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Chapitre Quarante et Unième

 

    « Et des participants il en reste quelques-uns » analysa Shattasman, une fois de retour dans notre chambre d'auberge.
    « Témor et moi-même. » commençais-je.
    « Et le groupe de la ballerine » compléta Témor sans pouvoir effacer un sourire d’enfant qu’on vient d’ensevelir sous un monceau de cadeaux.
    « Et d’autres, pour avoir vu l’intégralité des combats il faudra aussi compter sur une gorgone… »
    « Parfait, elle va tous nous changer en pierre si par miracle nous sommes toujours en vie » pessimistais-je
    « … ainsi qu’un humain, à priori mage, un second plus porté sur les lames et les coupes de cheveux expérimentales, une amazone …
    « Parfait, elle.. »
    « Tais-toi » me coupa-t-elle sèchement
 
Je me tus
 
    « … et une Félis. »
 
Je ne me tus plus
 
    « Une Félis ???? »
    « Oui tu ne l’a pas croisée dans les vestiaires en attendant ton combat ?»
    « On était séparés, surement pour éviter qu’on se rentre dedans » expliqua Témor, me permettant ainsi de rester dans mon étonnement, ma stupéfaction.
    « Mais … »
    « Je croyais que vous étiez une petite communauté » interrogea Shattasman
    « Mais … »
    « Et que c’était super rare que vous sortiez de vos grottes » enchéris Témor
    « Mais … »
    « Et que vous vous connaissiez tous » surenchéris Spressensie
    « Mais moi aussi !!! »
    « !? … ! » Firent-ils eux aussi
    « A ma connaissance nous n’avons qu’une seule tribu. Soit elle a quitté la grotte il y a de nombreuses années et personne n’en a jamais parlé, soit »
    « Soit il existe une autre tribu » me coupa encore une fois la néréide.
    « Je pense qu’on le saurais » rétorquais-je
    « Ah bon ? Vous sortez jamais de votre grotte, avez peur que le moindre péon vous attrape et vous attache à un bûcher en place publique, alors niveau exploration je pense que vous accumulez quelques lacunes »
    « Pour une fois ton raisonnement part sur une base erronée si tu me permets » lui répondis-je en m’installant sur ma chaise dans une position de tribun polémiste s’apprêtant à débattre avec force et conviction.
    « Je te permets » me lança-t-elle, attrapant son carnet de notes prête elle aussi à argumenter et à noter. Pour la première fois depuis notre rencontre je la sentais « heureuse » (?)
    « Un peuple, du moins c’est ce que nous apprends l’histoire du monde, est à la base un petit groupe qui grandis, évolue, migre, se retrouve, se combat, se fédère » elle comprenait parfaitement et notait avec grand intérêt le moindre de mes mots
    « Et donc il existe maintenant quatre possibilités 

1.    Elle a fui votre grotte il y a des années et on la croit morte
2.    C’est une bannie
3.    Il y a eu une migration d’une partie de votre peuple. Migration jamais tracée dans vos écrits
4.    Vous êtes le premier peuple à génération spontanée

    « Dans tous les cas ce n’a pas été tracé et c’est donc très intéressant historiquement parlant »
    « Et le fait que ça soit une gonz rend le truc encore plus intéressant » intervint Témor.
    « Et le fait que ça soit une gonz rend … hein ? Mais non voyons ! » M’insurgeais-je
    « L’humain à la coupe de cheveux expérimentale, c’était bien une sorte de crête rouge qu’il avait ? » interrompit la fée.
    « On s’en fout un peu non ? » usant du ton outré de celui qu’on dérange avec des futilités
    « Ouaip » répondis Témor en se rapprochant de la fenêtre « Sauf si on prend en compte que le même gars est devant notre auberge avec des potes à lui »
    « Coïnci … »
    « Les coïncidences n’existent pas » me coupa ENCORE UNE FOIS Shattasman
 
    Témor pris sa masse, moi mes lames et la fée de la hauteur.
 
    « On ne sur réagirait pas un peu ? » m’inquiétais-je
    « Les coïncidences n’existent pas » entonnèrent mes 3 compagnons
    « Mais pourquoi ? »
    « Tu sais quoi ? » commença un Témor passablement énervé « Tu leur demandera quand on aura fini »
    « Ok, mais juste un truc alors, la fée ne lance pas de sorts » négociais-je
    « C’est pas juste ! » s’indigna-t-elle « C’est toujours les mêmes qui ont droit de s’amuser »
 
    A la différence de mes compagnons, je n’ai pas de goût particulier pour la violence. Vous avez surement deviné à la lecture de mes aventures, jusqu'à ce moment, que je tente d’éviter les affrontements le plus possible. Qu’ils soient physiques ou verbaux je les trouve contre productifs et barbares. Il me faut souvent me mettre en condition avant de pouvoir me résoudre à combattre, ce qui peut prendre un certain temps.
 
    En revanche lorsque je suis en condition je fais preuve d’autant d’aplomb que mes féroces compagnons. Mais apparemment beaucoup moins que l’humain qui venait nous chercher querelle. Car bien que préparé à combattre, en attendant fermement que ses compagnons et lui-même approchent de notre porte, je fus déboussolé de voir celui-ci simplement et bêtement défoncer notre porte et crier A MOOOOOOORT ! La bave aux lèvres en brandissant une masse de la main gauche et une hache de la droite.
 
    Même Témor fut interloqué de tant de culot et j’eus le temps de voir un sourire sur son visage avant de le voir frapper de sa masse l’impudent comme un bûcheron attaquerait un sapin à la hache.
 
    L’effet fut immédiat, l’agresseur se retrouva projeté sur ses alliés. Témor se projeta littéralement hors de la chambre avec une rapidité que je ne lui connaissais pas et écrasa sa lourde masse à quelques centimètres de l’entrejambe de l’autre baltringue.
 
    Oui baltringue, car comment nommer autrement un type qui vous attaque de front, se prend une rouste, voit ses alliés se ramasser comme ils peuvent pour, apparemment, découvrir la nature des « cibles », fuir en tentant de passer à quatre de front dans un escalier en bois que même moi je trouve étroit ? Puis se relever avec au moins quatre côtes cassées pour repartir à l’assaut, … seul.
 
    « Vous allez creuver ! » oui oui creUver, je retranscris tel quel.
    « Déjà à cinq avec votre discrétion valant la mienne c’était pas gagné, mais là, seul dans ton état c’est du suicide bonhomme » analysa finement Témor.
    « J’ma fous, pa mo’iain qué chvous laisse geugner demain bande d’enflure. »
    « ? »
    « Chankun pour soa faut pas sfout ma gueule, z’allez faire ékip comme zot enfoiros avé l’géant »
    « Et donc tu t’es dit que tu allais nous faire notre sort pour augmenter tes chances de victoires » lui demanda de manière très rhétorique, je dois bien l’admettre, Shattasman.
 
    En seule réponse, l’humain tenta d’écraser la fée de sa masse, comme un vulgaire insecte, mais son coup trop prévisible ne rencontra que le mur, qui s’enfonça comme une meringue qu’on effrite, emprisonnant par là même l’arme de notre ennemi. Puis ce que je redoutais arriva, la fée continua son mouvement de recul et, par réflexe fit appel à sa magie.
 
