Chapitre Trente et Unième
Isolés dans leurs villes, au cœur de montagnes imposantes près des pôles, les Géants n'ont toujours souhaité que vivre au calme, retiré d'un monde qui les craint et les repousse.
Un jour, arriva Héraclès, prince de la force. Désirant montrer au monde, après le meurtre de Venus, que les dieux n'avaient pas usurpés leur titre et que sa propre force légendaire restait intacte il décida, sur les bons conseils de sa belle-mère Héra, de défier les plus puissants colosses de ce monde.
Il défia les Géants de XENAKIS, connaissant sa réputation, les Géants se gardèrent d'envoyer un des leurs, répondre au défi du dieu. Rentrant dans un colère digne de lui ou de son père, Héraclès se mis à détruire une partie de la ville, pour inciter les Géants à se battre.
Malheureusement son plan fonctionna que trop bien, les Géants réagirent très vite, à la vue de leur ville attaquée. Le combat s'engagea. Héraclès pu défaire la première vague d'ennemis, mais les suivantes eurent raison de lui. Le prince de la force périt et depuis seuls les plus fous des téméraires osent approcher les villes des titans.
Chapitre Trente deuxième
Je soussigné :
Reï
Né en l'an 354 de l'ère post Blasphème dans les grottes de la tribu Félis de Phydias.
Émissaire de mon peuple et libre voyageur.
Sain de corps et d'esprit au sens des articles de l'article 62 du code Mortis du temple d'Hadès lègue en faveur du Haut Temple de Clio :
Cet écrit, qui bien qu'incomplet trace l'histoire de ma vie du moment où je (re) découvris le monde, jusqu'au jour de ma mort, qui bien qu'indéfini au moment où je rédige cet acte légal, risque fortement d’être le jour du Grand Tournoi de Thucydide de l'an 383 de l'ère post Blasphème.
Certes j'ai pu y laisser des écrits pouvant paraître blasphématoires mais j'ai toujours honoré mes muses et notamment Clio. Chaque parcelle de ma vie n'a été motivée que par la recherche et la transmission de l'histoire : de ma vie, de ma tribu et , à mon modeste niveau, du monde de Blasphème.
Je me repends de mes péchés, dictés par mes faiblesses. Si je me suis perdu dans les vapeurs enivrantes de l'alcool et que parfois j'ai pu réclamer l'Oubli, ce n'était que pour que cesses mon désespoir.
Disparaître sans douleur, d'un coup

Chapitre trente troisième
Par honnêteté, je me dois d'écrire ce qui se passa après avoir écrit d'un coup.
Bien que Félis, j'étais trop absorbé par mes pensées pour remarquer que j'étais plus seul dans la salle principale de la taverne.
En écrivant mon testament je pensais l'inclure à mon récit pour tracer les choses telles qu'elles se sont déroulées. Que l'on comprenne bien quel était mon état émotionnel à ce moment précis et la raison qui m'y avait poussé.
Puis je pensais faire une référence en début et/ou fin d'ouvrage pour indiquer où se trouvait le dit testament. En parallèle, j'aurais sûrement écrit aux prêtres d’Hadès et aux collecteurs du Haut Temple de Clio pour expliquer où se trouvait précisément mon testament et la nature de cet ouvrage (qui n'aurait pas manqué de piquer au vif leur curiosité et leur motivation à retrouver le dit ouvrage)
Mais le destin en a voulu autrement, du moins mon « ange gardien » m'a convaincu du contraire.
Je vais me permettre de faire une parenthèse pour exprimer une idée que je viens d'avoir au moment même où j'écris ces lignes. Je viens de me rendre copte du paradoxe et de l’insoupçonnable suspens de mon récit.
J'ai déjà eu l'occasion de lire des ouvrages de ce type, des témoignages, des journaux plus ou moins intimes, voir des récits à la première personne. Et il a fallu que j'en fasse un moi-même pour me rendre compte que pour mes lecteurs, le restant de ma vie peut être estimé en comptant le nombre de pages écrites à partir de ce moment précis.
Alors ami (?) lecteur ? Je meurs bientôt ?
Chapitre Trente Quatrième
Mon ange gardien et moi
ELLE : On peut savoir ce que tu fais chaton
MOI : Comme à mon habitude, j'écris
ELLE : Gagnons du temps, j'ai lu par-dessus ton épaule
MOI : Mon testament ?
