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Chapitre Vingt et Unième

 

 

                L'enfant "livré" à son nouvel environnement, il nous restait à répondre à une épineuse question : que faire ?

Si notre "altérateur de réalité" (selon la fée) était protégé par des moines combattants, il restait tout de même le problème du commanditaire des changeformes

                Témor, toujours lui, résolu le problème d'un geste ou plutôt d'une parole : on s'en tape

                Selon lui le problème allait se solutionner de lui-même étant donné l'incapacité des changeformes à tromper la vigilance des prêtres d'Arès.

                Par honnêteté intellectuelle précisons que les termes exacts diffèrent un peu de ceux que je résume. Mais le sens en est le même

 

                Le reste de notre fine équipe n'ayant pas de but, hormis celui d'éviter les autorités de Kouskas pour une période raisonnable, je vis l'occasion de poursuivre ma mission : Porter une lettre à notre ambassadeur à Thucydide

                Mes compagnons décidèrent de m'accompagner de par le fait qu'ils m'aimaient bien et que cela leur permettrait de trouver un moyen de générer des muses d'argent voir d'Or pour leurs vieux jours. Concept amusant pour le peu que nous soyons un tantinet ironique car une telle association de personnages ne saurait se faire prédire une espérance de vie permettant d'arriver à ces dits "vieux jours" par une quelconque diseuse de bonne aventure, fusse-t-elle à moitié aveugle et dérangée. Et encore je ne prends pas en compte les caractères composant cette troupe hétéroclite.

 

                Témor comptait donc développer son entreprise de démolition en diversifiant son activité, ainsi de "Destruction de bâtiment" son entreprise passait à "Démolir des trucs"

                Durant le voyage nous menant à la "capitale" nous argumentèrent avec Shattasman que le concept était vague et sujet à caution d'un point de vue commercial et publicitaire

"bah non, c'est précis, si tu as quelque chose à démolir, on le fait, un mur, on le casse, une maison on la détruit, un mec qui fait chier on le démonte, une armée belliqueuse on la concasse"

                Tout aussi étonnant que l'emploi, par Témor, d'un mot comme "belliqueuse" : cette idée fixe et sujette à aucune contestation selon laquelle nous tous, étions employés de cette Témor Babar PERE et FILS Destruction de trucs.

 

Chapitre Ving Deuxième

 

                Thucydide, immonde ville tentaculaire sans nulle pareille, considérée par beaucoup comme la capitale de notre « beau » monde. Ici tout se trouve, tout s’invente et surtout tout s’achète.

                La décrire reviendrait à y dédier le reste de mon ouvrage en juxtaposant paradoxes et antithèses. Aucun membre de notre groupe n'y étant jamais venu, nous prîmes la décision la plus sage que pouvait prendre un groupe d'aventuriers dans notre situation : trouver une taverne !

                Etant donné la taille de la ville se fut chose aisée, bien que toutes les tavernes, bars, auberges semblaient sur fréquentées.

                "Olah Tavernier" héla Témor, "tu nous servira des bières et un verre de lait fraise à ma table"

                "Bien mon gars, je vous met de la becquetance avec ?"

                "Quelques viandes froides feront l'affaire ... dis-moi ... c'est normal cette affluence ?"

                "Z'êtes nouveaux dans le coin ?"

                "Ouaip jamais venus"

                "Ben z'êtes tombés pile au moment des grands tournois. Des voyageurs de tout le continent sont arrivés ces derniers jours"

                "Grands tournois ? Intéressant" répondit-il en caressant machinalement sa masse portée en bandoulière "Tu pourrais m'en dire plus ?"

                "Ben y a des affiches partout en ville, si tu sais lire"

                "Je ne sais pas lire"

                "Je lui ferais la lecture" intervins je

                "Ca peut être un bon plan pour se faire connaître et gagner un prix" réfléchit il à haute voix

                "Il y a plusieurs tournois dans des registres différents" lui dis-je "J'ai lu ses affiches durant notre chemin jusqu'ici, je pensais que tu savais lire"

                "Bah non, tu vois. Moi je savais pas que tu savais"

                "J'écris tous les jours et ma muse est Clio gardienne de l'histoire du monde"

                "Et alors ?"

                "Laisse tomber"

 

Une fois servis nous reprîmes la discussion sur cet événement annuel.

 

                "Donc, il semblerait que la ville organise sur plusieurs jours des jeux, aussi bien de l'esprit que du corps permettant à tous de s'affronter selon leurs qualités respectives"

                "Mais encore ?" demanda Shattasman

                "Tournois de cartes, d'échecs, mais aussi d'arènes et de jeux pour enfants avec une section découverte et un marché du jeu avec des artisans présentant leurs créations"

                Le sourire carnassier de notre ami Krackan ne laissa que peu de doutes sur ses intentions. Shattasman tenta de calmer ses ardeurs : "Il devrait y avoir de gros clients à l'arène"

                "Ouais !" répondit-il enjoué

                "Ce que je tentais de te faire comprendre c'est que ce n'est pas en te faisant détruire que ta réputation se fera. A moins de te transformer en publicité vivante pour ton produit far : la destruction de trucs"

                "Ce que je me suis pris je peux vous le mettre ! Ca c est du slogan" ironisais je

Les éclats de rires du groupe ponctuèrent le repas.