    Je suppose que vous avez déjà vu un ballon d’air, ceux que l’on offre aux enfants lors des kermesses, se dégonfler à toute vitesse lorsqu’ils sont légèrement percés. L’humain était un ballon, il vola dans le couloir en poussant un cri très aigu de peur, continua sa course folle dans la pièce principale de l’auberge, passant et repassant au-dessus des tables, les clients se jetant dessous. La porte de l’auberge s’ouvrit seule (!) et le projectile atterris dans l’abreuvoir des montures.
 
    « On le fouille des fois qu’il ait l’amulette ? »
    « … » de moi-même
    « … » de Shattasman
    « Ouais, ok je vois ce que vous voulez dire, vu son numéro y a peu de chances que ce soit lui le proprio.
    « Voilà ! » collégial.
    « Y a plus qu’à aller se coucher, demain on devient champion du monde » conclu-t-il

 

Chapitre Quarante deuxième

 

    Rei m'a à nouveau confié son livre. Non sans avoir passé quinze bonnes minutes, à l'auberge, à me rabâcher de ne pas prendre son ouvrage comme brouillon, puis durant tout le trajet, par intermittence entre deux monologues sur la fin de vie prématurée qu'il allait connaître. Encore dix de plus au moment de me lâcher son précieux, en me faisant promettre de ne pas le laisser à la fée.
    Donc soyons factuelle sans pour autant être analytique : le combat qui va se dérouler va, ainsi, être un « chacun pour soi », ce qui me paraît très intéressant, étant donné que sur tous les participants nous pouvons déjà discerner un doublon avec Témor et Rei, une triplette avec le nain, le géant et l'elfe et deux autres, solitaires eux, qui, si ils ont pour deux muses de bronze de bon sens, éviteront de se combattre l'un l'autre.
    Mais j'écris, j'écris et les combattants rentrent dans l'arène, tous ensembles, de l'unique entrée, permettant ainsi au géant et à Témor de ne pas se lâcher du regard tout en se souriant. Le genre de sourire que le chasseur a lorsque sa proie s’apprête à être … « attrapée »
    L'annonceur présente les combattants.

    Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, l'heure est venue d'assister à la finale du tournoi mondiale. Venant de Sophocle, versé dans les arcanes divines, le grand mage Illibili. Arrivant de Plutarque, mesurant près de 3m15 pour 290 kg oui vous ne rêvez pas il s'agit bien du géant Minibus !
    Originaire de la cité elfique de Myron, le splendide archer elfe sylvain Fleurdanus. Débarquant tout droit de l'île de Phidias le Félis Rei. A ses côtés, mesurant 2m10 pour 160 Kg le nomade Krakan Témor Babar !

    La foule exultant à chacun des noms, comme si elle connaissait les combattants de longue date. Supporteurs de la dernière heure, ils oublieraient bien vite leur favori dans quelques heures.

    Félis elle-aussi, mais venant du mont Pinde : Kimy. Il nous vient d’Ictinos, 1m38 pour 85 kg : le nain Dragibus. Et enfin venant des terribles îles Polyclète, Cassy la Gorgone !
    Combattants ! Présentez vos honneurs au souverain de notre cité et du royaume des Hommes : Ulysseus
       
    Présentation des combattants au roi, poings portés au cœur, signes de têtes. Mais où est l'amazone ?

      Combattants, préparez-vous, le combat sera lancé au gong !

    En un grand cercle, de manière à tous s'observer : Témor n'ayant d'yeux que pour le géant qui semble s'en amuser. Et Rei pour sa congénère, mais sans aucun doute pour d'autres motifs 

    Et le gong retentit.

    La phase d’observation continue. L'elfe, Fleurdanus (!), l'arc en main mais flèches dans le carquois. Le nain jouant avec sa hache double, comme une majorette à l’échauffement.
    La tension monte, proportionnellement à mon étonnement de ne pas voir Témor charger comme un taureau.
    C'est l'elfe qui prend l'initiative, décochant 2 flèches avec une rapidité frisant celle d'Hermès, visant la Félis. Celle-ci avec une rapidité égale les esquive, elles auraient emporté sa gueule de chat le cas échéant. Le trio voudrait-il éliminer les solitaires pour éviter ainsi une alliance temporaire ?
    Quoiqu'il en soit les hostilités sont lancées, Témor se jette sur le géant, tentant de lui écraser les pieds à l'aide de sa masse familiale.
    Le nain de son côté a décidé de s'en prendre au mage tandis que Rei se rapproche de sa congénère. Entre les cris de la foule et le bruit de la mêlée je ne peux entendre, mais il semblerait bien que notre chat tente de discuter avec elle.
    Après tout, moi aussi j'ai des talents cachés utilisons les.

    Il semblerait que chaton ai oublié la raison de sa présence puisqu'il tente de lui soutirer son curriculum. Pour seule réponse il se prend un coup de pied retourné dans les gencives. « Elle a du tempérament la petite » me susurre la fée.
    Pendant ce temps le nain parait avoir toutes les peines du monde à approcher en raison des lances flammes que mage semble avoir à la place des mains.
    Rei a enfin décidé d'agir et dans le bon sens, même si je me doute que ses raisons soient mauvaises. Il lutte contre l'elfe, aidé de l'autre Félis, Kimy si j'en crois l'annonceur et ce que j'ai moi-même écrit quelques lignes plus tôt.
    L'elfe (je me refuse à écrire son nom une fois de plus) tire plus vite que son ombre et les chats n'ont, malgré leur propre vélocité, pas le temps de faire 2m, qu'une nouvelle volée les oblige à s'abriter ou à esquiver.

    Mais le public hurle ! Il a eu sa ration de sang ? Le nain a réussi, au prix de sa pilosité, à approcher du mage et à le décapiter d'un coup propre et sec. Il semblerait que Illibili (rendons une dernière fois hommage à son nom) ai été un peu confiant en pensant que l'idée de perdre barbe et cheveux empêcherait le nain de l'approcher. Pour tout vous avouer je me serais rangée de l'avis du défunt mage.

    Pardonne-moi Rei, mais je me dois de faire un aparté pour noter une idée soudaine. De même qu'imaginer un nain se lancer dans une action qui aurait pour résultat certain la perte de sa Ô combien précieuse pilosité, peut paraître la plus grosse absurdité qu'il puisse exister. Il n'en est pas moins absurde de voir un elfe, un nain et un géant faire équipe. Et porter des pseudonymes thématiques.
    Ces êtres sont de dangereux prédateurs, apatrides, exilés (?), il n'est plus temps de prier pour la victoire de nos amis mais bien pour leur survie.

    Mais je me rends seulement compte que j'ai oublié une combattante, la gorgone, ou méduse. Pour ma défense, elle se cache entre les pylônes disposés dans l'arène. Se glisse de manière à toujours rester dans l'ombre, attendant le meilleur moment pour frapper. Tous les peuples ont toujours cherché à les massacrer, véritables monstres d'aspect, les jeunes aventuriers pensent prouver leur bravoure en ramenant leurs têtes. Mais ce que peu savent c'est que les gorgones sont aussi une nation et qu'à ce titre elles sont organisées et civilisées. Organisées mais agressives et asociales, tuant tout être débarquant sur leur île sans autorisation préalable.