ELLE : Ton testament !
MOI : ...
ELLE : ...
MOI : Je prends des dispositions au cas où ...
ELLE : Que tu puisses imaginer passer de vie à trépas en raison de l'impulsivité de notre Krakan pourquoi pas. Que tu prennes des dispositions pourquoi pas. Mais l'oubli, que nenni
MOI : ...
ELLE : Sors toi cette mauvaise idée de ta gueule de chat.
MOI : J'y ai pourtant déjà songé. Ne plus vénérer nos muses, blasphémer en attendant l'oubli, puis le réclamer
ELLE : Et tu sais ce à quoi tu t'es exposé pauvre malade ?
MOI : !
ELLE : Que sais-tu de l'oubli ?
MOI : Ce qui est en est dit dans les saints écrits.
Que les blasphémateurs se repentent
Que leur adoration soit sincère et enthousiaste
Que les muses soient priées et vénérées
Que l'oubliprenne les transgresseurs
Qu'il les engloutisse, les noie
Que la terre soit lavée de leurs existences
En gros ...
ELLE : Et tu as souhaité cela
MOI : J'ai trouvé que cela serait moins pénible que de vivre
ELLE : Je vais me permettre une explication de texte pour que, dans l'avenir, une telle idée ne te revienne pas à l’esprit.
MOI : Je
ELLE : Chut, écoute la dame sagement
MOI : ...
ELLE : L'oubli tel que tu le décris peut sembler un refuge moins pénible et douloureux que la mort mais il comporte plusieurs étapes. Car vois-tu, non les muses ne t'apparaissent pas pour t'emmener en quelconque lieu ou plan mystique. Au début les gens oublient des détails à ton sujet. Puis doucement, subrepticement, ils en viennent à oublier ton nom, à ne plus remarquer ta présence. Tu te penses discret, tu t'imagines déjà roi des voleurs ? Oublie ce rêve, ton existence s'effiloche et part aux quatre vents de la réalité. Le temps que tu prennes conscience de ton état, tu es néant. Mais conscient tu erres dans les méandres de ton propre esprit. Ta vie sur notre monde n'est qu'une trace de pas dans le désert un jour de tempête : effacée, annihilée, annulée. Et puis d'un souffle ton âme est balayée. Tes parents n'ont jamais eu d'enfant à ton nom, ton épouse n'a jamais été mariée, ton enfant n'est pas né. Paradoxes temporels dont elles n'ont que faire. Elles sont passées maîtresses dans l'art de les corriger
MOI : ...
ELLE : ...
MOI : ...
ELLE : ...
MOI : ...
ELLE : ...
MOI : Une question
ELLE : Oui ?
MOI : Pourquoi le suis tu ?
ELLE : Pour son impulsivité justement …
Et mon ange gardien virevolta et s’envola
Chapitre Trente Cinquième
Cher Journal Aujourd'hui c'est moi Spressenzideutche qui t'écris dessus vu que Chat-minou est parti se battre au milieu de l'arène.
Il m'a demandé de te garder au cas où ça se passerait mal pour lui.
Bon il est avec Témor, ça devrait pas trop mal se passer dans l'ensemble sinon au pire je lancerait un sort de soins aléatoire .... ou un sort aléatoire de soins ... Bon d'accord je lancerais un sort aléatoire en espérant que ce soit un sort de soins
Sinon au pire le feu ça cautérise et le froid ça endors la douleur.
On a pris place avec Shattasman en tribune, on est pas trop mal placé vu que nous nous sommes présentées comme famille de participants, ce qui n'est pas totalement faux.
Pour le moment ils ont monté une espèce d'estrade carrée en pierre, entourée de barre de métal.
On me dit qu'on appelle ça un ring. Du coup les barres c'est sûrement pour empêcher les athlètes de tomber !!
Les tambours retentissent. D'après le programme il y aura deux grandes parties : des duels puis une baston générale dans l'arène avec les vainqueurs, ça risque d'être spectaculaire.
Ah ! Ce sont deux inconnus qui ouvrent le tournoi, un nain avec une grosse hache et une armure complète, une boule de fer en somme, et en face un elfe.
Je sais pas si les combattants sont tirés au sort mais si ce n'est pas le cas il faut être sacrément pervers pour mettre en nain en face d'un elfe pour un premier combat.