                "Se trouver une auberge pour les nuits à venir risque d'être plus compliqué autant s'y mettre de suite" conseilla la fée

 

Chapitre Vingt Troisième

 

Après avoir essuyé quelques refus, toujours polis, de tenanciers pour cause de manque de chambres, et avoir évité quelques combats de bars dans des endroits vraiment pas très recommandables, nous finîmes par trouver une chambre commune dans auberge somme tout moyenne au nom peu original, dans un quartier lambda de cette ville immense.

 

La soirée fut ponctuée des rêves de victoire de Témor qu'il tenait pour acquise allant jusqu'à s'imaginer que le roi Ulysseus, seigneur des hommes et maître de Thucydide ainsi que de la quasi-totalité de l'île continent de Polymedargos, puisse requérir ses services. Dans ses monologues égocentriques il le nommait déjà Ullie !

 

Histoire de ne pas ré enchainer sur la même thématique le jour suivant, je pris soin de me lever avant les autres et de partir vers mon ambassade.

 

La ville était déjà bien animée mais je ne saurais dire si cela était habituel ou si les Grands tournois y jouaient un rôle.

 

Et c'est ainsi que je découvrais rue après rue les quartiers-villes de Thucydide regorgeant d’étales tous en rapports plus ou moins éloignés avec l’évènement : ici un artisan proposant jeux et jouets en bois, ici une démonstration d’un nouveau sport ramené par des semis élémentaires nomades, regardé d’un œil attentif par des elfes gris envisageant surement les possibilités de paris, quitte à revoir un peu les règles, ici un ring de fortune avec d’autres elfes gris encaissant des mises. Un univers de jeux, sports, divertissements ludiques amené aux portes des habitants de la pieuvre, et qui mangeait ma journée heures après heures.

 

De longues minutes mon attention fut retenue par une ombre immense sur le sol, ombre appartenant à un objet céleste. Une immense forme oblongue qui survolait la ville. Je la scrutais me demandant ce que cela pouvait être. Mais ne voyant personne s’émouvoir je la tins pour normale dans cette ville où toute chose tenue comme véridique est à vérifier, ré apprendre pour un nouveau venu. Puis je me décidais à reprendre mon chemin.

 

L’adresse écrite sur le courrier dont je me faisais porteur m’emmena près du grand port fluvial, je commençais à avoir des doutes sur les gens qui m’avaient indiqué le chemin quand je fus interpellé.

 

« Pscccht, par ici »

??

« Viens vite, avant que l’on ne te remarque de trop »

« Euh … oui bonjour que puis-je pour vous ? » risquais je poliment

« Vite entre, tu vas nous faire repérer » dit l’inconnu encapuchonné en s’engouffrant dans une traboule. Il ouvrit une toute petite porte que l’on ne pouvait remarquer à moins de connaître les lieux.

Une fois entré il me bouscula pour regarder à travers le judas pendant de longues trop longues secondes, je décidais une fois de plus de jouer la carte de la décontraction, de manière à ce que mon hôte se sente en confiance et à baisser mon stress qui commençait à faire monter mon désir d’un quelconque alcool.

 

« Sympa chez vous, un peu typique mais on se sent tout de suite … chez soi »

Il ôta sa capuche pour dévoiler un visage Felis, un de mes frères

 

« Pourquoi tant de mystères ? Qui es-tu ? » Lui demandais-je interloqué tout en ayant une vision de plus en plus nette d’un débit de boissons

 

« Je suis celui qu’on a nommé ambassadeur, le banni devrais-je dire » cracha-t-il en scrutant la pièce comme une souris se sentant menacée par le chat

 

« Explique-moi ce qui se passe pour que tu te terre ici » commençais je à m’inquiéter allant jusqu'à imaginer le nom du dit débit

 

« TOI D’ABORD ! » cria-t-il comme mes lettres en majuscules peuvent le faire penser.

« Que fais-tu à flâner ainsi, aux yeux de tous, te montrant à gueule quasi découverte ? Ne sens tu pas leurs regards inquiets devant l’inconnu qu’elle représente pour eux ? »

 

« … ma gueule ? … mo…mon visage quoi ? » L’auberge du cochon rieur résonna dans mon esprit

 

« Oui ! Ils ne connaissent pas notre race, il s’en est fallu d’un poil pour qu’ils ne te chassent et te brulent ou empalent ! » C’étaient ses yeux qui auraient dû m’incinérer si ceux-ci avaient été des torches

 

« Mais … ils nous connaissent » me risquais-je « nous ne vivons plus dans le secret, preuve en est que tu as été envoyé ici en tant qu’ambassadeur » Une belle porte en bois, surmontée d’un dessin d’une tête de cochon se fendant la poire, surement à la vue de ma vie en cet instant précis

 

« Oh je te vois venir, tu vas dire que tout est de ma faute, tu va m’imputer les erreurs d’un autre, tu es bien comme notre conseil » dit-il faisant un mini bond en arrière comme pour se préparer à mieux attaquer

 

« Euh … on se calme, je pense qu’il y a un simple malentendu, … un quiproquo. Résolvons le et tout ira pour le mieux »   Dans la salle principale du Cochon rieur, Y a des filles de nuit qu'attendent le jour en vendant du bonheur, Y a des ivrognes qui s'épanchent au bar,Qui glissent lentement le long du comptoir par terre

 

« Oh non, il n’y a aucun malentendu, je les vois bien qui me dévisagent malgré ma capuche, cherchent mon regard pour lire ma crainte dans mes yeux et me montrer toute leur haine, toute leur violence dans les leurs. Mais viens, viens avec moi, suis moi ! » Et il partit à l’opposé de la pièce montant un étroit escalier en colimaçon.