    (Désolée Rei pour cette nouvelle parenthèse mais elle était nécessaire il me semble)

    Et donc te voilà cher Rei, au corps à corps avec l'elfe et Kimy, tu lui fais confiance, comment une félis pourrais trahir un félis ? Mais n'oublie pas à ce combat il ne peut y avoir qu'un gagnant.
    Les coups s’enchaînent à toute vitesse, tu vise tête, torse, bras, puis à nouveau tête, il évite, esquive, pare avec son arc. Attention ton archer est mortellement dangereux. Lorsqu'un elfe utilise un arc pour se battre au corps à corps … et avec succès en plus …
    Ô certes Kimy vise, elle, les jambes, la stratégie est habile. Mais votre adversaire ne s'en laisse pas compter.
    Le public crie encore. Ce combat comble le manque généré par l'absence toute relative de sang des premiers tours.
    Le géant s'est servi plusieurs fois de Témor comme balle, et l'a projeté au moins à deux reprises dans un de ces fameux pylônes. La gorgone aurait pu en profiter pour mettre notre ami hors combat mais elle semble attendre une opportunité pour se débarrasser des véritables menaces.
    Témor se relève, encore, et court vers son ennemi, ce dernier arme son immense gourdin, sûrement pour tenter de décapiter le Krakan. Mais celui-ci, dans une manœuvre qu'il me semble avoir déjà vu tenter, se jette en glissade sous le géant pour lui asséner un coup, tellement vicieux et bas, que la foule en délire se tait laissant les hurlements du géant s'exprimer à plein volume.

    Je scrute ses alliés, le nain a aperçu la gorgone, l'elfe exécute un parfait salto arrière, prends une flèche et vise … Témor, au même endroit. Double hurlement masculin que l'on vient d’émasculer.
    Dans le même mouvement le nain à décapité pour la seconde fois. La gorgone ne rentrera pas sur son île.
    
    Ô rei comme tu es naïf, ta semblable à tes côtés, les yeux rivés sur Témor et l'elfe, tu n'as pas vu le coup venir, et te voici inconscient, trahi par une des tiennes. Face à ses deux ennemis, elle … dépose les armes et se rend. Elle t'a sûrement sauvé la vie. L'elfe et le nain se regardent et comptent leurs victimes, deux têtes d'un côté, une paire de … de l'autre : l'elfe abandonne lui aussi, laissant son équipier gagner le tournoi.

 

Chapitre Quarante troisième

 

 

    D'après ce que nous en savons, les méduses étaient déjà, en ces temps immémoriaux,  pourchassées par des guerriers, questeurs et chasseurs. De par leur réputation et physique de monstres, certains hommes se sont fait un devoir de les chasser, soit par le challenge que cela représentait, soit par conviction fanatique  et religieuse.


    Retranchées sur leur île, elles accumulèrent une haine vis à vis de tout ce qui représentait la joie, la beauté, l'amitié et l'amour. C'est ainsi qu'elles maudirent Vénus, personnification de tout ce qu'elles rejetaient, de tout ce qui leur était refusé, de ce pourquoi elles étaient chassées.


    Elles décidèrent alors de se venger. Elles réunirent leur plus valeureuses guerrières, et organisèrent une expédition punitive dans la demeure de la déesse, en vue d'enlaidir définitivement l'inspiratrice des plus beaux poèmes. Ce qui devait être qu'une vengeance, cruelle certes, mais non mortelle se transforma vite en combat sans merci, causant de nombreuses victimes dans les rangs des Méduses. Mais la déesse n'étant pas une guerrière, finit par être vaincue. Sous le coup de la colère et de l'emportement, les méduses achevèrent Vénus.


    Pendant une courte période, suivant ce déicide, les hommes ne goûtèrent plus aux joies et peines de l'amour et tout ce qu'ils voyaient ou entendaient leur paraissaient bien fade.

 


Chapitre Quarante quatrième

 

 

 

    J'ai le goût de l'amertume dans la bouche. Je ne saurais le définir exactement, mais telle une drogue, quand on l'a ingurgité elle monte au cerveau et l'empoisonne. J'ai passé en revue le spectre des émotions négatives au cours de cette journée : désespoir, peur, orgueil, renoncement, fatalisme. La seule lueur d'espoir était en réalité un brasier dont l'étouffement m'a consumé.
    Le désespoir de l'inscription à ce tournoi pour suicidaire sociopathe.
    La peur de mourir.
    L'orgueil de la victoire.
    Le renoncement et le fatalisme à l'approche d'une mort certaine.
    Mais l'espoir en voyant Kate. 
    L'anticipation d'une discussion amenant réponses et perspectives
    Et puis ce coup, qui, s'il sauva ma vie, me dit-on, m'a rendu nauséeux, la bouche pâteuse.
    Amertume ou traumatisme ?       


    L'amertume a un goût oui, une texture aussi, une densité changeante, qui lui donnent une indépendance en bouche. Elle commence au fond de la gorge, comme pour vous faire croire qu'elle va vite passer. Solide, trop grosse pour votre gosier, vous avez l'impression d'étouffer, mais vous n'abandonnez pas pensant que c'est juste un mauvais moment. Puis elle s’effrite pour revenir sur le devant, tentant de s'échapper pour s'écouler de vos lèvres, élimant vos dents, faisant du carnassier de la vie que vous étiez, un pauvre hère, condamné à la bouillie infâme que sont regrets et remords.
    Vous la retenez et elle reste sur votre langue, sèche, émiettée, colle à votre palais, comme de la terre glaise,, quoique vous fassiez, elle changera le goût de tout ce que vous pourrez avaler, bon ou mauvais. Elle vous changera aussi. La preuve, j'en viens à écrire moi l'insouciant destructeur Krakan.
    Putain de tournoi, j'ai failli  te gagner
    

    J'ai le goût des bonbons dans la bouche et c'est très bon !      

 

 


Chapitre Quarante cinquième

 

 

    L'espoir nous infantilise, il supprime toute expérience acquise, laissant ainsi la naïveté et le besoin de croire envahir le vide laissé.
    J'avais besoin de la retrouver. Je ne savais pas où commencer, je pensais tenter d'accéder au registre des participants au tournoi pour y trouver un début de piste. Mais je fus coupé dans mon élan par Shattasman et Témor.

    Si le second était préoccupé par la ponctualité dont nous devions faire preuve pour la seconde partie du tournoi, la première s'en tenait à mes espoirs et tentait de les modérer. J'avais alors l’impression de suivre deux conversations en simultané. Et si le souvenir que j'en ai, en rédigeant ces quelques lignes, est assez confus, je me souviens de quelques paroles prononcées.

    Témor : « On a perdu un tournoi, pas moyen qu'on en perde un second, on a besoin de toi ! »

    Shattasman : « C'est une nomade, tu n’auras pas plus de pistes, qu'elle si elle te cherchait par ces mêmes moyens. » 

    Témor : « Pas moyen que je passe à côté d'une allumette de chance  ! »

    Shattasman : «  On doit faire profil bas, on a aucune chance de gagner le tournoi de toutes façons »

    Témor : « Mais si ça passe, et il me faut l'allumette pour gagner le tournoi l'an prochain bordel ! »

    Les paroles qui suivirent s’entremêlèrent en un brouhaha stérile, une bouillie de sons dont je me foutais éperdument, concentré que j'étais sur mes options. Je me faisais l'impression d'être perdu dans un désert d'amazone cherchant une oasis à travers un champ de mirages.

