucun si mes souvenirs à moi sont justes » commença-t-il

        « Il est vrai, mais vous sembliez tellement heureux de me revoir, je me suis dis que j'avais eu des oublis sur un passé commun »

 

        Froncement de sourcils, légère raideur, j'avais capté son attention. Ce jeu était facile en fait.

 

        « Aucun oubli, l'air vivifiant de cette île est meilleure pour la mémoire qu'un régime de poisson »

 

        Ok, sous-entendu compris, nous étions à l'abri des Muses. Mais qui était-il ? Etait-il de confiance ? Les Muses n'avaient aucune grief contre nous à l'époque de notre rencontre, il ne pouvait donc décemment pas être un de leurs agent.

        Il dû comprendre ma réflexion, car devant mon trop long silence, il me fit signe de regarder dans un coin de la taverne. Je vis le gamin que nous avions sauvé à Kouskas et amené au temple d'Arès, en compagnie de ce qui ressemblait fort à un gorgone encapuchonnée

        « Il n'était pas en sécurité »

        « Même auprès des prêtres d'Arès ? » m'étonnai-je

 

        Fin de partie, même joueur joue encore

 

        « Ils ne peuvent rien contre elles »

        « Elles ? Nous suspections un sorcier, il s'agissait de sorcières ? »

        « Non, je te parle des neuf » dit il en baissant le ton, à en être presque inaudible.

        « Mais ça n'a pas de sens ! Pourquoi envoyer des changeforme pour un môme ? »

        « C'est légèrement plus compliqué que cela, que sais-tu du gamin ? »

        « D'après ma fée, dont l'expertise peut raisonnablement être remis en question, il agirait sur le réel »

        « Les Muses n'aiment pas trop cette possibilité. Elles ont vu les prêtres de Prométhée arriver sur place et »

        « Mais ce sont des religieux » l'interrompis-je « Ils sont plus ou moins sous leur coupe »

        « Non non non. Chaque ordre à ses buts, suivant son dieu. Prométhée a toujours été du coté des mortels »

        « La glaise, le feu de l'Olympe, le foie dévoré, oui j'ai bien été éduqué »

        « Endoctriné mais c'est un autre sujet. Elles n'ont pas vu d'un très bon œil que l'ordre voué au titan traître, s’intéresse à tel pouvoir. Elles ont donc envoyé les changeformes faire d'une pierre trois cous »

 

        Deux vrais petits comploteurs

 

        « Les prêtres, le gamin, vous »

        « Nous ? »

        « Vous tourniez autour du môme »

 

        Gloups

 

        « Et vous leur avez rendu un fier service en l'amenant directement chez Arès »

        « Tu as tenté de nous en empêcher alors »

        « Oui mais vous n'étiez pas prets, alors j'ai laissé faire momentanément 

        « Et effet de bord, elles nous ont lâché la grappe, tout aussi momentanément »

        « D'où ta présence ici ami Félis, tu tente de leur échapper »

        « Pas exactement »

 

        Oh je ne lui racontais pas tout, vu que lui non plus ne rentrait pas dans les détails comme ses origines, son ami reptilien, ou l'explication de ce que voulais bien vouloir dire que agir sur le putain de réel ! Mais suffisamment pour voir si il pouvait m'aider : Des tombeaux dangereux, le groupe provisoirement séparé, l'envie de discuter avec un prisonnier retenu ici depuis peu …

 

        « Je peux t'arranger cela, je suis un habitué de cette ville, je connais quelques gardes de la prison qui t'arrangeront une courte entrevue »

        « Quel en sera le prix ? » Il y a toujours un prix

        « Plus tard je pourrais avoir envie de t'accompagner, je ne demande que trois places dans le convoi. »

 

        Plus on est de fous …

Chapitre Quatre vingt troisième

 

        L'elfe me faisait un effet bizarre. Moins pédant que ses congénères, que ce soit dans son phrasé, dans on attitude, même dans sa façon de bouger. Mais digne de parole comme ceux de sa race : dès le lendemain matin, nous fîmes route vers la prison

Paranoïaque ou pas, je vous jure que nous fûmes observés et je le fit remarquer à mon nouvel allié.

        « Certains doivent se demander qui tu es pour te promener avec moi … pour mon bien … ou non »

 

        Bien, message reçu, il avait des alliés dans la place et d’autres qui le surveillaient (et moi aussi du coup) pour le compte des neuf.

        Bref, j’étais définitivement identifié comme ennemi du monde connu. Il faudrait que je multiplie mes hommages à Clio, à moins que cela ne lui permette de mieux me cibler.

        Le seul point rassurant dans toute cette histoire, c’était de commencer à comprendre que les Muses n’étaient pas omnipotentes. Le problème des panthéons sûrement.

 

        Je ne savais pas ce qu’on allait trouver dans ces tombeaux, ni même ce que nous y cherchions, mais nous étions dans une voie à sens unique sans possibilité de demi-tour. Il faudrait que le final de notre histoire puisse contenter les Muses. Si elles n’en avaient pas eu marre de nos blasphèmes auparavant.

        Fin de mes pensées, début de la cité carcérale. Oui cité, eu égard à la taille. Les points de contrôle se multipliaient, je laissais l’elfe parler. Il changea trois fois de motif de visite, se faisant même passer pour un conseiller juridique. Définitivement pas très elfique l’elfe.

        Et c’est devant un énième garde qu’il me laissa la parole

 

        « Visite ? »

        « Oui »

        « Nom ? »

        « Ebehnezer Coppenham » Pour le garde j'étais bien obligé de donner le nom en entier

        « Ah ! Ebé ? »

        « ... »

 

        Deux couloirs plus tard, nous nous retrouvâmes devant une cellule. Le dit Ebé devait se laver dans un abreuvoir pour animaux de la ferme vu la gueule d’ermite qu’il se tapait. L’archétype du malade mental enfermé plus pour sa sécurité que pour celle du citoyen lambda.

        Et là le dilemme que j’aurais pu prévoir mais que ma naïveté, ou mon manque d’expérience, n’avait pas vu venir : il me faudrait parler devant le garde et Seril Dannan. Ce dernier devina sûrement mes pensées.