 

Comme le laissait penser l’architecture du dit escalier nous étions dans une tour. Arrivés en haut nous surplombions le quartier et avions une vue appréciable sur la ville.

 

« Regarde ! Ne vois-tu pas que nous sommes encerclés ! »

 

« C'est-à-dire que techniquement …»

 

« Surveillés !! Nous sommes surveillés ! Je suis un appât pour mes frères, c’est pour cette unique raison qu’ils m’ont laissés en vie jusqu’à présent, ils attendent que vous veniez à moi pour se fondre sur nous d’un coup ! » S’égosillât-il

 

« Je pense que tu devrais te calmer, je t’assure que ta vision est déformée, allons en parler calmement devait une bonne chopine de bièr… de lait » Non non de la bière, fraîche avec un bon mètre d’alcool d’herbe ! Oui c’est ce que je lui aurais bien commandé en cet instant au tavernier du Cochon Rieur

 

« Regarde, mon frère » murmura-t-il.

« La nuit tombe même le soleil me trahit » susurra-t-il, les yeux mi-clos se laissant tomber en arrière dans le vide, démontrant ainsi l’inexactitude de deux mythes :

Non les chats ne retombent pas toujours sur leurs pattes.

Non les chats n’ont pas neuf vies, à moins que sa trop grande paranoïa n’en ai déjà gâché huit autres.

 

Prostré en haut de la tour, je regardais les gens accourir vers le corps de mon frère de race.

Remarquant que les regards scrutaient ma position je me décidais à partir avant que l’on ne m’accuse de meurtre et ne m’envoie véritablement au bucher

 

Chapitre Vingt Quatrième

 

                 Je déambulais dans les rues, m’interrogeant sur le sens de la vie et toutes ces autres conneries qu’on a donné aux hommes pour leur faire croire que leur vie avait un sens autre que naître, vivre et mourir. Moi l’ancien alcoolique assistant impuissant au suicide de notre ambassadeur paranoïaque. Son plongeon allait il provoquer le mien ?

                 Quelle ironie tout de même, un ambassadeur paranoïaque : recrutement de génie ou meurtre par suicide ?

Tous ceux de ma race seraient ils condamnés aux désordres de l’esprit ? Bien que cela puisse faire rire mon éventuel lectorat, je me souviens encore de cette Félis, Kate je crois, droguée à l’herbe à chat la quasi-totalité de la journée.

 

                 Faire une halte dans un temple de Clio m’aiderait peut être, non pas à trouver une réponse, les Muses n’ayant jamais prétendu en apporter aux blasphémateurs que nous sommes mais peut être à surmonter une partie du mal être. Je me dirigeais ainsi vers le plus grand temple érigé en l’honneur de ma muse, traversant le capharnaüm causé par la fermeture des différents étales et animations que la ville avait pu offrir tout au long de cette journée. Ce démontage massif rendait le tableau de ma fin de journée encore un peu plus glauque et je me surpris à me réjouir en voyant le temple.

 

                 Je n’ai jamais été un fervent fidèle des muses, suffisamment cependant pour ne pas attirer leur courroux, mais pratiquer mon « art » à en subir des séquelles physiques comme certains de mes contemporains …

Je me souviens qu’un de nos émissaires nous avait rapporté l’histoire d’un musicien, joueur de harpe, qui cherchait à se faire remarquer d’Euterpe, pour une quelconque raison obscure. Peut-être pensait-il l’avoir offensée, ou alors voulait il lui réclamer quelques faveurs. Quoiqu’il en soit il joua sans discontinuer durant des jours du sommet d’une colline de sa région. Point de Muse, à mesure que ses mains se mirent à saigner, sa musique se fit de plus en plus approximative, il tenta de redoubler d’efforts. On ne sait si c’est le manque de nourriture qui l’acheva ou une simple insolation. Toujours est-il que les charognards purent faire un digne repas ce jour-là.

                 Faut-il être con …

 

                 Et me voilà, égal à moi-même, sur les marches du temple de Clio, ayant des pensées blasphématoires. Et je m’étonne de ma vie !

 

                 « Tu sembles perdu chaton »

                 « Shattasman, tu viens prier aussi ? » m’étonnant de retrouver dans une ville grande comme une principauté, la néréide sur les marches du temple au même instant que moi

                 « Chut, tu va irriter les muses à dire ce genre de choses ici même, espèce de petit hérétique. Ici les nouvelles vont vite, et un homme chat qui se défenestre ce n’est vraiment pas banal, même en ces lieux, j’ai pensé que cela pouvait être toi, mais la description ne collait pas, pelage différent, j’ai donc pensé que tu pouvais avoir vu ne serais ce que le résultat et venir ici pour prier au repos de son âme … ou de la tienne … »

                 « Et tu es venue pour … »

                 « Te réconforter ? T’apporter mon soutien ? Que nenni ! Juste t’empêcher de perdre ton temps et te dire que nous avons trouvé du travail »

                 « Encore des trucs à casser ? »

                 « Non un collectionneur qui cherchent des bras, nous en saurons plus ce soir »

                 « Euh, rappelle moi juste pourquoi ON cherche du travail ? »