    Puis je repris pied dans la bouillie de sons, dans ce monde si malheureusement réel.

    « Amulette ! » gueulais-je. 
    « Hein ? » fis un Témor prompt à la répartie inspirée.
    « C'est une amulette pas une allumette de chance, et c'est exactement ce qu'il me faut pour la retrouver dans cette foule. »
    «  ... » de Shattasman
    Sourire de Témor
    « Et hors de question qu'on la refourgue à l'encapuchonné »
    « C'est l'esprit, par contre une fois retrouvée ta greffière, l'allumette est à moi »
    « Amulette ! »Insista Shattasman
    « On s'en fout, tant quelle porte chance, le reste n'est que détail » répondis Témor toujours très pragmatique.

    J'aurais aimé argumenté le fait qu'un guerrier tel que lui puisse vouloir compter sur un objet supposé magique, sur la chance, pour gagner des combats et non sur sa force et son talent aux armes était plus que discutable.
    Mais sur le moment je n'en avais rien à foutre.

 

Chapitre Quarante sixième

 

     Shattasman  avait raison au fond. Quelles chances avions nous, elle aux échecs elfiques et moi aux cartes ?
    Du coup c'est bien du public que nous regardions la finale du tournoi de carte appelé Thucy-Holdem.
    
    « Se faire éliminer au premier tour belle perf » commença Témor.
    « Je connaissais pas les règles » me justifiais-je
    « Pourquoi t'être inscrit !?! »
    « Je trouvais ça plus rassurant que l'arène, arène où je n'aurais jamais dû foutre les pieds ceci dit en passant ! »
    « Et la fée ? »
    « Oui et bien ? »
    « Pourquoi l'avoir inscrite ? Tu savais qu'elle savait jouer ? »
    « Non mais l'aléatoire dans un jeu de hasard ... » me justifiais-je

Car oui, la fée elle, était bien sur cette table de finale !

    « Ceci dit, tu parles, tu parles mais c'est vrai que ta prestation fût, ô combien  meilleure ... » dis-je avec le maximum d'ironie possible.
    « Ah bah j'y ai cru, me suis dit que c'était possible »
    « Avec la plus petite main possible ? »
    « Il faut ce qu'il faut »
    « Alors que le croupier s'était trompé dans le ramassage et que tu savais que l'autre avait la plus grosse main possible ? »
    « … Bon ok j'avais mal  vu mes cartes »
    « Je préfère »
    « Dites ... » nous interrompis Shattasman « ça ne vous dirais pas de vous intéresser un tantinet à la partie ? »

    « Ouais, ça évitera de continuer dans la mauvaise foi » ponctua Témor, d'une mauvaise foi, elle-même, d'un niveau quasi légendaire.
    
    Devant nous, se dressait donc une table ovale, où 9 joueurs (dont la fée) s'affrontaient. Si personne n'arrivait à comprendre chacune des mains disputées, tout le monde se mettait d'accord pour les applaudir.
    Le joueur qui menait la partie n'avait pas une avance folle et tout semblait gentiment s'équilibrer, permettant ainsi à la partie de continuer pendant des heures sauf coup de théâtre.
    « Je pense l'avoir » fit la néréide, tandis que Témor s'était enfoncé dans le confort relatif d'un siège trop petit pour lui, pour tenter de somnoler en attendant.
    « ... »
    « Comment ça ? » fis je, plus intéressé par son raisonnement que par l'identité de la cible.
    « Il ne surjoue pas ses mains gagnantes. Cherchant ainsi à faire le maximum de profit sans éveiller les soupçons.  Mais à chaque coup important il a la même mimique, il touche un médaillon qu'il ne montre pas.  Il fait exprès de perdre des mains de moindre importance. Dans ce cas il ne touche à rien. »
    « Mais si tu l'as remarqué ... » commençais-je
    « … les joueurs, plus expérimentés aussi. Ils se méfient quand il touche à son pendentif, abandonnent leurs mains»
    « Alors c'est gelé » conclu Témor. « il perd les mains qu'il veut, mais gagne peu, ça va durer des heures, des jours »
    « On sait qui il est maintenant, on pourrait revenir, le suivre, l'attendre ... » proposais-je, alors que cette idée de vol me déplaisait de plus en plus
    « Spressensie, lui pose des problèmes » remarqua Shattasman
    « Comment ? Elle ne connaît toujours pas les règles ! »
    
    Et c'était pourtant vrai, une main sur deux au moins, le croupier était obligé de la reprendre, de lui expliquer le même point de règlement pour la quatrième, puis cinquième, sixième … fois.
    Mais malgré cela, lorsque la fée était engagée contre notre cible, et bien qu'il sembla utiliser son médaillon plusieurs fois, rien n'y faisait, la fée remportait main après main.
    Certains joueurs commençaient à trouver le temps long entre la fée aléatoire et le chanceux.
    Et certains spectateurs aussi.
    « Bon, dans cette situation y a qu'une chose à faire » fit mon impatient voisin et compagnon.
    Et avant que j’eus le temps de comprendre, et de réagir, encore que je ne sais toujours pas comment j'aurais pu réagir, il se leva empoigna sa chaise et la lança vers la table de jeu. Puis dans un mouvement d'une rapidité surprenante, se jeta sur cette même table, arrivant à peine une seconde après sa chaise, empoigna notre ami chanceux qui, du coup, le devint nettement moins, lui arracha son pendentif et se mit à crier :
    « Tricheur !! Magie !! »
    L'attention des autres joueurs se porta alors sur le concurrent, qui devint de plus en plus malheureux et malchanceux, et une mêlée, de joueurs, d'officiels, de spectateurs et bientôt de garde pris place, dans un pugilat que n'aurait pas renié l'arène de la veille.
    Nous nous frayâmes un chemin, évitant les coups, en en distribuant nous même, la présence de Témor dissuadant la plupart des pugilistes de nous attaquer.
    Ce fût la fée qui rompit le silence :
    « J'allais gagner ! »
    Triple regard
    « Bon d'accord …. »

 

Chapitre Quarante septième

 