        « Tu peux parler sans crainte, rien ne sortira d’ici »

 

        Seril ne bougerai pas et la veille je n’aurais pas imaginé me retrouver aussi facilement devant l’homme que je voulais. J’avais même pensé à me faire moi-même emprisonner.

 

        « Nous ne nous connaissons pas mais je m’intéresse à vos recherche »

Un regard vide me répondit.

        « Il parait que vous cherchez des tombeaux, j’ai eu l’occasion d’en visiter moi-même »

Un regard dubitatif commença à s’intéresser vaguement à moi. En revanche l’intérêt de Seril était quasi palpable lui.

        « Pas comme ceux que je visite » finit-il par me répondre.

        « On parie ? » Je lui citai le nom des villes.

Une lumière s’alluma dans son œil gauche

Sur ma lancée, j’enchaînai par le nom des chevaliers

Ding l’œil droit

 

        Le garde tenta de m’empêcher de lui lancer une de ces « fausses » pièces que j’avais emportée. Seril Dannan le retint poliment. Et l’illumination fut. Le moulin à parole démarra, j’eus du mal à prendre des notes.

        « Oh putain, oh putain ! Tu as les as trouvés chaton »

Ah non ! Pas lui aussi !

        « A quoi ils ressemblent ? Tu as trouvé les armes magiques ? Le calice du chaos ? Tu as pu parler à l’immortel sans nom ? Elles vont te chasser, non … elles te chassent déjà. SI elles veulent que le monde reste monde, elles n’ont d’autre choix que de te désintégrer, t’effacer littéralement des livres d’histoires. Tes parents n’auront bientôt jamais eu d’enfant. Remarque avec un peu d’estragon, ça passera mieux. Tout passe toujours mieux avec de l’estragon, et du piment d’espeletoulos aussi. »

 

 

        Parfait : Il était donc fou. Dommage, les premières phrases étaient pleines de promesses. Dépité j’amorçai un demi-tour, laissant le brave Ebé déblatérer sur la cuisine, le théorème de Thalès, l’élevage des roses (oui lui il appelle ça de l’élevage) et les partouzes lesbiennes des Muses incestueuses.

        Et il est vrai que la vie sexuelle des divinités, doit être relativement réduite, surtout quand il ne reste plus que neuf divinités toutes sœurs …

        Et un blasphème de plus pour la 6 !

        L’elfe, lui, était véritablement captivé. N’imaginant pas que cet intérêt puisse être médical, je me dis qu’il arrivait à en tirer quelconque sens et donc information. Je me retournai une fois de plus vers la cellule, mes appendices auditifs pleinement concentrés.

 

        Seril l’interrompis pour le remettre sur la voie de la cohérence

 

        « Parle nous de l’anonyme qui ne connaîtra jamais Thanatos»

Ainsi parlent les elfes d’habitude. Devant mon froncement de sourcils, il m’expliqua.

        « Il est un langage, une syntaxe à utiliser avec ceux qui voyagent dans les ombres de ce monde »

        « Il est de ceux qui furent, mais que ni vécurent jamais.

        Il vit car le Tartare ne veut de lui.

        Il est car il ne peut être oublié

        Il est invisible car elles le cachent aux yeux du monde. »

        « Lui, et … d’autres choses » commenta l’elfe

Il en savait vraiment beaucoup plus que nous

Je m’essayais moi aussi au langage des ombres.

        « Comment voir l’invisible ? » Regards incrédules. Bien essai non transformé confirmé par Ebé.

        « Non mais il y a un code à respecter là. Un protocole ! Je sais pas moi, faites un effort aussi !

Seril Dannan pris ma défense, enfin ça y ressemblait … à peu près …

        « Il ne sait, il est de ceux qui ne montent pas pour descendre »

 

 

        Je les soupçonnais d’être membre de la guilde des linguistes aléatoires. Non, elle n’existe pas réellement, je vous rassure, mais ça pourrait. J’avais le président et le vice-président devant moi, ainsi que la mascotte (moi-même)

        « Il possède des terres en Crommyon. Il est l’oncle de la duchesse de Crommyon mais elle a oublié qu’elle avait un oncle »

 

        La boucle était bouclée, je suspectai la duchesse de ne pas être totalement amnésique, ce qui expliquerait cette belle coïncidence.

Chapitre Quatre vingt quatrième

 

       Seril Dannan paru bouleversé par cette entrevue, il n’en dit mot bien entendu, mais je lui trouvais une perte de prestance, d’assurance et dans une moindre mesure, de mystère. Il organisa lui-même mon retour sur le continent. De manière un peu précipitée il me sembla. Il ne voulait pas perdre de temps, il m’informa qu’ils ne m’accompagneraient pas mais qu’il saurait nous retrouver.

       Chemin faisant, nous croisâmes un nain et un elfe (oui encore) en plain milieu d'un joute verbale (oui encore). Et par là j'entends littéralement « un joute verbale ». Au centre d'un cercle formé par des spectateurs, les deux se jetaient des mots à la figure pour expliquer en quoi leur dieu était bien meilleur que celui d'en face. Comme quoi il n'y avait pas que des fugitifs tentant d’échapper aux Muses sur cette île. De toute évidence le nain priait Héphaïstos (quelle originalité pour un peuple passant son temps à la forge) et l'elfe Apollon.

 

 

Tu pries Héphaïstos ?

Tu va te faire jeter de cette joute comme il le fut dans la fosse

Par sa mère, son père, ou même un mortel

Personne ne sait comment il naquit bordel !

En même temps je comprends que tu puisses l'aimer

C'est vrai que les nains ça aime se faire lancer

 

Me faire provoquer par une tapette d'elfe suivant d'Apollon

Qui adorait se mettre des instruments à vent dans le fion

Tu critiques ma ferveur 

Envers le dieu créateur ?

Palais, Pandore, Trône de Zeus, il créa même le char dans lequel Apo s’astique ?

Et lui il a fait quoi pour les olympiens à part souffler dans leur flûte magique ?