                 « Tu ne t’amuses pas dans notre petite troupe ? Tu ne trouves pas que celle-ci t’apporte un lot d’aventures passionnantes ? En faisant abstraction du triste événement que tu viens de subir bien sur »

                 « De celui-ci, de déblayer de la caillasse, de protéger un môme qui peut faire imploser un bâtiment, du coup de me faire attaquer par des changes formes, d’atterrir en prison pour au final me la prendre sur le coin du museau, et de faire équipe avec une fée qui balance des sorts de destruction massives quand elle veut illuminer une pièce, un Krackan qui se rêve tellement beau qu’il en oublie de ne serais-ce qu d’entendre le monde autour de lui, et d’une Néréide qui me donne de plus en plus l’impression de jouer aux marionnettes avec toute cette troupe ! Sans même parler du haut elfe qu’on a perdu dans la bataille pfft disparu ! »

                 « C’est bon tu as fini ? »

                 « … Oui »

                 « On y va ? »

                 « On y va »

 

Chapitre Vingt Cinquième

 

                 Alors que je me plains souvent (si si soyons honnêtes) que les muses m’ont soit abandonné soit, à l’inverse, s’occupent trop de moi, je me retrouve de mon plein grès dans une ruelle sombre, en pleine nuit avec une équipe de bras cassés, attendant un employeur dont on ne connaît rien si ce n’est que ses choix en matière de lieu pour un entretien d’embauche sont pour le moins originaux et peu rassurants sur le « sérieux » et l’honnêteté du dit travail.

                 En dépit de tout cela il fut bon de constater que parfois, tout se passe comme prévu :

                 Comme prévu notre « employeur » fit une entrée légèrement théâtrale en surgissant de nulle part et répondant à Shattasman qui se plaignait à haute voix de son retard.

                 Comme prévu il était encapuchonné et on ne pouvait distinguer son visage.

                 Comme prévu il fit moult secrets sur le travail proposé et le but final de celui-ci

                 Comme prévu le travail en question promettait d’être dangereux, immoral et donc illégal.

                 Comme prévu Témor accepta pour tout le monde, dès que notre collectionneur de patron (donc) lui donna la rémunération globale pour ce travail.

                 Comme prévu tout le monde grogna

                 Comme prévu notre commanditaire repartit dans l’obscurité en nous lâchant un « ne me décevez pas » qui tenait à la fois de l’enfant implorant pour des jouets à la veille de noël et de l’usurier menaçant de couper un doigt par jour de retard.

                 Comme prévu nous nous grattèrent nos têtes en lisant la liste au père noël dont nous venions d’hériter, au beau milieu d’une rue, en plein milieu de la nuit. Un garde passant par là nous aurait mis au fer de suite tant le mot COUPABLE flottait au-dessus de notre groupe.

                 Nous décidâmes donc de retourner dans notre auberge pour nous réunir plus discrètement.

                 « Pourquoi tu as dit oui sans nous consulter ? » lança la fée

                 « Pourquoi ça t’étonne encore ? » ironisais je ?

                 « Ouais c’est bon t’avais autre chose à faire ? Tu roules sur l’or ? Ca va couter de l’argent de s’inscrire aux tournois, et de payer ton inscription à la guilde des mages aléatoires » répondit-il effrontément.

                 « Sauf qu’en lisant la liste des objets à lui récupérer, nous pouvons déjà dire que nous n’achèverons pas cette mission avant les tournois auxquels tu tiens tant à participer » fit remarquer justement Shattasman

 

• Un œuf de wyverne

• Le carcan, une sculpture de De Vince

• L’amulette de chance

 

                 « Et ou risque-t-on de trouver tout cela ? » me risquais-je

                 « Risquer est le mot exact, de ce que je sais, les wyvernes se trouvent surtout dans les déserts du nord. Elles feraient leur nid dans les quelques falaises s’y trouvant. Quant au Carcan il faudrait se renseigner dans les musées pour savoir si cette œuvre est exposée ou propriété d’un collectionneur privé »

                 « Et l’amulette ? » demanda Témor

                 « Pas la moindre idée, trésor caché, relique vénérée, babiole jalousement gardée, objet unique ou pas … »

                 « Demain ouvrent les tournois, si quelqu’un est particulièrement chanceux et qu’il porte un objet pouvant y faire penser … »

                 « Très judicieux chaton, si son propriétaire connait son pouvoir, il ne pourra qu’être attiré par cet évènement pour en tirer un bénéfice »

                 « Du coup faut s’inscrire ! » cria un Témor heureux

                 « Oui mais à quoi et comment ? Je croyais que nos muses d’argent se faisaient rares » dit la fée d’un air suspicieux tandis que je voyais déjà la catastrophe arriver, me maudissant d’avoir eu un éclair d’intelligence dans cette discussion.

                 « Bah à ce qui rapporte le plus ! Pour l’argent on dira que c’est une avance sur bénéfice ! » Justifia le Krakan

                 « Et si on ne s’inscrivait pas et que nous nous contentions de rester spectateurs de manière a avoir un peu de recul et ainsi mieux observer les concurrents ? »

                 « Bwahahahaha très drôle chaton » (ah non pas lui aussi !) « J’adore ton humour, allez au lit qu’on soit plus vite demain ! »

 

Chapite Vingt Sixième

 

                 La journée promettait d’être fatigante, si si vraiment si. Il y a des moments dans la vie d’un homme-chat où il faut affronter la réalité en face, courageusement de manière à ne pas se voiler la face (la gueule ?) et à vivre dans un monde d’optimisme béat et d’utopie. Et là la journée promettait d’être fatigante. Physiquement en raison des activités nécessitant de la force musculaire voir des aptitudes au combat. Nerveusement en raison des jeux de l’esprit et mentalement en raison de Témor.