    La garde ne nous ayant pas plus menacée, nous nous retrouvâmes dans notre auberge avec un débat intéressant en guise de souper.
    Nous avions accepté un contrat, d’un commanditaire, certes louche, et Témor comptait ne pas tenter de le remplir.
    « On a une allumette de chance. Moi je dis : on se la garde et on en profite ! »
    Je tiens à préciser à mes lecteurs que non, je ne leur infligerais plus les remontrances que Shattasman et moi-même faisions pour corriger Témor sur les mots allumette et amulette, et ce dans un souci de fluidité de récit.
    « Nous ne sommes pas des malandrins, nous avons tous accepté ce contrat, honorons le. » Shass, elle, préférait tenir parole
    Pour ma part, je n’avais apprécié ni la rencontre avec notre commanditaire, ni sa personne ?
    « L’idée de jouer double jeu me parait dangereuse. En même temps, l’illégalité de certains points de cette mission, me donne envie de mettre une distance raisonnable entre nous et cette ville. »
    La fée, quant à elle et comme à son habitude, s’en foutait allégrement, virevoltant au-dessus de la table.
    « Flap, Flap, Flap. »
    « Tu dis : nous, cela signifie que tu comptes rester avec le groupe ? Que cette idée de retrouver ta congénère t’a quitté ? Ou bien que tu comptes toujours utiliser l’amulette pour la retrouver ? » Me fit remarquer Shass.
    « J’avais une mission, je ne pourrais jamais la remplir, quant à elle, si elle ne veut pas que je la retrouve, je ne la retrouverais jamais, même avec un objet magique sensé favorisé la chance. Et si elle veut me retrouver, le fait de me balader avec un Krakan qui casse tout, une néréide qui traine des squelettes et une fée mage aléatoire devrait me permettre d’être retrouvé facilement. »
    « Raison de plus pour ne pas remplir la quête de l’autre zouave, on est pas taillé pour faire dans le feutré. » conclua Témor.
    « De plus pourquoi, tiens-tu autant à remplir cette quête Shass ? »
    « Disons que … »
    « Bien le bonsoir compagnons » Un humain venait de l’interrompre alors qu’elle allait se dévoiler. Nous n’en saurions jamais plus.
    « Puis-je me joindre à vous ? »
    « Non » de Témor
    Regard interloqué de ma part
    Visage d’une sauvée par le gong de Shass
    Quant à la fée …
    « Mais laissez-moi me présenter. »
    « Non » de Témor
    Regard interloqué de ma part
    Visage d’une sauvée par le gong de Shass qui commençait à s’estomper dans un (re)gain d’intérêt pour notre incrusté.
    Quant à la fée …
    « Je me nomme Simon Hacheun, je représente la maison Lalith, et avant que votre rocailleux ami ne redise non, je tiens à vous dire que votre participation au tournoi fut remarquable … »
    « Beaux combats dans l’arène hein ? » s’enjoua Témor qui se détendit d’un coup envers un admirateur potentiel.
    « … et remarquée » finit-il
    « Je crains qu’il ne parle du tournoi de cartes » compléta une Shass blasée.
    « Tu comptes nous faire des ennuis ? » demanda Témor en caressant sa masse.
    « Vous proposer un travail plutôt »
    « Y a pénurie de main d’œuvre pour qu’on vienne proposer du boulot dans les tavernes ? »
    « Disons plutôt que vous avez prouvé que vos talents de combattants et votre débrouillardise pouvaient être utilisés à bon escient. Je dévoile mon projet ? »
    « Dévoile toujours, et n’oublie pas de parler salaire »
    « Très bien » Simon pris un siège, s’assit et se voûta sur la table pour n’avoir qu’à chuchoter.
    « Notre maison, comme vous le savez sûrement, s’occupe principalement de magie. Constamment, nous effectuons des recherches archéologiques pour dénicher des artefacts. Récemment nous avons découvert un ordre guerrier. Cet ordre avait la particularité de creuser des tombeaux pour leurs hauts-dignitaires et d’enterrer avec eux leurs objets de valeurs, potentiellement magiques. »
    « Où se situent ces tombeaux ? »
    « Nous n’en avons localisé qu’un pour le moment, qui se situe au nord de Thucydide à quelques jours de voyage. Nous vous proposons l’arrangement suivant. Un acompte de 5 Muses d’Or, pour l’ensemble de votre groupe, et vous garderez tout l’or présent dans le tombeau. Nous, de notre côté, garderons tous les objets trouvés, y compris les écrits. Enfin vous devrez bien évidemment participer aux travaux du groupe, et à la défense de celui-ci, comme nous d’ailleurs. »
    Témor se mit à ricaner en pensant qu’on lui demandait de se battre pour de l’argent.
    « Ça me va, on part quand ? » répondit-il pour l’ensemble du groupe
    « Nous passerons vous chercher demain » Et Simon nous laissa, non sans nous payer sa tournée.

 

 

Chapitre Quarante huitième

 

 

    Non j'ai beau y réfléchir à … plusieurs fois, je ne comprends pas. D'après un dicton bien connu les félins ont neuf vies. Nous devrions donc être de parfaits optimistes, funambules sur le fil de la frontière entre naïveté et niaiserie. A moins que ce ne soit en raison de notre capacité à compter nos vies que nous soyons plus graves que les autres races ?
    Ou encore que ce dicton ai pour origine notre incroyable capacité à nous fourrer dans des guêpiers nous faisant frôler la mort plus que de raison. Capacité unique, sorte de prédisposition raciale.
    Bref mon « optimisme » du moment me laissait à penser que ce travail n'était pas une très bonne idée et qu'il sentait bon les ennuis.    Faisant mon paquetage, je me remémorais toutes les bonnes idées que nous avions eu  depuis que j'avais intégré le groupe et, une fois de plus je n'en trouvais aucune.
    Du coup je m'interrogeais sur les bonnes idées qu'avait pu avoir le groupe avant que je le rejoigne … j'en frémissais.
    Simon arriva peu après l'ouverture officielle de la taverne accompagné de 2 hommes patibulaires. Une fois les salutations d'usages faites, nous le suivîmes à travers la ville pour arriver à ses portes (à la ville pas à Simon, Simon n'est pas un bâtiment, je me permet de préciser juste au cas où parmi mes futurs lecteurs il y ait des Krakan ou des nains)
    Une caravane nous attendait : 3 chariots, 10 hommes de main incluant Simon et nous. Nous prîmes tous place dans le chariot de Simon, les autres étant chargés d'outils et de caisses vides.  Le voyage commença.
    
     Après quelques heures rythmées de silence et de banalités, nous nous engageâmes dans une conversation, de mon initiative.
    « Quand même, ça ne vous fait rien d'aller piller des tombes ? J'imagine que si un groupe venait piller celle de mes aïeux ça me travaillerait quelque peu. »
    « Il ne s'agit pas d'un travail de pillage de tombe mais d'archéologie, d'histoire si tu préfères » commença Shass, « ta muse en sera enchantée » finit-elle dans un soupçon d'ironie.
    « Z'on pas des tronches d’archéologues tes potes Simon » Parfois la lucidité de Témor me surprend. Je devrais réellement faire un travail sur moi-même et arrêter d'avoir des préjugés sur mon compagnon. Certes il est direct, impulsif, un peu simpliste, prévisible, ne tiens pas compte de nos avis, mais reste surprenant. Ce qui est surprenant d’ailleurs, surtout pour un Krakan!
    « Nous n'avons pas pour mission d'étudier mais de ramener, et je suis sûr que vous apprécierez le fait de ne pas avoir de lettrés dans les pattes en cas de  problèmes» répondit Simon
    « Quel genre de  problèmes pouvons-nous rencontrer dans un tombeau ? » demandais-je naïvement « C'est que je n'ai jamais eu l'occasion d'avoir ce genre d'activités jusqu'à présent, et je tenais d'ailleurs à remercier Témor de m'offrir ce genre d'opportunités »
    « De rien »
    « Oh, la liste complète est difficile et longue à faire. Les obstructions à déblayer, les éboulements à éviter, les animaux sauvages à éloigner, les indigènes à gérer. Et bien sûr auparavant le tombeau à trouver. Puis vous avez tout ce qui peut se trouver dans le tombeau »
    « Mais ce qui se trouve dans le tombeau est plutôt … calme... sur le principe non ? » me risquais-je, devinant que la réponse n'allait absolument pas me plaire.
    « Sur le principe ... » ricana-t-il
    Shattasman enchaîna  « Certains tombeau, sont protégés, des sceaux protecteurs sont mis en place, d'ailleurs, et sans vouloir émettre de préjugés sur notre équipage, il ne me semble pas que nos compagnons soient mages, cette partie nous sera donc réservée »
    « La maison Lalith n'a pas dépêché de mages dans ce convoi ? » m'étonnais-je
    « Vous avez une fée non ? » répondit Simon

    Tout notre groupe se retourna vers la fée qui virevoltait en dehors du chariot, sûrement heureuse de retrouver la pleine nature.