Sans être experte en combat je prédis déjà une défaite de l'elfe, sur un ring avec un arc ... Oui journal il a un arc, je t'explique car c'est vrai que tu n'as pas d'yeux.
Shattasman me dit qu'elle entend d'ici le nain se marrer. Moi je n'entends rien, les néréides doivent avoir une meilleure ouïe !
Dong ! Le combat commence, je te dis dong car c'est vrai que tu n'as pas d'oreilles non plus.
Le nain s'avance doucement vers l'elfe en faisant trainer sa lourde arme derrière lui. C'est impressionnant, l'elfe doit être impressionné vu que c'est impressionnant !
L'elfe a tiré une flèche qui a fait boïng contre le testicule de métal (Témor doit influencer mon langage quelque peu hihihihihihi !)
Nonchalament il s'apprête à en décocher une seconde tandis que le nain commence à relever son arme tout doucement.
Le public crie : A mort ! A mort !
Shattasman fait : Aïe.
Elle aussi s'attend à voir l'elfe écrabouisillé
La seconde flèche ne fait pas boïng mais plutôt Pok ! Et là le nain ne doit plus rire du tout puisque sa condition de boule le fait rouler à toute vitesse à l'opposé de l'elfe, le faisant tomber hors du ring.
Le nain se relève et hurle des trucs de boule de fer que je ne comprends pas.
Shattasman me dit qu'il est vaincu par disqualification et que c'est pour cela.
Je dis à Shattasman que, comme tout le monde, elle s'est trompée mais elle me dit que non et qu'elle avait vu que l'elfe était bizarre et le nain trop caricatural. La crois-tu Nourjal ?
Oui j'ai décidé de te nommer Nourjal, c'est ton petit nom je trouve ç’est plus intime et plus mignon.
Le second combat va commencer et il semblerait que ce soit Témor contre un lutin ... un lutin ... non mais un lutin quoi !?!
Tu assimiles Nourjal ? Je veux dire, enfin, écrire un lutin, un truc d'un mètre vingt. Très gentil, très conviviale, plus grand que moi, un ami de la magie et de la nature tout comme moi .... mais contre Témor ...
Pauvre petite boule de chair.
Attends je te donne à Shattasman elle veut t'écrire dessus elle aussi.
Chapitre Trente Sixième
BLOOMFUNGUEL était triste, sa mélancolie ne semblait pas avoir de raison, du moins pour ses proches. Il ne riait plus, ne blaguait plus. Mêmes les facéties de ses amis ne semblaient plus éveiller en lui la moindre réaction. Ces derniers ne savaient plus comment faire pour attirer son attention, ou pour essayer de lui faire dire les causes de son état. Alors ils se retournèrent vers Dionysos, dieu de la vigne, des fêtes et de la joie. De nombreuses offrandes lui furent faites, de grands banquets en son honneur furent organisés, si tant est qu'il apparut parmi les Lutins. Est-ce la peine de signaler à quel point il aimait ce peuple bien que n'aimant pas assez la vigne à son goût ?
Alors Dionysos alla voir BLOOMFUNGUEL, il tenta de le dérider quelque peu, de discuter avec lui pour connaître les raisons de son mal être, puis de le saouler pour lui faire oublier. Mais toutes ses tentatives furent de lourds échecs. Par moment Dionysos lui-même se sentit sombrer dans la tristesse. Alors le peuple des Lutins, voyant le Dieu lui-même échouer, le renièrent. Comment pouvait-il se prétendre divinité de la vigne, de la joie si il n'arrivait même pas à faire retrouver le sourire à un lutin ? Dionysos, au moins aussi déçu de son échec que les Lutins, décida alors de les laisser seuls.
Chapitre Trente Septième
Re coucou Nourjal, c'est à nouveau moi, je ne t'ai pas trop manqué j'espère ?
...
...
Oh tu exagères, ça n'a pas duré longtemps. Ce n'est pas une raison pour m'ignorer.
Ah c'est vrai que tu ne peux pas parler, ni même écrire d'ailleurs !
Donc le temps que Shattasman t'écrive dessus pour faire un peu d'histoire, Témor et le lutin sont entrés en piste.
Ils ont discuté un peu. Je pense que Témor a demandé au lutin d'abandonner, c'est que je le connais bien mon Témor.
S’il n'a pas de raison de massacranéantir ce petit être fragile, il ne le fera pas. Ou peut être juste un petit peu.