 

Tu n'est pas un fervent de Clio

En histoire tu fais preuve d'omissions

Défenseur de Troie, Pourfendeur de Python

Il est dieu vengeur protecteur et soigneur

Il pourfend de ses flèches ses détracteurs

Comme tu le seras bientôt avec mes mots

 

Tu veux des faits historiques sur ma divinité ?

Le Panthéon ? Dionysos lui doit son entrée

Athènes  lui doit un de ses rois

Par contre tu peux me rappeler la fin de Troie ?

Et l'enlèvement de Marpessa c'était par timidité ?

Il aurait du être dieu des cocus tellement il fut trompé

Il a du se rabattre sur la gent masculine tellement il se prenait de déconvenues

 

Tu te fais le porte parole d'un dieu qui, sa sœur violer voulu

Et qui réussit à peine à lui éjaculer sur le cuissot

Mais vous autres nains n'avez pu adopter cette tradition

Vos filles n'étant pas différentiables de vos garçons

Il eu été préjudiciable de se taper son frérot

 

       Cette dernière réplique se ponctua par la charge, bave au vent, du nain, trop vexé pour ne pas en venir aux mains.

 

       Sinon, le temps était au beau fixe, les bateaux en partance nombreux, j’eus à peine le temps d’avaler un carré d’agneau sauce Héphaïstos (pour rester dans le thème) que je me retrouvai sur le ponton d’un bateau, à faire des « au revoir » de la main à l’elfe, le gorgone et l’enfant (sympa pour un titre de conte moralisateur)

 

       Je décidai de compulser mes notes en cabine. C’est-à-dire en cale, l’agence de voyage Seril Dannan n’avais, de toute évidence, pas un grand avenir devant elle.

Au bout de dix bonnes minutes de compulsion intensive, j’entendis les signes d’une (trop) grande activité sur le pont. Paranoïaque et curieux j’interrompis ma lecture pour m’informer. J’eus préféré être confiant et insoucieux.

Les matelots s’activaient comme des diables sur les voiles. La météo avait changé : l’apocalypse était sur nous. La mer devint houleuse, puis franchement déchaînée. Des trombes d’eau s’abattirent sur nous. N’aimant pas particulièrement l’élément aquatique et n’étant d’aucune aide pour l’équipage, je retournai dans ma « cabine ».

       Je m'employai à trouver de quoi m’attacher. Je n’eus pas l’occasion de me poser la question sur la pertinence de cette idée.

Projeté de bâbord à tribord,

,drobâb à drobirt ed suip

 

 

       Je cru bien que le bateau avait chaviré à deux ou trois reprises. Ce n’est que deux minutes plus tard que je me rendis compte que non : lorsque nous chavirâmes pour de bon

Chapitre Quatre vingt cinquième

 

      Durant l’absence de Rei, je pu consulter les ouvrages de la grande librairie de ce si petit bourg : quelques ouvrages uniques mais rien d’exceptionnel. Des informations que j’aurais été très heureuse de trouver à une époque pourtant récente … mais depuis …

 

      Par exemple, dans quelques ouvrages relatant l'histoire elfique, nommé très justement :Elfes, Races et nations, de Aristophelès, il y avait de très intéressants passages sur les flux migratoires elfes. De l'apogée de la race elfe unique, à la scission et l’apparition de peuples différents connus maintenant comme : hauts, gris, noirs, marins, sylvains.

      L'elfe a, comme le subodorent nombre de chercheurs, une capacité d'adaptation bien plus subtile que ne le pense la « sagesse » populaire.

      Il s'adapte à son nouvel environnement, ou plutôt son nouvel environnement façonne l'elfe au fil des ans et des siècles pour que celui ci puisse à son tour maîtriser cet environnement. L'effet le plus notable étant le changement de couleur de peau. Les citadins deviennent gris, les marins légèrement bleutés, les assassins vivants dans les montagnes et cavernes d’Hésiode noirs. Seuls les hauts elfes ont gardé ce rose pâle d'origine, et les sylvains ne sont pas devenus vert chlorophylle étonnement.

Cependant quelques références ont retenus mon attention. Ainsi il fait mention de six peuples elfes et non cinq. Intéressant mais pas assez pour me captive ou me donner envie de plus investiguer à ce moment.

 

 

      L’ennui venant, l’impatience aussi, je réussi à convaincre la duchesse de devancer Rei, en nous rendant au port où il avait pris le large pour Eschyle. Elle soupçonna une duplicité de ma part mais accepta de nous fournir une escorte.

Je me rends compte, en ce jour que Rei a bien plus d’influence sur moi que je ne pourrais le croire, ou le vouloir. J’écris de plus en plus, pour passer le temps, pour laisser une trace, envisageant de plus en plus une issue funeste à notre aventure. Et je me surprends comme en témoignent mes ratures, à tenter des effets de style. Ainsi jamais je n’aurais écrit :

 

Elle soupçonna une duplicité de ma part mais accepta de nous fournir une escorte.

Mais plutôt :

 

Elle accepta de nous y conduire sous surveillance rapprochée

 

Le fond pas la forme en résumé.

 

      Je me surpris à me dire que Reï avait dû faire étape dans les mêmes relais que nous, avec moins de chevaliers il est vrai, et sans Krakan non plus. Je me demande lequel des deux est le moins discret : un Témor ou non pas un, mais bien un contingent de chevaliers en armures. Match nul oserais-je pronostiquer.

 

      C’est en nous approchant de la côte que je me dis que Reï était de retour, sa mission accomplie. Le temps ne vire pas à cette vitesse de manière naturelle. Les dieux étaient fâchés et le faisait savoir. De nos jours, en termes de divinités, il ne reste que les Muses.

 

      Notre convoi d’invités (comprendre prisonniers) allait devoir se transformer dès lors en mission de recherche et de secours de naufragés. Une tempête de cette ampleur pouvait altérer les courants marins. Nous n’aurions pas de point de départ privilégie, il faudrait compter sur la chance … ou une connasse de fée

Chapitre Quatre vingt sixième

 

      Une paupière … lentement … doucement, puis une autre, tout aussi doucement.