                 Du coup j’esquivai une fois de plus ce début de matinée (les chats sont très doués pour l’esquive) en accompagnant Shattasman dans ses recherches sur la liste de notre collectionneur

                 « Je ne m’attendais pas à ce que tu me suives » dit-elle sur un ton parfaitement neutre

                 « J’ai l’impression de te déranger. Toi et tes semblables semi-élémentaires semblez être très solitaires, incisifs, bien que ta patience contraste avec l’impulsivité de l’homme pierre »

                 « Partiellement faux. Nous sommes comme les éléments, différents et complémentaires. Opposés et indissociables. Mes semblables néréides sont réfléchies, portées sur l’érudition, sédentaires, étudient souvent la magie. Les stratos ou semi élémentaires d’air sont portés par le vent, découvrant le monde mais toujours en tribus. Les feu-follet eux, sont des grands solitaires, impulsifs, souvent irréfléchis »

                 « Un peu comme Témor » l’interrompais-je

                 « C’est lui l’énigme, un esprit de Feu-follet dans le corps d’un Krakan. Ses semblables font preuve de patience, à tel point qu’ils sont souvent poussés à l’inaction, ont des habitudes tribales shamaniques, voyagent mais aiment rester en un même endroit de longs mois. En avoir un, seul, se baladant de ville en ville, toujours prompt au combat, impulsif, irréfléchi : c’en est une énigme pour les sciences ethnologiques. »

                 « Quelle est son histoire ? »

                 « Oh tu le sauras bien assez tôt, il en parle assez facilement même si il s’en défend. L’occasion ne s’est simplement pas présentée » 

                 « Et la tienne ? »

                 « Elle pique ta curiosité de félin n’est-ce pas ? »

                 « Vous êtes réfléchis, nous sommes curieux, tel est l’ordre des choses »

                 « Effectivement tu crois au destin »

                 « … »

                 « Tu sors à peine de ta grotte, tu ne connais pas encore toutes les coutumes du monde du dehors. Dans ton voyage as-tu entendu parler de celles tournant autour de la réincarnation ?»

                 « Non la seule ville où je me suis réellement posé fut Kouskas … pour mon plus grand bonheur »

                 « Peur du bucher ? » dit-elle en souriant

                 « Dans les contrées reculées, la différence est souvent synonyme de mise à mort »

                 « Alors je vais enrichir ta culture personnelle. Dans notre bien beau monde, quand un enfant naît, et ce pour la plupart des peuples hormis celui des fées, le tien et les feu follet qui sont trop solitaires et indépendants, la famille estime si l’enfant est une réincarnation d’un parent. On donne un second prénom à l’enfant du nom du réincarné et on l’habille selon le sexe du réincarné »

                 « Les filles en garçons et inversement ? »

                 « Si le cas se présente oui. Mais uniquement durant la petite enfance. Il sera souvent appelé par ce second prénom lorsqu’il sera parmi les siens »

                 « C’est assez folklorique effectivement »

                 « Là où ça se complique et que nous quittons le coté sympathique du folklore c’est que cette croyance se répand au-delà du domaine familiale »

                 « Mais encore ? »

                 « Des ordres cléricaux, des castes, des guildes, d’autres familles bref toute structure sociale peut chercher des membres disparus plus ou moins récemment et décréter, après une série de test plus ou moins sommaire, que tel enfant est la réincarnation de tel oncle, dignitaire, noble, cureton, maître de guilde » je cru percevoir un serrage de dent à cette évocation.

« Est-il déjà arrivé que 2 ordres désignent le même enfant ? »

« Oui, principalement pour des raisons politiques. A ma connaissance jamais pour des raisons de croyance. On va désigner tel enfant de telle tribu ou village pour grappiller de l’influence sur une zone géographiquement stratégique. »

« Et en général ça se règle comment »

« Mais de la seule manière dont les mortels savent faire preuve : l’affrontement, pouvant aller dans certains cas jusqu'à l’assassinat de l’enfant »

« Bonne ambiance ! Mais en général, la vie d’adulte est toujours influencée ? »

« Assez peu, hormis quelques cas rares les gens prennent la réincarnation comme une information et non comme un mode de vie à suivre : je suis la réincarnation de mon trisaïeul, voilà point. Des cas de mégalomanie existent bien entendu et comme je te l’expliquais des hommes tout à fait banals peuvent vivre comme des seigneurs de guerre. Ils finissent assez vite à la fosse commune »

« Tu as l’air d’être très documentée sur ce sujet, s’agit-il de ton préféré ? »

« Je travaille sur certains thèmes par envie, par intérêt, mais parfois par nécessité »

« Après un Krakan impulsif, et une néréide solitaire, voyageuse et mystérieuse je vais peut-être finir par tomber sur un feu-follet pacifiste et attentiste »

« Ce monde a à nous offrir bien des surprises »

 

Chapitre Vingt Septième

 

En ces temps sombres et reculés, les hommes restaient focalisés sur le développement de leur civilisation et de leurs richesses, l'exploration de nouvelles contrées, laissant les préoccupations liées a la disparition de divinités qui n'étaient pas les leurs aux érudits et ceux qui pensaient l'être. Ainsi un groupe nommé les Philosophes de la Larme, voulut rencontrer un dieu pour lui poser leurs questions sur le sens de la vie et les questions fondamentales de celle-ci.