Bon, de tout évidence le lutin a refusé, ce n'est pas un très raisonnable lutin.
Témor le charge, arme son coup, sa grosse masse va transformer le lutin en confiture de myrtilles, la masse s'envole loin loin loin dans le ciel.
…
S'envole loin loin loin dans le ciel ?
Comment ça s'envole ?
Il a lâché sa masse ?
Sa belle masse familiale-plus-importante-que-tout ?
Ah ! Attends, Shattasman veut à nouveau t'écrire dessus, elle est très preessss
Il semble, aux premiers instants de ce combat et aux premières observations que l'on peut faire, que ce lutin est doué d'un pouvoir que nombre de ses pairs ont développé sans en faire un étalage particulier.
Les gens de son peuple sont, en effet, doués, d'après plusieurs ouvrages forts reconnus, d'un don leur permettant d'amplifier les conséquences d'une action d'une personne avec laquelle ils sont entrés en contact quelques instants auparavant.
Ma vue n'est pas aussi perçante que celle d'un aigle mais il semble bien que le lutin ai touché, sans conséquence apparente le Krakan.
Comment, autrement, expliquer la perte de sa hache, cet auto-croche-pied, ce coup de poing en plein dans le sol qui aurait fracassé les phalanges d'un être de moindre constitution. Actions, accompagnées des moqueries de la foule, s'étant produites durant mes explications ?
Il semblerait que notre impétueux ami ai lui-même compris puisque le voilà reprenant son souffle et conversant avec son adversaire. Signe montrant que, s'il n'a pas déduit tout ce que je viens d'expliquer, sa perspicacité est suffisante pour comprendre que quelque chose cloche et que ce quelque chose est le lutin.
Le voilà qui lui tend la main. Qu'a-t-il pu lui dire notre imprévisible ami ?
Ils se serrent la main sous les huées de la foule et Témor en profite pour lancer, qu'écrive-je ? Projeter, stratosphériser le lutin hors de l'aire de combat. Le lutin a voulu une fois de plus décupler les effets d'une éventuelle action ratée de Témor. Ce fût malheureusement pour lui une réussite.
C'est l'odeur du sang qui mène le public à l'arène. Il en est pour ses frais ... pour le moment.
Chapitre Trente Huitième
Re re coucou Nourjal. Shattasman a fini de faire son intéressante, je reprends donc la main ... enfin les mains. Comme tu n'as pas le sens du toucher non plus je t'explique : je suis tout petite, alors quand j'ai commencé à t'écrire dessus, j'écrivais tout petit aussi, toi tu comprenais mais les gens qui auraient lu, eux, c'était moins sûr. Du coup j'écris plus grand mais ça me fatigue beaucoup avec toute la marche et le vire-voltage que ça me fait faire.
Bref je vais te conter encore le combat de ton légitime propriétaire puis je ferais une pause.
Après deux combats sans sang, la foule est partagée entre blasés et enragés.
Après deux combats opposants deux styles bien différents celui de chat-minou risque d'être plus "équilibré".
En effet il sera opposé à un elfe gris, race reconnue pour leur agilité, leur grâce, tout comme leurs plus illustres cousins sylvains.
L'elfe est charmant, plutôt bien vêtu pour une telle occasion, un haut de forme comme couvre-chef : une canne comme seule arme qu'il fait tourner nonchalamment autour de sa main.
Chat-minou sort les griffes et les armes et attaque le premier, l'elfe gris saute et pare, danse autour de chaton, qui plonge et esquive un coup de canne visant son museau. L'elfe gris manipule sa canne et semble dévoiler une épée, chaton ne semble pas étonné, pas plus que Shattasman, qui ne semble jamais étonnée d'ailleurs.
Les deux discutent
L'elfe
Je suis enjoué, d’être votre concurrent
Rival Félis, élégant et vif opposant
Rei
L’élégance ? Où la trouver dans une arène
Aurait-elle sa place dans un combat mortel ?
L'elfe
Être nihiliste lorsqu’on détient neuf vies ?
Combien, votre félin défaut vous en a pris ?
Rei
Mythe ! Mais à la mort je n’ai que trop goûté
Pour me réjouir, en pareil lieu, de la donner
L'elfe
Paradoxale attitude que nous voyons là
Venir dans le cercle, en redouter l’issue
Pourquoi en verrait-elle d’un de nous le trépas ?