      Du flou, beaucoup de flou. Des formes très vagues … un son … une voix … comme un coup de tonnerre un soir d’été trop chaud.

Témor

      « Ah elle se réveille la feignasse ! »

 

      Trop heureux de me voir parmi les vivants, il me gratifia d’une tape amicale. Toute aussi amicale fut la roulade que je fis sous la force du coup. Se retrouver à terre, emberlificoté dans ses draps, telle une chenille dans son cocon,

      On me ramassa rapidement, me mis dans mon lit de convalescence. Shattasman engueula Témor,  Spressensiedeustch virevoltait, bref j’étais en vie et tout était normal. Je me rendormis

      A mon troisième réveil, j’allais déjà mieux, je pu me sustenter, m’abreuver et assister à une discussion. Pour y participer il me faudrait encore trois ou quatre dodos. Surtout en prenant en compte que les participants à la conversation étaient une néréide, un krakan et une fée.

 

      « Qu’as-tu trouvé ? » s’empressa Shass. Elle n’eut comme réponse qu’un léger frémissement du sourcil droit.

      « Bien, nous attendrons que tu te remettes … enfin un peu plus »

 

Merci pour ta compassion.

La fée trépignait, du moins autant qu’une fée virevoltante pouvait le faire

 

      « Tu veux savoir comment on t’a retrouvé ? » demanda-t-elle

J’avoue que la curiosité commençait à gentiment me travailler.

 

      « Si elle insiste c’est que c’est un peu grâce à elle si tu es là ? » justifia Shass.

      « Un peu ? Seuls mes pouvoirs sur-pui-ssants nous ont permis de retrouver chat-minou »

 

Chat-minou ? C’est bien la peine de survivre à un naufrage pour entendre ça ! Déjà que le lire était pénible.

 

      « Tes pouvoirs surpuissants ? Tu veux qu’on fasse l’inventaire des sorts à la con que tu as lancé avant de le retrouver ? »

 

Un air de déjà vu, sortez le maïs soufflé, le spectacle commence.

 

      « En quoi ils ont pas été utiles mes squelettes sauveteurs ? »

Témor se marrait en quasi silence, ce qui, pour lui, représentait un exploit.

 

      « Utiles ? Ils ont joué aux osselets avec leurs phalanges et Témor a dû casser le naviculaire à l’un d’eux pour qu’ils se mettent au travail »

      « Ouais ben il avançait vachement moins bien du coup ! »

      « Fais pas semblant de savoir ce qu'est le naviculaire ! »

      « J'étais là ! Il lui a pété le pied ! »

      « Héhéhé pété le pied … » fit un Témor content

      « N’empêche qu’ils l’ont trouvé ! »

      « Rhooôo mais quelle mauvaise foi ! Tu omet deux trois détails ! »

      « Ah oui lesquels ? »

v« L’invocation d’un démon de boue qu’il a fallu meuler ! »

      « Héhéhé meuler … » fit un Témor enjoué

      « Et l'intoxication magique des chevaliers aux psilocybes ? Du coup hallucination et deux se sont mis à jouer à c'est moi le bidibule si je t attrape je t'encule en courant autour d'un arbre pendant vingt cinq putains de minutes ! »

      « Héhéhé encule … euh … » fit un Témor pas sûr de ce qu'il venait de dire.

      « Je savais même pas que c'était possible d'intoxiquer alimentairement quelqu'un par magie ! »

      « Bien la preuve que mes pouvoirs sont surpuissants ! »

      « Mais quelle mauvaise foi ! »

      « En plus il l'a jamais rattrapé ! Il était mauvais à son jeu »

      « Mais encore heureux qu'il l'a pas rattrapé ! Du coup tu devines » dit-elle , se retournant vers moi « les deux, au bout de vingt-cinq minutes, il se sont mis à vomir leurs 23 derniers repas »

      « T'es de mauvaise foi toi zossi, ils en avaient déjà digéré une quelques-uns de leurs repas, je dirait pas plus de 4 chacun »

      « Le solde, il l'ont payé en bile ! »

      « Ils ont failli repeindre mes grolles » se désola Témor.

      « Et heureusement qu'ils les ont raté, sinon tu aurait été capable de les meuler aussi, parti comme tu l'étais »

      « Bah oui ! Mes grolles … » Tenta-t-il de se justifier, l'air triste et penaud

 

 

      Et là je dois bien avouer, que je me demandais s'il n'étaient pas en train de jouer une pièce pour me divertir, me remonter le moral, mais non, l'index accusateur de Shass constamment pointé vers la fée donnait du crédit à leur histoire.

      C'est bien après quelques tentatives … exotiques … que deux squelettes furent invoqués pour me trouver. Guides de toute une petite troupe médusée de se voir conduire par deux trépassés dont un boiteux, immuablement menacé d'un gros marteau de Krakan.

      Ce fut le silence qui m'arracha à mon exercice d'imagination de l'épopée que cela dû représenter de me retrouver étendu entre deux rochers. De toute évidence on m'avait posé une question. A la tête ahurie de la néréide, je compris que la fée m'avais proposé ses services.

 

      « Tu veux que je te remette sur papettes alors ? » sur pieds bordel, sur pieds !

      Long « mais ... » de Shattasman

 

      Et gueule de terreur de ma part, je me mis à me débattre avec mes draps, à la fois pour m'échapper et me cacher, je la savais capable de balancer la totale œuf-jambon-fromage sans attendre de réponse de qui que ce soit et surtout pas de moi.

      Enfin, débattre, bien grand mot étant donné mes forces

 

      « Mais reposes ta bêtise trente secondes ! Tu vas nous l’achever. Ne lance aucun, aucun, j'ai bien dis AUCUN sort sur quiconque » s'interposa Shass. Merci Shass !

 

      La fée se mit à bouder et fit mine de quitter la pièce.

      Shass revint à moi, la colère passée, ou plutôt dépassée par sa curiosité

 

      « Alors tu as trouver quelque-chose ? »

 

      Elle dut croire que je m'étais remis le temps du spectacle.