Ils s'adressèrent à Hestia, déesse des hommes, du feu et du foyer. La déesse les reçut et ensemble ils discutèrent longuement, pendant des journées entières parfois. Mais la déesse loin d'être omnisciente, ne put répondre à leurs interrogations, prise par ses propres doutes. Alors devant tant de complexité de la part de ces petits êtres chétifs que sont les mortels, d'interrogations, de quête de sens, la déesse comprit qu'elle ne pourrait jamais les guider comme elle le pouvait, juste les brimer ou les orienter vers sa voie. Devant ce qui allait devenir un échec personnel et la disparition de ses pairs, elle décida d'abandonner les mortels à leur sort

 

 

Chapitre Vingt Huitième

 

                 Vous allez dire que je vous fais le coup assez souvent, mais de vous à moi … honnêtement … vous vous seriez attendu à finir dans un musée avec une Néréide comme guide en ayant vécu en quelques jours ce que j’ai vécu ?

                 Eh bien moi non. Et cette visite fût fort agréable. Certes nous étions ici pour des motifs peu avouables. Mais nous réussîmes à joindre l’utile à l’agréable.

                 Le musée en question était, si ce n’est le plus grand, sûrement le plus intéressant de par la qualité et l’éclectisme de ses œuvres. Certes je ne suis pas un grand connaisseur, étant sorti depuis peu de notre réseau troglodyte où l’art y prend une place somme tout minime mais je sais, un peu, m’émouvoir de l’harmonie d’une sculpture, de la beauté d’une peinture ou d’un écrit et bien évidement du poids historique de toutes ces œuvres humaines qui frôlent parfois le divin.

                 Le musée était une donation à la ville et au monde, c’est du moins ce que disait la plaque commémorative posée lors de l’inauguration, de la grande maison Lalith. Disons plutôt une vitrine. Ma guide m’expliqua que dans le monde, en plus de tous les pays, sous royaumes, principautés, baronnies, j’en passe et des meilleurs il y avait d’autres sphères d’influences. Les guildes, regroupements de corps de profession, exerçant la leur (d’influence) pour améliorer le quotidien de leurs membres. Bien évidemment les guildes n’étant pas des organisations humanitaires leur travail ne s’arrête pas là et elles tentent ainsi d’obtenir de plus en plus de pouvoir, de s’étendre dans de nouvelles contrées, et de s’enrichir.

Les maisons sont un peu différentes. Si un novice tel que moi pourrait apparenter une guilde à une grande maison il n’en est rien, ou presque. Une grande maison est une famille noble qui s’est spécialisé dans un domaine très précis pendant que les autres vivaient confortablement de la gestion de leurs terres. Se développant elle a accueilli en son sein des spécialistes de divers horizons et races perdant ainsi l’herméticité d’une famille. Au fil des siècles (!) elle s’ouvrit à d’autres applications de sa spécialisation et/ou à d’autres domaines.

D’après Shattasman, il existe trois grandes maisons, dont les centres névralgiques se situent bien évidement en Thucydide. La maison Lalith est de celle-là, fondée il y a près de sept siècles par un mage haut elfe de la sphère du feu. Celle-ci s’est spécialisée dans tous les arts magiques y compris l’enchantement qu’elle fut la première à réellement développer. Son pouvoir politique s’est développé avec le temps et, comme ses consœurs, son influence est, à ce jour, équivalente à celle d’un royaume.

                 La maison Lalith entretenait de fort belle manière sa « vitrine » si certaines œuvres me laissaient de marbre, leur histoire, écrite sur des plaques dorées, était passionnante.

                 Certes l’aile dédiées aux arts magiques était la plus fournie et impressionnante, s’y trouvaient : une collection très ancienne de runes magiques créées par les premiers maitres graveurs, la première arme enchantée (un superbe fléau en argent), une reconstitution du premier laboratoire de Aribani Lalith le fondateur de la maison, diverses créatures invoquées momifiées (dont l’aspect de certaines laissaient peu de doute sur les raisons de leur invocation), des peintures représentant tel fait magicalement historique. L’une d’entre elle bougeait même permettant d’assister à une scène de grande bataille sur ce qui semblait être l’île elfique, comme si nous y étions.

                 « Ce sont des peintures mémoires. Sur une toile magiquement traitée on capture l’essence d’un endroit à un moment précis, la toile capture alors le mouvement des énergies magiques pour le retranscrire. Par la suite un peintre versé dans ces arts doit les travailler pour peindre réellement la scène vue par des yeux mortels. »

                 « Quel est cet événement qui y est raconté ? » l’interrogeais je complètement captivé par ce que j’y voyais : les deux plus grandes et belles armées que l’on puisse imaginer se faisant face de part et d’autre d’une pleine immense et plus d’une centaine de mages invoquant en cœur.