A moins que pour le vôtre vous ne soyez venu ?
Il s’agirait là d’un suicide par mensonge
Rei
Me proposeriez-vous de jeter l’éponge
Alors que nous sommes ici pour jeter le gant ?
Et si le premier sang désignait le perdant
Nous combattrions en gentilshommes dès lors
L'elfe
Va ! Cela me sied ! J’ôte mon haut-de-forme
Ma veste, ne gardant que mon beau veston or
Sans sommation mes mots font des phrases d’armes
Rei
On dit de votre peuple qu’il sait être sournois
Du mien qu’il est vif, j’esquive en In Quartata !
L'elfe
Je pars, riposte, romps, passe avant et molinello
Rei
Je salue votre maitrise du fer et des mots
L'elfe
Merci ! Et je vous retourne ce compliment
Où diable un Félis a-t-il pu être initié ?
Et apprendre ainsi des armes le maniement ?
Rei
Depuis des siècles nous avons chéri l’épée
Nous travaillons le fer, et aimons les duels
Passe avant, battement, pression, froissement
L'elfe
Vous ne vous battez plus, mais jouez maintenant
Rei
Les chats sont joueurs. Hmm, la parade est belle
L'elfe
Jouons alors ! Contre-attaque,....
Rei
...................................................................... Esquive
L'elfe
De l’assaut au jeu puis du jeu à la danse
Rei
Balestra, ...........................................................................
L'elfe
bien amenée pourtant j’esquive
Rei
Entendez-vous des tribunes ce silence ?
L'elfe
Signe que notre ballet est de qualité
Estoc,....................................................................
Rei
Flèche.......................................
L'elfe
..................................en coup double nous finissons
Rei
Bien que touchés..............................................
L'elfe
..............................le sang n’a pas été versé
Rei
Et une clameur monte du public à l’unisson
L'elfe
Désengagement, feinte et botte de Lotan
Rei
Bond de félin, en cavant suis le froissement
L'elfe
Mon arme s’envole, je suis à votre merci
Je suis dominé, j’abdique, je suis fini
Selon les termes de notre assaut exalté
Pour acter votre victoire mon sang doit couler
Allez-vous affubler mon tendre visage
D'une bien déshonorante cicatrice
Dont la laideur restera dans les âges
Et fera tomber ma fierté en abysses
Rei
Hors de question, ce bien honorable combat
Ne s’achèvera pas dans le bas déshonneur
C'est de votre main que le sang perlera
Et nous quitterons tous deux ce champs dans l'honneur
Sous nos applaudissements
Chapitre Trente Neuvième
La chute d'Hermès n'est pas due à une armée, ni même au savoir-faire de tout un peuple, mais plutôt à la fourberie de deux d'entre eux, des jumeaux : les jumeaux STENFORD.
Ces deux frères étaient indissociables et ils en jouaient de manière à ce que même leurs proches ne puissent les identifier.
Elfes Gris de race, voleurs de métier, leur habilité faisait office de légende, à un tel point qu'ils s'attirèrent le regard du prince des voleurs, le messager des dieux : Hermès. Celui-ci par goût du jeu lança un défi aux Elfes : acheminer un message à une personne plus rapidement que lui. Le dieu pouvait compter sur une adresse et une vitesse sans égales en ce monde La course était, alors, gagnée d'avance pour lui, seule une personne possédant le don d'ubiquité aurait pu le battre en vitesse.
Le jour du défi, seul un des deux frères arriva au point de départ, prétextant que son duplicata était blessé. Le départ fut donné et très vite Hermès distança l'Elfe Gris qui ne semblait pourtant pas s'inquiéter. Toute la course eu lieu sans que les concurrents ne se voient. Lorsque Hermès arriva devant le destinataire du message, celui-ci lui annonça sa défaite, en effet STENFORD avait déjà livré le courrier. Vaincu, Hermès refusait d'y croire mais il dut bien l'accepter, et remettre son titre aux STENFORD.
Ce qu'il ne sut pas c'est que le second frère ne fut point blessé, et que grâce à leur extrême ressemblance ils réussirent à développer une sorte de don d'ubiquité. Le tout n'est pas de partir à point ni de courir, mais bien d'arriver avant l'autre.