 

Chapitre Quatre vingt septième

 

« Oui j'ai trouvé quelque-chose, plusieurs choses mêmes » lui répondis-je le surlendemain en lapant ma nourriture liquide. Oui je lapais alors, et au premier se faisant la réflexion que pour quelqu'un s'insurgeant souvent des termes animalier qui sont employer à mon égard, j'en viens assez vite à laper, je dirais simplement : Zut !

Déjà car je tente de faire retrouver à ce récit un tant soit peu de politesse et de tenue. Et ensuite car oui, j'ai une gueule de chat, oui je possède des griffes, certes montées sur des mains et pieds anthropomorphes, mais quand la colère des Muses s’abat sur moi, et que j'y survie par pur miracle et magie aléatoire , je renie assez facilement mon étiquette pour laper.

« Quoi donc ? » me recentra, sans le savoir, Shattasman

« Un elfe, un fou et un tonton immortel que tout le monde a oublié »

Je rentrai, dans les détails, au lent rythme que le permettait mon état. Tous furent attentifs, même Témor ne me coupa pas plus de huit ou neuf fois, pour poser des questions qui auraient trouvé réponses s'il ne m'avait pas interrompu.

« Bien » conlua Shattasman « Comment retrouver un homme, que tout le monde a oublié, et si nous le retrouvons, comment rester en sa présence plus de quelques secondes ? » Très bonnes questions, j'y avais songé moi aussi.

Je jetai une petite bourse, qui échoua misérablement au pied de mon lit. Témor ria :

« Un sac à couilles ! » tant pis pour la tenue du récit. Shass s'en empara et l'ouvrit

« C'est bien ce que je pense ? »

« Oui »

« Tu es un génie »

« J'ai mes moments. »

Ah oui j'ai oublié de vous dire que j'avais ramené un peu de terre d’Eschyle. Quel narrateur je serais si je ne faisais pas des effets de surprise à mon lectorat ? Oui cette question de l'oubli me tarauda après l'entrevue avec ce bon Ebehnezer Coppenham. Si les Muses laissaient les habitants d'Eschyle dans une relative et trompeuse tranquillité, si son sol repoussait la magie, y compris la leur, alors il me fallait voyager avec un échantillon de cette île.

« En revanche, fais en sorte de tenir cette bourse relativement éloignée de nous trois » me dit elle, me rejetant la bourse fermée »

Seul inconvénient, tous mes compagnons y étaient sensibles.

« Quoique si ça peut stopper Spressenzideutche ... »

Ne me tente pas Shass, ne me tente pas.

« Bon … du coup c'est quoi le plan ? » lui demandai-je, sûr qu'elle en aurait un bien établi.

« Bah, on souffle ta poussière à la gueule de la duduche, elle se souvient qu'elle a de la famille, on arrive, on lui parle, et on repart comme on est venu » s'interposa Témor.

« Hmmm, oui en gos c'est ça » confirma Témor.

Comme quoi j'arrive encore à être surpris.

« Un peu simple non ? »

« Bah en même temps, si tu vois autre chose … on va pas en faire une infusion de ta poussière » justifia Témor

Shattasman fit mine de l'interrompre, mais se ravisa. Quelque-chose me dit qu'elle nota l'idée pour s'en resservir au besoin.

« C'est que j'en ai pas pris des kilos de terre d'Eschyle »

« Grave erreur » me gronda Shass « déjà pour la fée ... »

« Attends, on ne sait pas si ça va fonctionner, qui nous dis que le pouvoir inhibiteur vient ou est contenu dans l'île et donc dans sa terre ? De plus sur les mages et les semi-élémentaires comme toi, Eschyle cause des nausées, des affaiblissement mais n’annule pas leurs pouvoirs. »

« Non mais ça les détériore fortement et tu as pu confirmer toit même que le pouvoirs des Muses était nul en Eschyle »

« Et ça ne coûte rien de tester, au ire ça ne marque pas » continua Témor

« Mais ça peut fonctionner » repris Shass « as tu remarqué que depuis que tu as quitté Eschyle, tu n'a toujours pas oublié cette histoire d'immortel ? »

« Elles me croient mort »

« Ce sont des divinités, elles doivent le savoir ! » martella-t-elle

« Donc elles jouent, c'est presque pire »

« De toutes façons, avec toi, il n'y a jamais de bonnes réponses. »

« Ni bonne questions » finit Témor

« Hein ? » général

« Non rien, je trouve que ça sonnait bien comme phrase »

« Ok … Super »

« Nous verrons la duchesse demain » conclut Shass

Ils quittèrent tous la pièce, au moment de refermer la pièce derrière elle, elle revint à moitié dans la chambre.

« As tu remarqué que tu ne t 'est pas insurgé lorsque j'ai soumis l'idée de me servir du contenu de ta bourse contre Spressenzideutche ? »

« Laisse moi dormir »

Elle s'exécuta

 

Chapitre Quatre vingt huitième

 

Le lendemain, j'étais à peu près remis. Pas de vomissements, juste des hauts le cœur, je marchais droit, j'étais juste exténué, une demi-heure après m'être levé.

Depuis mon « accident » de navigation, nous logions au château du duché. Mais nous n’échappâmes pas à la cérémonie du vestibule pour rencontrer notre hôte.

Attente silencieuse, rien à planifier ou à répéter, tout était clair et simple : parler, souffler, parler, partir.

Après une dizaine de minutes, juste assez pour revoir mes notes de ces derniers jours, on nous « invita » à entrer.

 

« Ah mes amis ! »

Amis ??

« Je vois que notre ami Félis va bien mieux »

Ami ??

« Et qu'il aurait des informations. Informations de haute importance si on en crois la rumeur selon laquelle son bateau se serait échoué en raison de ces informations.

 

Ok choupette, ne commence pas à, jouer, c'est inutile, on va tout te dire, on est venu pour ça.

Shattasman avait pourtant envie de se faire une petite partie, pour la déconne.

« La rumeur … enfant de la vérité et du mensonge » commença-t-elle

« Ici tient-elle plus de sa mère ou de son père ? » répondit une duchesse sourire aux lèvres.