    Un ange passa …

    Puis un second …

    Simon reprit la parole : « Et des fois il y a des choses qui bougent encore dedans, des animaux, des réanimés »
    « Des ? »
    « Certains des sceaux peuvent avoir été mis en place par des nécromants, mages de Hadès et réveiller certains occupants » continua Shass.
    « Des morts vivants … chouette on continue notre tour du monde de l'horreur » m’horrifiais-je
    « Ouais ! » se réjouis Témor

    « On est arrivés ! » Cria un des cochers

    « Au tombeau ? » m'enquis-je
    « Non pas encore, demain si nous gardons ce rythme, nous allons passer la nuit dans ce secteur comme prévu » précisa Simon

    Et nous aidâmes à monter le campement pour la nuit.

          


Chapitre Quarante neuvième

 

      Premier voyage en groupe en pleine nature, je découvris donc les joies du bivouac en groupe et des tours de garde. D'habitude les voyageurs se débrouillent toujours pour finir dans une auberge de voyage. Lorsque je voyageais seul je cherchais des granges peu surveillées, m'éloignant assez peu de la route.
    Étant plutôt nombreux, certains échappèrent à cette corvée. Pas votre humble serviteur. Je fis le mien avec un des hommes de Simon, pas très causant le bougre. Je pus à peine lui arracher son nom. J'occupais donc mon tour à regarder les étoiles et la fée qui elle faisait partie de ces rares élus à avoir une nuit complète !


    Je passais la nuit en méditant sur moi, sur nous, réalisant que nous étions vraiment des bleusailles d'aventuriers. On avait dû nous expliquer le système des tours de gardes donc. Nous ne savions pas précisément où nous allions, tout juste j'évaluais que nous étions parti vers le nord de la capitale. Nous n'avions vérifié aucune des informations qu'on nous avait données. Oui des bleus, j'espérais que nous aurions l'occasion de mettre à profit cette expérience acquise et qu'il ne s'agirait pas de notre dernière aventure. Bien que celle-ci sur le papier me semblait tout de même bien moins dangereuse que l'arène ou l'épisode de Kouskas (surtout avec les changeformes)
    La nuit se passa donc sans encombre, je pense que le fait que nous étions encore proches de Thucydide devait jouer pour beaucoup.


    Le voyage fut aussi agréable que la veille et c'est en milieu d'après-midi que notre convoi s'arrêta à nouveau. Simon ne cessait de lire une carte qui me sembla, de loin, bien ancienne. Nous devions être sur place
    Grâce aux discussions des hommes de main, nous apprîmes que nous étions à une journée du premier village. Nous nous rapprochions de grandes forêts et il y eut un débat pour savoir si oui ou non celles-ci étaient protégées par une population d'elfes. Témor y alla de sa petite injure raciale (il doit être la réincarnation d'un nain, je ne vois pas d'autre explication.) mais la conclusion fut que, à priori, non.
    Les hommes s'équipèrent, non pour creuser ou pour explorer mais bien pour combattre. Nous en fîmes de même, sauf Témor qui, lui, est toujours équipé pour combattre, et nous pénétrâmes dans cette forêt en laissant deux d'entre nous pour garder le convoi.


    Je ne suis pas habitué aux forêts, les premiers moments furent assez pénibles. Mes sens recueillant bien trop d'informations : sons, odeurs, mouvements. Je cru que tous mes sens allaient être surchargés, pourtant j'avais bien vécu l'immense foule à Thucydide, mais là c'était différent, grisant par moment, sentiments d'immense espace et d'oppression mêlés. Je me crut agoraphobe.
    Passé ce moment d'adaptation j'y voyais clair, j'avais une pleine conscience de mon environnement. Je détectais chaque animal plus gros qu'une souris, chaque mouvement d'arbre avec une acuité d'une précision redoutable.
    J'en perdis même notre but, expérimentant mes sens sauvages retrouvés. Parfois je remarquais que certains de mes compagnons, y compris Shass, me regardaient avec curiosité.
    Mais après deux heures de crapahutage ce fut moi qui remarquai une formation rocheuse qui dénotait avec le reste. Nombre de promeneurs avaient dû passer à côté sans rien remarquer, tant le temps avait œuvré pour intégrer naturellement, ce qui semblait être, une petite formation rocheuse, dans le décor de cette forêt sombre. Mais mes sens ne me trompaient pas, ces pierres avaient été amenées et disposées par une main mortelle.


    Je dus convaincre mes compagnons de voyage, car même avec sa précieuse carte, Simon fut dubitatif au début.
    Le temps avait bien fait son œuvre. Il fallait prévoir de lourds travaux de déblaiement surtout équipés comme nous l'étions.
    La fée suggéra bien de lancer un sort, les hommes de la maison allaient accepter avec l'idée d'échapper à un travail long et harassant, mais nous fumes tous catégoriques, il fallait économiser les pouvoirs de la fée.(ainsi que nos chances de survie)  
 

 

Chapitre Cinquantième

 

 

  Entre la végétation ancienne et les imposantes pierres taillées, déblayer l'entrée nous pris une journée. Témor tenta d'utiliser la magie de la sphère de Déméter mais sans succès. Bien que semi-élémentaire sa relation à la magie semble des plus réduites.
    L'entrée fut gardée durant la nuit, autant pour éviter que quelqu'un ne rentre que pour éviter que quelque chose en sorte. Ainsi, Simon nous narra l'histoire d'une expédition, menée par des gens peux expérimentés de sa maison, qui mirent à nu un mausolée oublié. Comme nous, ils furent confrontés à une entrée obstruée. Comme nous, ils travaillèrent à la déblayer. Mais ils ne prirent pas la peine de la surveiller. Ce fut une seconde expédition, de recherche celle-ci, qui retrouva les 9 cadavres atrocement mutilés. Tous les indices semblaient montrer que quelque chose était sorti durant la nuit, à l'insu de tous, et s'était bien diverti en attaquant pas surprise des gardes qui ne surveillaient pas le bon côté du campement.