                 « La création des volcans aux flammes éternelles. Il est dit que lors de cette bataille opposant haut elfes et elfes noirs, la quantité d’énergie magique fut si faramineuse que de cette pleine émergèrent les volcans que nous connaissons à ce jour. Une végétation hostile, des flammes qui ne s’éteignent jamais, une chaine montagneuse réputée infranchissable et deux peuples à jamais séparés »

                 « Ils sont toujours en guerre ? »

                 « Ouvertement non, mais tu ne les verras jamais se tourner le dos »

                 Et puis des grimoires, des grimoires et encore des grimoires, des babioles dont je ne comprenais pas l’utilité, les prenants bien souvent que pour de simples objets décoratifs voir des grigris.

                 En souriant je fis une réflexion sur l’absence d’œuvre ayant traits aux mages aléatoires

                 « Si un Lalith t’entendait il te jetterait dehors, pour eux c’est de la fumisterie, juste des mages ratés qui ne savent pas contrôler une seule seconde les énergies qui parcourent leur corps »

                 Au détour d’un couloir entre l’aile magique et l’aile d’art contemporain, nous tombâmes nez à nez avec une œuvre du « maitre » De Vince. Artiste, scientifique, inventeur illuminé, touche à tout de génie : Le Carcan

                 « Quelle coïncidence » fis je étonné et un brin soupçonneux vis-à-vis de ma collègue

                 « Oh, si nous ne l’avions pas trouvé ici, nous aurions bien trouvé quelqu’un qui nous aurait mis sur une piste solide. »

                 La statue, si tant est que l’on puisse la classer dans les sculptures était une construction métallique un peu plus grande qu’un elfe et ne ressemblait à … rien. Impossible de savoir si l’artiste avait voulu représenter quelque chose de réel ou si il s’agissait d’une vue de l’esprit

                 « Bien quelle est la prochaine étape ? » me hasardais-je

                 « La réflexion, beaucoup de réflexion, il va falloir apporter des réponses aux nombreux problèmes que nous avons à Témor avant que lui-même ne se mette à réfléchir »

                 « ? »

                 « Entre les pièges magiques que j’ai sentis, ceux que je n’ai pas sentis, les alarmes mécaniques, les gardes et les Lalith il va falloir un plan millimétré si on veut sortir ceci »

                 Et dire que pendant que je pensais passer une agréable matinée en sa compagnie, Shattasman repérait, analysait, détectait tout ce qui pouvait nous empêcher de sortir ce … truc de ce musée. Je suis trop naïf pour ce monde cynique

 

Chapitre Vingt Neuvième

 

Bref.

                 La fée voulait rejoindre la guilde des mages aléatoires.

                 On a cherché le bâtiment, c'était facile, c'était le plus haut de la ville

                 Dans ce bâtiment il y avait un bureau par guilde et des guildes y'en avait genre 1,2,3,4,5,6,7,8,13,16,26,27,30,32 … plein

                 On a cherché l'étage, c'était moins facile. Dans cet immeuble, le Hall des Guildes, il y a la guilde des aventuriers, la guilde des voyageurs, des bûcherons, des coursiers … et la guilde des aléatoires.

                 Sauf que la guilde des aléatoires change de bureau et d'étage chaque jour de manière aléatoire.

                 On a demandé notre chemin a plein de gens mais plein de gens = plein d'infos contraires. On a pris un monte-charge.

                 On est monté,                     monté,                          monté,                                              , et encore monté

 

                                           descendu,                      descendu,                    et encore descendu

 

mais le dernier voyage c'était juste parce que Témor trouvait ça marrant.

 

                 On en avait marre, la fée aussi, on a ouvert des portes au hasard … ou plutôt aléatoirement … au cas où.
La fée a lancé un sort de détection magique : on a failli mourir de froid.

                 Alors la fée s'est dit qu'en tentant un truc vraiment dangereux on ne pouvait avoir que quelque chose de positif : on a failli mourir de froid.

 

                 Puis un mec avec un chapeau de sorcier est apparu, il nous a demandé ce qu'on faisait là, on lui a dit.

 

Il était aléatoire

 

                 On lui a demandé si c'était un coup de bol et que les aléatoires se détectaient entre eux : il nous a répondu que ça dépendait des jours.

                 Il nous a conduit à son office, a demandé à la fée son but, lui a demandé de lancer trois sorts.

On a failli :

  • Mourir de honte au premier

  • Mourir de rire au second

  • Mourir de froid au troisième

 

                 Le vieux avec son chapeau pointu semblait content, il a fait signer la fée, du coup elle était contente a voulu lancé un quatrième sort mais a fait un truc « technique » un échec critique et on est devenu plus petits pendant 3 minutes.

 

                 Quand on est ressorti, j'ai été acheter des moufles et un cache-truffe

 

Bref la fée est devenue mage aléatoire.

 

Chapitre Trentième

 

 

                 Et nous voilà, tous ensemble, faisant chemin vers la grande arène de Thucydide pour l'inscription sensée nous mener sur la piste d'une amulette de chance, sur le chemin de la gloire pour Témor et accessoirement sur la route de la richesse.

                 Je n'avais pas eu l'occasion de voir beaucoup d'arènes jusqu'ici. Nous formons des cercles de combats dans nos grottes, nous ne nous amusons pas à affronter des bêtes sauvages traquées dans des contrées exotiques pour le plaisir. Nous ne gaspillons pas nos forces, ne gaspillons pas nos vies.