« Dans notre cas, oui notre ami Félis à des informations à partager, mais... »

« Partageons les alors » les interrompis-je. J'en avais déjà assez de les voir se taquiner mutuellement. Ma tête s’alourdissait de minute en minute, je n'avais pas besoin qu'elles en rajoutent.

Je lui déballait la totale, moins Seril et l'enfant. Et contre toute attente elle devint rouge … cramoisie (?) et se mit à hurler.

« Je n'ai pas d'oncle. Stoppez ce blasphème envers ma personne céans !»

Blasphème ??

« Pardonnez moi duchesse, mais pourquoi vous mettre en un tel état ? Est ce si grave d'avoir un oncle ? » tentai-je de la calmer.

« Une coutume locale ? » essaya Témor

« Gardes ! A moi ma garde » cria-t-elle

Shattasman l'ignora superbement « Non, un blocage qui se déverrouille, tu voulais un acte des muses ? En voilà un. »

«Que ? »

« Un lavage de cerveau. Plus de questions. Agis ! »

« Je gère l'entrée» fit en réponse Témor, qui sorti de la pièce pour occuper le vestibule. Quant à moi, Shass eu à peine le temps de finir sa phrase que ma bourse était déjà sortie, ouverte et un peu de poussière jetée au visage de la noblesse locale.

« Vous ajoutez le crime de lèse majesté. »

« Ce n'est pas que pour les souverains, le crime de lèse majesté ? » m'enquis-je

« Tout dépend des textes de lois, sa famille peut aussi être considérée comme souveraine, tout dépend des titres des autres membres. » Shass, son explication finie se retourna vers la duchesse qui se mis à éternuer. Dans le vestibule ça chahutait gentiment.

« Par exemple, votre oncle, lui aussi doit avoir un titre, duc peut être ? »

« je n'ai … pas … d'oncle … duc … il est … vicomte. »

« Ah le jeu des alliances » commenta Shass « et où réside-t-il ? »

« Je, il, j'ai un oncle ? » déboussolée la pauvre petite « je l'avais … oublié ? »

« Ouais bah enchaîne, on a pas une charrette de poussière, et les renforts vont pas tarder à arriver » la motiva Témor qui, de toute évidence, avait fini de chahuter ses petits camarades de jeu.

« Il réside dans sa demeure ancestrale, un château en ruine au nord, à un demi journée de voyage. »

« Et voilà ! Nous on va y aller, toi te paupières sont lourdes, lourdes. Je vais compter jusqu'à trois. A trois, tu t'endormiras et à ton réveil tu auras tout oublié.

 

Nous regardâmes tous Témor, médusés … y compris la duchesse.

 

« Quoi ? Oh vous avez pas d'humour »

 

Chapitre Quatre vingt neuvième

Chacun se prépara pour le départ et le petit bout de chemin à parcourir. Shattasman fouilla la bibliothèque personnelle de la duchesse, les bureaux et secrétaires pour trouver l'emplacement à peu près exact du château en question.

Spressenzideutche virevoltait, moi je finissais de me reposer et Témor affûtait sa masse familiale. Oui je sais, ça n'a pas de sens, mais allez lui dire …

La duchesse toujours sous le choc, personne ne pensa à nous faire « accompagner » et Shattasman ayant trouvé une référence dans un ouvrage ancien, nous partîmes à peu près surs du chemin.

Une demi-journée de voyage, une demi journée silencieuse avec juste les sons d'une vallée bordée de bois. Un temps de saison, pas de tempête à l'horizon. Pas d'Amalgame en embuscade ni d'elfes noirs nous tendant des pièges. Et une ruine en vue.

Mais une vraie ruine, murs éventres, point-levis à moitié détruit, douves vidées, végétation laissée libre de croître comme bon lui semble. Un parfait refuge à animaux du voisinage.

Je fis la réflexion à mes compagnons :

« Mais c'est abandonné depuis combien de temps ? » Shass tenta de me répondre

« A vue de nez ... » Témor s’intéressa à la question

« Ouais ? »

« Bien trop longtemps » finit-elle par répondre, Spressenzideutche s'y mis aussi

« Et lui, il a quel âge du coup ? »

« Ebé l'a appelé l'immortel, donc techniquement ... »

« Du coup la duchesse, elle a quel âge si c'est son oncle ? » demanda Témor

« Ça peut être un abus de langage et il peut s'agir de son arrière, arrière … arrière … arrière grand oncle » répondit Shass en détaillant le décor pour tenter d'y trouver un signe justifiant l'âge du supposé propriétaire.

« Pas de date de construction dans les références que tu as trouvé ? Pas d'arbre généalogique ? » lui demandai-je

« Non »

 

Un peu impressionnés, il faut bien l'avouer, nous regardâmes partout détaillant la moindre pierre, la moindre liane.

 

« Par où commençons nous ? » demandai-je

« Le donjon me semble des plus appropriés, dans ce genre de construction il s'agit du dernier refuge » me répondit Shass

 

En progressant dans le donjon, je me fis la réflexion que que les tombeaux, que nous avions visités étaient moins dangereux. Tout menaçait de nous tomber dessus. Nous même étions sous la menace de changer d'étage de manière trop rapide et trop violente au goût de nos squelettes. Les pierres étaient descellées, la végétation avait, bien évidemment, envahi l'intérieur et la poussière aurait tué un asthmatique en moins de temps qu'il n'aurait fallu à un bègue de dire :zip. En fait, à bien y réfléchir, le château était très semblable aux tombeaux visités.

« Il doit être canné le vioque » prophétisa Témor

« Hmmm » de votre serviteur et narrateur

« Bah si, parce que, vu l'état de la casbah, jamais il sort de chez lui »

« Il n'en a peut être pas besoin » lui rétorquai-je

« Et il fait comment pour faire les commissions et se nourrir ? »

« Les commissions ? »

« bah ouais, faut bien manger »

« Non mais c'est le terme commissions, je trouve ça tellement désuet comme mot. »

« Bah moi c'est désuet que je trouve ... »

« Oui ? »

« … désuet »

« ... »

« Il est immortel parait-il. Il n'a peut être pas besoin de se sustenter » lui expliqua Shattasman

« Sustenter ... » répondit-il

« Désuet ? » tentai-je

« Comme désuet. »

 

Nous visâmes directement la supposée salle de retraite, et pour une fois, nous visâmes juste.