Chapitre Quarantième
Je retrouve mes mémoires dans un état disons, conceptuel. Je ne pensais pas que Spressenzideutche en profiterait pour faire son initiation au récit, ni que Shattasman l'utiliserait comme brouillon. Mais au moins je te retrouve vieux compagnon, archive de ma vie. Ce qui était loin d'être prévisible il y a seulement quelques heures.
Après le désespoir de l'inscription par Témor à ce tournoi, est venue l'angoisse de l'attente, la terreur du combat, l’excitation de l’affrontement, et une certaine forme d’euphorie de la victoire. Puis ce fut le calme avant la tempête de l’annonce de la suite des « réjouissances » (comprendre programme du tableau final du tournoi).
L’organisation du tournoi, avait prévu une soirée de détente où vainqueurs du jour et invités de grande marque furent conviés à un bal costumé. Pensant que ma gueule de chat se suffisait à elle-même, j’optais pour ma part plour une absence de déguisement. Et puis je n’étais pas d’humeur très festive.
Dans l’absolu, cette idée de bal costumé était une bonne idée. Les combattants et leur entourage pouvaient se croiser et discuter sans l’appréhension d’être reconnus, il en allait de même pour les invités qui pouvaient se laisser aller à un langage de violence, commentant les combats du jour et réclamant du sang pour ceux à venir.
Une femme papillon m’accosta, alors que j’avais réussi à éviter toute discussion.
« Si vous êtes déguisé en chat, en quoi le chat peut-il bien être déguisé ? »
« En canin si il a pour deux muses de bronze de bon sens, ou en rongeur si il est pourvu d’humour »
« Hmmm, j’adorerais me faire grignoter de ma nuque à la base de mon dos par ses petites dents, avant de passer au griffes » Et elle m’asséna cela en finissant par un claquement de langue !
« !? … ! » Ne dis-je pas
« J’aime son côté bestial ! Et cette classe dont il sut faire preuve, excitante, aphrodisiaque ! »
« !? … ! » Répétais-je
« Mais il pourrait être aussi audacieux, si, par exemple, il était venu à cette soirée sans masque, audace que j’aimerais revoir dans ma couche, roaarr » oui oui elle ponctua sa phrase par un rugissement.
« !? … ! » Répondis-je avec ce sens de la répartie qui me caractérise tant.
« Votre masque est un chef-d’œuvre, on jurerait une vraie gueule de chat, le mouvement des yeux, perturbés, les lèvres tremblotantes, la truffe humide, de cette même humidité que je sens monter peu à peu en moi en voyant ces oreilles frémir à mes mots »
« Mais c’est quoi cette folle ? » pensais-je. Car mes paroles furent à nouveau « !? … ! »
Elle me laissa sur place non sans un dernier regard par-dessus son épaule qu’elle fit exprès de dénuder, tout en roulant son si charmant arrière-train.
Ce fut au moment où je me demandais si cette histoire de bal masqué n’était pas un prétexte pour lancer une orgie anonyme, que j’aperçus Témor et la fée.
Je me dis alors que certains auraient plus de peine à se déguiser et rester anonymes que d’autres. Ce qui ne semblait pas les perturber outre mesure. Tout comme le monstrueux géant que je n’avais pas revu depuis les inscriptions et qui se tenait bien là avec ce qui ressemblait fort à un elfe des bois et un nain.
On va me reprocher de faire cliché, il n’empêche que l’elfe était déguisé en danseur de ballet (sic !) quant à ses compagnons, disons qu’eux et moi avions trouvé un point d’accord : notre avis sur cette soirée. Et aux intuitions que vous devez sûrement avoir en me lisant répondons simplement que
Oui le Krackan, la Fée, le Géant et le nain étaient aussi visibles et reconnus au milieu des invités qu’un furoncle sur le front d’Aphrodite.
Oui Témor ne put s’empêcher d’initier ce qu’il nomme, lui, une conversation alors que j’opterais personnellement pour le terme joute verbale.
Oui il prit autant d’attaques verbales dans sa tronche de galet qu’il tenta d’en distribuer
Mais non contre toute attente tout ceci ne se finit pas en bagarre générale, tout juste un cri de bataille de nain, un sourire toujours aussi carnassier de géant et un soupir hautain d’elfe.
La fin de tout ceci fut l’annonce de la seconde et dernière étape : Un Chacun pour soi dans l’arène entre tous les participants restants.
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