    Le lendemain, nous nous équipâmes, encore une fois pour la guerre. Nous faisions face à l'entrée (à moins que ce ne fût l'inverse) mais nous n'osions pénétrer. Que ce soit Témor, Shass ou moi-même nous étions novices. Nous avions l'impression qu'en pénétrant en premier nous allions commettre une erreur. Faire quelque chose qu'on ne fait pas dans ce genre de situation. C'était notre toute première fois, et nous étions timides, quasi bloqués à l'idée de rentrer dans cette caverne sombre et humide. Nous vivions avec une certaine et légère angoisse notre dépucelage.
    Ce fut donc Simon qui ouvrit la marche suivi du Krakan et de votre serviteur. Un tunnel descendait sous terre, nous y progressions lentement, très lentement, à la recherche du moindre piège, du moindre signe de danger.
    Ce qui me dérangeait le plus, personnellement, c'était l'odeur. Les autres semblaient s'en accommoder en se protégeant avec des morceaux de tissus, mais mon odorat plus développé était littéralement agressé. Je suis habitué aux grottes et à leurs odeurs fétides lorsqu'une d'entre elle, depuis longtemps oublié est mise à jour. Mais là … depuis combien de siècles ce tombeau était-il refermé ?
    Nous débouchâmes sur une large pièce aux murs nus présentant un premier dilemme: droite ou gauche.
    Les hommes de Simon fouillèrent la pièce, aussi bien pour trouver des objets que des indices sur la marche à suivre. Je jetai un regard à Shass, en espérant que son esprit de déduction et sa grande connaissance théorique du monde pourrait nous aider, je la vis raide. Je veux dire encore plus raide que puisse l'être une néréide, semi élémentaire d'eau donc, dans un espace confiné sous terre.
    « Un problème ? »
    « Trois en fait, le plus important pourrait être ce que nous pouvons voir au sol de la pièce de droite. »
    En effet le sol de celle-ci était littéralement tapissé d'une toile d'araignée à plusieurs couches. Tout bien considéré je détestais son esprit de déduction.
    Simon n'en avait pas raté une miette bien sûr.
    « Il est normal de voir des arachnides dans ce genre d'endroits vous savez ? »
    « Oui, mais les arachnides courantes ne font pas des toiles de cette taille, avec des fils de cette épaisseur »
    « Et si nous commencions à gauche ? » suggérais-je
    « Il nous faudra tout fouiller de toute façon »
    « Et tourner le dos au danger, bof » s'en mêla Témor.
    Simon s'adressa directement à  Spressenzideutche pour lui demander de lancer une sorte de détection magique. Ce fut, là encore, Shattasman qui l’interrompit.
    « Non il n'y a rien de magique dans cette pièce. C'est d'ailleurs le troisième problème »
    « Et le second ? » s'enquit un des hommes de main, me prouvant ainsi qu'ils n'étaient pas tous muets.
    « J'ai besoin d'en voir plus pour le confirmer, mais ce n'est pas un problème qui peut déboucher sur une menace pour nos vies »  et puis tout doucement, comme si elle se parlait à elle-même « du moins à court terme »
    La suite fut un court débat entre Témor et Simon sur la marche à suivre. Mon rocailleux compagnon préconisa, de tout faire cramer vu que la toile d'araignée est réputée pour être inflammable. Simon objecta fort justement que sans savoir nous pouvions très bien tout faire brûler, éventuel trésor et nous y compris.
    L’appât du gain, comme toujours, remporta le débat. Et là encore ce fût Shattasman qui prit l'initiative. Elle se mit l'entrée de la pièce entoilée. Observa pendant de longues minutes, en demandant à tous de ne pas lui adresser la parole et de rester en arrière.
    Durant ce temps, les hommes firent un rapport à Simon, la pièce ne contenait aucune entrée dérobée, ni aucun objet de valeur et point de pièges mécaniques. C'était toujours ça de pris.
    « Préparez-vous compagnons, physiquement mais aussi mentalement, sortez vos armes, mais apprêtez vos esprits à voir une horreur des temps anciens. »
    Armes dégainées, esprits affûtés, nous étions prêts, autant que je pouvais en juger.
    Shattasman s'agenouilla, ramassa quelques cailloux et les lança au hasard dans la pièce. Aucune réaction.


    Elle chercha alors des pierres plus lourdes et avant de réitérer l'opération s'adressa à la fée.
    « Je sais que tu feras ce que tu pourras, mais pas de sorts de feu par pitié. »
    Les pierres furent jetées les unes après les autres, sans force particulière, rebondissant très légèrement sur la toile géante. Rien, je me dis que peut-être les araignées responsables de cette toile étaient décédées depuis des lustres, lorsqu’un bruit indescriptible se fit entendre. Les hommes, bien que sur leur garde, eurent un mouvement de recul. Nous vîmes, sortir d'une partie masquée de cette seconde pièce, UNE monstruosité. Mon peu d'optimisme m'avait laissé croire que DES araignées de tailles importantes étaient responsables de tout ceci. Pas UNE SEULE d'au moins 2 m de haut. Et elle galopait la salope. Elle rua dans la pièce à la recherche de ce qui avait pu causer ces vibrations. Et fut sûrement déçue de nous voir en dehors de sa toile.
    Elle se figea, nous toisa, et actionna ses mandibules (de la taille d'une épée, je tiens à le rappeler), Témor poussa Shass qui restait prostrée, comme une bonne partie de notre groupe. Et il l'invita à venir
    Ce qui se passa ensuite fut surréaliste. Témor et l'araignée de toisaient mutuellement. Témor luttant contre son envie de se mettre sur la gueule, pour rester dans notre pièce et ne pas se retrouver entoilé. L'araignée pour la raison inverse. Puis quelque chose d'autre bougea dans la pièce, on entendit un bruit de pierre frottée contre de la pierre. Comme si une dalle glissait sur un sol marbré.
    Même Témor ne put s’empêcher de lâcher un « oh putain de ... » ma curiosité fut plus forte que mon horreur, et je vins au premier poste pour observer des mains squelettiques sortir de leurs tombes. Même l'araignée observa ceci et attaqua dès que le premier squelette armé posa un pied sur sa toile.
    Nous regardâmes le combat qui fut de courte durée. Certes les soldats étaient morts et portèrent quelques coups à l'animal mais lents, et sans force ils furent démantelés assez vite. L'araignée géante, se retourna alors vers nous pour voir que Simon et ses hommes la braquait à l'aide d'arbalète légères, trop légères à mon goût.
    Ils tirèrent quelques carreaux, certains touchèrent, l'animal répliqua et lança un jet de toile dans notre pièce. Un seul homme de Simon ne put éviter et se retrouver entoilé, mais notre futé ennemi ne se jeta pas sur lui et continua à cracher sa toile. Nous reculèrent mais le plan de l’animal était bien rodé et elle se précipita dans la pièce une fois une demi-douzaine de jets effectués.
    Ce fut Témor qui, bien évidemment, attaqua la chose en premier, visant les fines pattes de sa lourde masse. Je jetai un coup d’œil rapide à la fée, mais elle hésitait, ne souhaitant pas causer une catastrophe. Je pus alors, moi aussi, me jeter dans le combat avec plus de confiance. Les hommes de Simon se démenèrent avec la toile mais finirent notre manœuvre d'encerclement. Il fallut se baisser rapidement pour éviter toile et mandibules, mais Témor lui cassa rapidement une de ses pattes la déstabilisant.
    Elle nous surpris tous, cependant, en sautant au-dessus de nous pour grimper sur un des murs et se retrouver au plafond d'où elle cracha à nouveau de puissants jets de toile. Je pus esquiver à deux reprises, elle visa alors les Laliths, et un de plus fut entoilé. Des carreaux la touchèrent à nouveau, lui crevant un de ses yeux. Elle se jeta au sol, visant Témor, une envie de vengeance immédiate pour sa patte ?
    Nous reprîmes notre manœuvre d'encerclement, en ayant à l'esprit le coup qu’elle venait de nous faire. Notre agressivité n'en fut que plus féroce. La suite fut une boucherie, nous nous acharnâmes comme des forcenés, frôlant l'hystérie, tant qu'un morceau semblait bouger nous tapions encore et encore. Puis nous nous rendîmes compte que c'était les coups des autres qui animaient encore sa carcasse humide de son sang.
    « Muses faites qu'elle fusse unique ! » priais-je
    Nous recouvrîmes nos esprits, juste à temps pour désentoiler nos camarades, les sauvant ainsi de l'asphixie. Nos esprits oscillaient entre joie, horreur, excitation et soulagement.
    Je m’approchai de Shattasman
    « Dis-moi que tu n'avais pas prévu les morts vivants »
    « Je ne les avais pas prévus »
    « Merci »