Nous découvrîmes une salle de taille honorable, au bout de laquelle était posé un trône de pierre, sur lequel siégeait le cadavre d'un vieillard. Cadavre fort bien conservé.

Nous nous rapprocha^mes doucement, silencieusement, par respect, par pudeur et par peur des pièges.

 

« Bien conservé non ? » oui j'aime répéter les évidences

« Il vient peut être de mourir » tenta Témor

« Ça serait pas de bol » lui dis-je

« Surtout pour un immortel » fit Shass

« Il a peut être pas pu faire ses commissions à temps, et est mort … de ne pouvoir … se sustenter. »

« Je ne suis pas mort »

« Oh putain !!! »

 

Trois bons en arrière et une fée qui part en looping

 

« Non mais ça va pas de nous faire des frayeurs comme ça ? » l'engueulai-je

« Z'aviez qu'a vous annoncer, on entre pas chez les gens comme ça. » me répondit-il, levant lentement les paupières.

« En même temps, il n'y a pas de valets, ni même de portes auxquelles frapper, elles sont toutes moisies et dégondées » me justifiai-je

« C'est difficile de trouver de la main d’œuvre par les temps qui courent, et puis rien ne presse. » dit-il

« C'est sur qu'un immortel ça a le temps de voir venir »

 

Shattasman Round 1

 

« Seul, quand tout le monde vous a oublié, l’éternité est bien ennuyante. »

 

Fin de partie

 

Témor : Oublié qui ?

L'oncle : Moi !

Spressenzideutche : Qui vous ?

Shattasman : lui

Moi : Qui lui ? Témor ?

Shattasman : Non , l'hominem dans le trône

Moi : Ah putain, je l'avais pas vu

Spressenzideutche : ben il est là pourtant

Moi : Pourquoi tu as demandé qui alors ?

Spressenzideutche : qui ?

Témor : Toi

Spressenzideutche : Mais toi aussi

Témor : Qui ?

Shattasman : Toi

Moi : Mais vous êtes qui ?

Spressenzideutche : Qui ?

Moi : Mais vous !

Shattasman : C'est nous, Shattasman, … machin … et … truc

Moi : Chatte à quoi ?

Shattasman : Non je ne suis pas Félis

Spressenzideutche : Il a du s'en rendre compte non ?

Shattasman : Qui ?

Témor : Lui

Moi : Moi

Shattasman : Mais de quoi ?

Témor : Que tu n'étais pas Félis

Shattasman : Mais je le sais bien, je suis néréide ! Pourquoi dites vous ça Krakan ?

Spressenzideutche : Mais qui êtes vous ?

Shattasman : Qui ?

Spressenzideutche : Mais vous-aussi

Moi : Ben Reî … truc … et bidule

L'oncle :Ah l'oubli est toujours aussi divertissant, je me demande si elles font cela pour me divertir, ou si ça prends toujours cette forme.

Lui : Ah putain c'est qui lui ?

L'autre lui : Qui ?

Lui : Vous 

Elle : Il est là depuis le début

Moi : Non

L'autre elle : Si

Moi : Mais tu es qui toi ?

L'autre elle : Bah moi !

Moi : Non ça c'est moi, toi tu es … elle

Elle : Non ça aussi c'est moi

Moi : Mais toujours pas.

L'autre lui : Pour elle tu es lui, pas moi

Lui : Hého, on m'exclus pas, lui c'est pas lui c'est moi

L'autre lui : Oui c'est que je dis, pour elle, il es lui pas moi et pas vous non plus

Nous : Nous ?

L'autre lui : Vous !

Moi : Poudre

Lui:Quoi ?

L'autre elle : Qui ?

Elle : Comment ?

L'autre lui : A ce rythme là, dans trente secondes vous aurez quitter le château sans vous souvenir de qui je suis et de qui vous êtes

Lui : Ah putain c'est qui lui ?

Elle : Toi apparemment !

L'autre elle : Vous êtes là depuis le début ?

Moi : Poudre

 

Je mis la main à ma bourse, la tritura oubliant par deux fois ce que je voulais en faire. Je finis pas l'ouvrir, la refermer, l'ouvrir, et en saupoudrer le contenu entre les différents débatteurs.

L'effet fut quasi immédiat, une vague d'éternuement

« Tu as voulu m'étouffer Reï » cria Spressenzideutche

« Bien on va mieux, mais on a peu de temps, alors faisons court. Cher monsieur, vous avez des choses à nous apprendre concernant un ordre de chevaliers, nous avons visité quelques tombeaux très anciens, et avons beaucoup de questions. Nos recherches ont, semble-t-il attiré le regard plus qu'appuyé des muses. »

Le vieillard compris vite la situation, son œil s'alluma d'un éclat d'espoir.

« Je ne peux trop vous en ire, en raison du temps qui nous est imparti, mais vous trouverez toutes vos réponses en notre cathédrale. »

« Cathédrale » nota Shattasman

« Oui, je suis le dernier membre de l'ordre. Ces tombeaux ont été construits en l'honneur et la mémoire de nos plus valeurs chefs. Mais il existe un lieu, un dernier tombeau , siège de notre confrérie. Si vous désirez trouver vos réponses il vous faut y aller. Mais le danger vous y guettera »

Le vicomte nous abreuva de détails, surtout géographiques, dans le peu de temps qui nous était imparti, renouvela ses mises en gardes et finit par un

« De toutes façons, vous n'avez plus trop le choix maintenant, il vous faut achever ce que vous avez commencé » des plus énigmatiques.

 

Chapitre Quatre vingt dixième

 

Sans encombre fut le retour, j’en profitai pour noter tout ce que nous savions ou croyons savoir en quadruple, quintuple exemplaire de peur de l’oublier. Ce qui permit aussi de me poser un certain nombre de questions sur l’omnipotence et l’omniscience de nos divinités.