                 Il semble que les peuples de notre « beau » monde aient une conception différente. Et quand j'écris les peuples, je pèse mes mots et mon encre car devant cette grande arène se tenait le plus gros rassemblement de personnages hétéroclites qu'il m’ait été donné de voir : géants, semi élémentaires, méduses, lutins ! (non mais lutins ! Imaginez!) nains et bien sur tous les types d'elfes possibles exception faite des hauts elfes, bien trop … eux-mêmes … pour se mélanger de la sorte pour une raison aussi futile.

                 Moins observateur que Shattasman mais bien plus curieux, vous excuserez ma nature, je ne pu m’empêcher de remarquer que celle-ci se cachait tant bien que mal dès que nous approchions des elfes noirs. Et je mis à faire une addition simple mentalement 

Attaque d'elfes Noirs à Kouskas + S'en cacher dès que possible + Grand intérêt pour la réincarnation = ?

                 Oh bien sûr éviter les noirauds semble être du bon sens, n'oublions pas qu'ils ont littéralement inventé l'assassinat et que la torture est un art au même titre que la danse ou la sculpture, mais tout de même je pensais, à ce moment, avoir mis la griffe sur quelque chose d'important.

                 Et toute cette foule s’agglutinait en une énorme masse pour se prolonger en interminables files d'attentes. Certains semblaient patienter en lisant un drôle d’ouvrage. Un ensemble de grandes feuilles grises sur lesquelles des textes s’entrechoquaient. En tentant de m’approcher des détenteurs de ce mystérieux ouvrage, je pu lire plusieurs titres dont celui de l’ouvrage : le Thucydien. Il semblait informer de nouvelles en provenance des quatre coins du monde. Un genre de troubadour en papier mais sans les chants. Saine occupation pour patienter effectivement.

                 Évoquer cette idée me fit me retourner vers notre ami Krakan dont la patiente légendaire serait indubitablement mise à mal. Il souriait … comme un enfant à qui on aurait promis un cadeau fabuleux.

                 Une fois extirpés de la masse pour rejoindre une des files, nous comprimes que chacune d'entre elle était destinée à une épreuve différente.

                 « On devrait peut-être se séparer pour gagner du temps ? » fit remarquer Shattasman

                 « Pourquoi ? » répondit Témor « tu comptais t’inscrire à autre épreuve que l’arène ? »

                 « Je te rappelle que nous cherchons une amulette de chance et que son éventuel propriétaire peut s’inscrire à d’autres épreuves, si tant est qu’il décide de s’inscrire à quelque chose » argumenta la néréide.

                 « Bah inepties ! » oui oui inepties, je retranscris tel quel. « Moi si j’avais une telle babiole je combattrais sans relâche »

                 « Personnellement, j’opterais pour des maisons de jeu » m’avançais-je

                 « Nous voilà donc fixés, inscris toi à l’arène Témor, nous allons opter pour d’autres épreuves » trancha-t-elle

                 « OK inscrivez moi aussi pour le tournoi de cartes »

                 « Si tel es ton désir, je vais opter pour les échecs elfiques personnellement » et elle nous quitta pour rejoindre la bonne file.

                 « Je prends donc les cartes » annonçais je, laissant le Krakan et la fée ensemble, comme toujours.

                 Près de deux heures plus tard la file entra dans les zones spectateurs de l’arène, celle-ci avait été creusée dans le sol, renforçant ainsi l’impression d’oppression. Des statues géantes à l’effigie des dieux guerriers et du haut panthéon olympien servaient de colonnes soutenant des arches décorées de fresques des monstres mythiques.

                 De toute évidence les guerriers n’aiment pas la sobriété.

Les « bureaux » d’inscriptions étaient tous au même endroit : dans l’arène elle-même. L’oppression de l’endroit plus le temps d’attente devaient avoir découragé un bon nombre d’indécis

                 J’aperçus le dos de Témor et de sa fée. De toute évidence, les combattants étaient moins nombreux que les joueurs. Mais bien plus impressionnants. Un géant, immense même pour sa race me terrifiait particulièrement. Et je ne pu que me réjouir de ne pas affronter pareil engin.                  D’autres devaient le penser aussi, puisqu’il doubla un certain nombre de futurs concurrents avec leur bénédiction, voir leur invitation, deux ou trois quittèrent même la file. Et bien évidement il arriva à la hauteur de mon ami de pierre qui ne broncha pas. Il poursuivi son chemin, s’inscrivit, se retourna, croisa le regard du géant, me vit et me fit un clin d’œil complice tandis que la fée virevoltait autour de sa tête et de son torse.

                 De mon côté il me fallut près d’une heure de plus pour approcher la table, inscrire mes compagnons et moi-même pour un montant qui me laissa à penser que le vainqueur n’aurait pas à se soucier à trouver un travail avant de nombreuses années, voire vies.

Le petit groupe m’attendait à la sortie de l’arène, la néréide me regarda avec un air encore plus blasé que d’habitude

                 « Le voilà, il va être heureux … »

                 « Bien sûr ! » s’enjoua Témor.

                 « ? »

                 « Il t’a inscrit pour l’arène »

                 Regard hagard, tétanisation des muscles, augmentation du rythme cardiaque.

                 « M… Mais pourquoi ? Qu’est-ce que je t’ai fait putain de débile pour que tu m’envoie à la mort ? »

                 « Ahaha t’inquiète ça va aller chaton, même la fée est inscrite »

                 « Mort devenant massacre avec torture pré et post mortem »

 

                 Et je revis le géant, qui nous regardait avec un sourire carnassier, lui aussi accompagné d’un petit groupe cosmopolite.

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