    Après quelques minutes, Shass ausculta le monceau qui fut une araignée géante et les hommes de mains se mirent à fouiller la pièce entoilée. Voulant préserver mon pelage, je me proposai au nettoyage des armes et à l'aide, surtout psychologique, des entoilés.
    Après de longues heures de progression, de fouille puis de nettoyage de la soie d'araignée, la pièce s'avéra vide, hormis les 4 tombes inoccupées à présent, les armures et armes des squelettes complètement rouillées et bouffées par le temps. Shass insista cependant pour les analyser.
    Il nous restait la partie gauche à explorer pour trouver la tombe du chevalier pour lequel ce tombeau avait été construit.
    Elle déboucha sur un escalier descendant. Simon, là encore, ouvrait la marche. Il inspectait chaque centimètre et avec raison car au milieu de cet escalier, il nous fit signe de reculer et nous avertit qu'il allait devoir déclencher un mécanisme.
    Deux lames dans un état déplorable, vinrent de part et d'autre du couloir dans le but de découper le visiteur. Elles ne finirent pas leur trajet, se désagrégeant littéralement en pleine course.
    Mais quel âge a cette tombe ?
    En bas de cet escalier un nouveau croisement, à droite un couloir, à gauche une pièce qui aurait pu être une librairie. Du moins c'est cette odeur de papier moisi qui me laissa cette idée. La fouille sommaire de cette pièce me donna raison. Nous devions être proches d'une source naturelle car la pièce était très humide. Le papier qui n’était pas que poussière s'était quasiment dissous en raison de l'humidité de la pièce


    « Dis-moi Shass, je ne suis pas très au fait des coutumes mortuaires des autres races, mais pourquoi installer une librairie dans un tombeau, les morts ne lisent pas normalement ! »
    « Ce bâtiment devait être plus que cela, un lieu de culte, un temple de chevaliers, qui leur permettait de se recueillir sur la tombe de leurs camarades et chefs spirituels et/ou de guerre, tout en leur offrant la possibilité d'étudier leur histoires, certains de leurs écrits peuvent être sacrés, du moins pour eux »
    « Rien d'extraordinaire donc ? »
    « Non pas sur ce point-là en tous cas »
    Je me refusai à l’assaillir des questions soulevées par ces remarques, qu'elle avait pu émettre depuis notre entrée. Je commençais à la connaître, je n'aurais obtenu aucune réponse et celles-ci viendraient tôt ou tard d'elles-mêmes.
    L'absence de lumière nous empêchait d'anticiper, et bien que félin, je ne peux dire que je possède une vision nocturne, je vois un peu mieux dans le noir qu'un Krakan mais nettement moins bien que certaines races d'elfes, voir les nains.
      Ce que nous remarquâmes tous, en pénétrant dans la pièce suivante, fut quatre sarcophages. En nous regardants, nous comprimes que nous pensions tous à la même chose.
    « Chacun le sien » proposa Témor
    Au premier mouvement de dalle, nous nous jetèrent dessus tapant ce qui tentait d'en sortir. Au tournoi de Thucydide, parmi les nombreux jeux présenté, je découvris l'un d'entre eux qui enchantait les bambins : le tape-taupe. Nous jouions au tape-taupe, avec des chevaliers squelettes.
    Témor s’excita plus que de raison « Mais tu vas rester mort saloperie de saleté ! » le tout dans un acharnement de coup de masse sur des os, produisant un bruit des plus désagréable.
    Mais le danger était passé, et Shattasman se mit aussitôt à examiner les murs qui laissaient apparaître un semblant de gravure.
    Cependant quelque chose me gênait, il y avait quatre sarcophages, tous avaient été ouverts, et tous leurs occupants avait été réduits en de petits, tout petits morceaux d'os, mais, au bruit, une autre dalle semblait coulisser quelque-part, au fond du couloir. Je ne fus pas le seul à l'entendre et nous nous remîmes en garde.
    Un des hommes s'avança prudemment à l'aide d'une torche, doucement, très doucement, trop doucement. La lumière nous dévoila un autre de ces chevaliers, plus grand, plus massif, soulevant une lourde dalle verticale qui bloquait l'entrée d'une dernière pièce. Ce squelette-là était armé et armuré. Et son équipement à lui ne tombait pas en ruine.
    Témor se jeta sur lui, pour lui asséner un premier coup tant qu'il en était encore à soulever la « porte » de sa tombe. Sa masse rebondit contre l'armure du chevalier mais ce dernier accusa durement le coup tout de même.
    Il se reprit, dégaina une lame translucide synonyme de magie et donc de danger mortel, et se mis en posture combat.


    Le squelette devait bien faire dans les deux mètres, et si sa vitesse était ridicule ce n'était pas le cas de sa force, rien qu'en regardant la dalle qu'il avait soulevé on devinait qu'un coup direct pouvait nous découper en deux. Mais nous mimes en œuvre une stratégie naturelle des plus efficaces.
    La fée se mit à virevolter autour de son visage pour le désorienter pendant que j'attaquai les membres inférieurs et que Témor se chargeai du torse. L'espace étant relativement réduit, seul Simon pu finir d'encercler notre ennemi pendant que les autres regardaient notre chorégraphie macabre.
    Témor du parer deux coups, la force des impacts failli le déstabiliser les deux fois. Pour ma part mes coups sur les jointures et articulations furent couronnées de succès et c'est une fois à terre que Témor sauta, masse la première sur le revenant. Ses coups de butoirs fracassèrent son heaume, puis son crâne. Sa lame explosa d'elle-même.
    Notre succès fut fêté par des hourras !
    Nous essuyâmes notre sueur et pénétrèrent dans cette dernière pièce, cul de sac, fin du tombeau. La pièce contenait le sarcophage de notre ennemi mais aussi un coffre. Témor sûrement toujours sous adrénaline, fit sauter ce qu'il restait du cadenas, en oubliant tout principe de précaution lié à un éventuel dernier piège.
    Ce que nous vîmes ? Des pièces d'or, des pièces d'argent et des parchemins
    Ce que nous ne vîmes pas ? Simon et ses hommes sortir doucement de la pièce, activer un levier et nous enfermer tous, la fée, la néréide, le Krakan et moi dans cette pièce.

    Pièce de laquelle j'écris ces lignes, qui pourraient bien être mes dernières.

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