Pourquoi nous laisser ainsi continuer ?

Serions-nous insignifiants ?

Notre quête serait-elle insignifiante ?

N’auraient-elles pas la possibilité de nous stopper ?

Et si c’était le cas, pourquoi ne pas nous renvoyer Amalgame ?

Lui au moins a les moyens de nous tuer !

 

Toute notre société est basée sur leur hégémonie, hégémonie basée elle-même sur la peur de leurs pouvoirs et de l’oubli. Si elles ne jouent pas avec nous et qu’elles n’ont pas réellement les moyens de nous stopper, notre monde pourrait connaître une réelle révolution.

J’ai eu l’occasion d’en discuter avec Shattasman. Si cette possibilité se confirmait, un certain nombre d’événements se succéderaient immanquablement d’après elle.

Premièrement quelle que soit la vérité, les muses auront toujours des fervents acharnés, des dévots et prélats prêchant la bonne parole et refusant de lâcher leur pouvoir sur les âmes fragiles. Une guerre civile serait inévitable dans chaque contré de ce monde. Hormis peut être chez les hauts elfes, trop dévots et les elfes noirs, trop heureux de pouvoir suivre leur matriarche et elle seule. Mais partout ailleurs, y compris dans les Faéries, le peuple trop longtemps opprimé se révolterait contre les pieux. Les mortels ayant besoin de croire, de fausses divinités apparaîtraient, et beaucoup de cultes païens pourraient se rapprocher des cultes de Dionysos ou Hypnos et Thanos.

Mais il est vrai qu’en écrivant « opprimé » je vais peut-être un peu loin. Chaque Muse a sa zone de prédilection et sa personnalité propre et Les politiques des sœurs laissent entrevoir une différence de traitement.

Ainsi si comme la plupart de ses sœurs, Clio n'a pas de problèmes avec ses ouailles il en est autrement des êtres qui voyagent sur ses terres et surtout sur ses mers. Les frontières maritimes sont mal maîtrisées par les mortels, et Clio est particulièrement exigeante sur la pratique de l'histoire, pour que les hommes n'oublient plus jamais ce qu'ils ont été amenés à faire, ou les divinités existantes ou ayant existé. Tout navire ne pratiquant pas une réflexion sur le passé ou l'histoire en général n'a que peu de chances de retrouver son port d'attache. Bien des malheureux ne savaient même pas qu'ils se trouvaient sur son territoire. Il est depuis de nombreuses années, de coutumes d'emmener un conteur en mer, pour contenter la muse de l'histoire.

Elle se retrouve avec Euterpe, Terpsichore et Uranie. Cette dernière, muse de l'astronomie semble être la plus extrême puisque ses dévots militent pour un hommage quotidien à l'ensemble des Muses et donc de la pratique de leur art.

En revanche Polymnie et Melponmène semblent les plus détachées, n'accordant que très peu de leur temps aux mortels que nous sommes. Calliope fait preuve d'un amour certain pour ses brebis. Il faut dire que son territoire est habité par des elfes qui sont peu enclins à ne pas rendre un hommage conséquent à leur Muse de tutelle. Enfin, on dit de Erato qu'elle fait preuve d'un amour sans borne pour les mortels, ce qui en ferait l'exact opposé de Uranie. Poésie lyrique contre astronomie …

Et puis il y a Thalie, l'inclassable Thalie, la joyeuse, la florissante Thalie, la schizophrène Muse de la comédie, comme certains blasphémateurs, dont je ne fais pas partie, osent la nommer. Capable d'intervenir pour la défense d'un immonde pécheur, comme pour l'accusation d'un vertueux victime de rumeurs.

 

Et puis deuxièmement, comme nous l’avons évoqué dans un chapitre précédent, le vingt-neuvième pour être précis, la guerre entre les elfes, hauts et noirs, ne voit une trêve qu’en raison des Muses. L’annonce de leur relative omnipotence, si tant est qu’elle soit vérifiée, entraînerait inévitablement une reprise du conflit armé. Il va sans dire qu’un tel conflit ne saurait voir de vainqueur pour paraphrasé Shattasman

Pour l’instant nous étions bien plus préoccupés par la suite de nos aventures et de notre trajet. Car oui le fameux tonton nous avait bien expliqué la suite, et sûrement fin.

Le désert du nord de Polymedargos devrait être notre destination. Or ce fameux désert est le fief des fières putes … pardon … amazones. Oui celles-là même qui transforment mes congénères en descentes de lit. Il parait que les nuits sont fraîches dans le désert … salopes.

Seule consolation, du mois pour Témor, cela nous permettrait d’envisager de recroiser la quête du mystérieux collectionneur que nous avions, pour le coup, totalement délaissée. J’espère que la patiente fait partie de ses qualités, ou qu’il a proposé sa mission à d’autres sinon …

J’en ai profité pour retrouver sa liste de commissions. Plutôt que la diversification il aurait pu opter pour la spécialisation, car pour rappel il demandait ni plus ni moins que cambrioler la maison Lalith et s’aventurer en territoire amazone, ce qui ne saurait être une partie de plaisir, même pour des non Félis. Pour l’amulette de chance, nous l’avions récupérer lors du tournoi de Thucydide comme vous vous en souvenez sûrement (au pire c’est autour du quarantième chapitre)

La bonne nouvelle dans tout ça, était que la cathédrale de l’ordre devait être dans un état de ruine, semblable aux autres tombeaux et que nombre de pièges se seraient désamorcés d’eux-mêmes.

Sur le reste tonton, comme l’appelait Témor, était resté vague, prétextant son grand âge, que nous ne connaissons toujours pas. Shass n’en était pas dupe, personnellement je me posais encore des questions.

Pas de réponses sur les raisons de son oubli et de l’intérêt des Muses pour sa personne, ni sur sa prétendue immortalité. Et encore moins sur l’éventuelle acquisition de celle-ci

Il avait, soit disant, oublié

Pourquoi pas …

Le vicomte Alexander Zeihmer nous envoyait peut-être à notre mort.

 

 

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