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Chapitre Soixante et unième

 

 

     Je profite du calme de ce voyage pour me relire. Je me rends compte qu'il me reste à évoquer le blasphème de certains peuples. Et que j'aurais pu, dans un soucis de fluidité, d'enchainement, de logique de récit les relater à des endroits judicieux entre des chapitres passés.

     Je rectifierais cette erreur dans le récit final, mais en attendant je me propose de les écrire ici.

 

     Concernant les hauts elfes :

 

 

      Tous les peuples interprètent les saints écrits. Chaque interprétation ouvre sur des rites, des mœurs, des cultes différents. Mais, dans toute croyance, l'opposition Bien/Mal est représentée. Pour les Hauts elfes, ces êtres purs, Hadès était la personnification du mal. Comment en pouvait il en être autrement puisqu'il régnait en Enfer et accueillait les âmes défuntes des impurs qui n'allaient pas aux Champs Élysées ?

 

      Bien que leur haine du mal était absolu, ils ne leur serait jamais venus à l'esprit d'affronter Hadès en son domaine, mais les esprits avaient changé depuis les premières disparitions de divinités. Dès lors, le haut conseil elfique décida de lever une armée pour détruire le représentant de tout mal en cette terre. L'armée franchit péniblement les portes du royaume d'Hadès, mais la motivation des elfes ne faiblît pas. Aux portes de sa demeure, Hadès apparut. Le combat s'engagea aussitôt, durant plus de 10 jours les deux parties firent état de la même force, faiblissant toutes deux aux mêmes instants. C'est alors que surgit un jeune lancier du nom de ALDRYN, d'un coup majestueux il transperça le torse du dieu.

      Dans les jours qui suivirent, le monde fut enclin au plus profond des chaos, le Gardien des âmes défuntes ayant été tué, celles ci n'avaient plus à rester emprisonnées et les mauvaises âmes ne mourraient plus, n'ayant plus d'endroits où aller. La leçon fut bien amère pour les elfes, ainsi Hadès n'était pas le mal, il en était juste le gardien.

 

     Concernant les elfes noirs :

 

 

     Arès vivait de guerres, complots et autres combats. En cela il était vénéré par les Elfes Noirs. Mais grand était son désarroi car aucune race, aucun adversaire n'était à la hauteur du défi que lui et ses cohortes proposait au monde.

 

      Alors Athéna, fatiguée par les attaques incessantes de son frère sur le monde lui insuffla une idée saugrenue mais qui ne manqua pas d'émerveiller le dieu de la guerre : pourquoi ne pas attaquer "son" peuple, puisque qu'aucun des autres ne semblait tenir le défi ? Arès arma des cohortes de guerriers de toutes races et déclara la guerre au peuple elfique de l'ombre, par l'intermédiaire d'un général de paille. Mais les elfes noirs et leur reine, la matriarche, n'étaient pas dupes, ils savaient bien que Arès se cachait derrière tout ça. Mais que pouvaient ils faire si ce n'est accepter le défi et lever eux aussi des cohortes de soldats ? Alors le combat s'engagea, certes les forces d'Arès étaient moins puissantes mais leur supériorité numérique palliait à ce désavantage, du moins dans les premiers jours du conflit. Les mages noirs et les assassins mirent en déroutes de nombreuses légions et les cohortes du dieu de la guerre durent se rendre sous peine d'être massacrées.

 

      Alors la matriarche s'avança sur la plaine qui abrita la dernière bataille, et cria aux cieux sa victoire et son dégoût d'Arès, trop lâche pour assister à la déroute de ses armées et pour reconnaître sa défaite. Arès répondit à l'insulte et se présenta, fier et imperturbable. Il demanda à la matriarche quel serait le prix de sa défaite. Elle lui répondit de la seule manière possible pour un Elfe Noir : La Mort.

 

 

Chapitre Soixante deuxième

 

 

La forêt est un environnement qui m’est très méconnu et dans lequel je me sens assez peu à l’aise.  Mes sens ont tendance à se « surcharger » en informations : senteurs, sons, mouvements, et sûrement le goût si je portais à ma gueule ce qu’offre la nature.

 

Dans nos grottes la lumière n’arrive que par les torches et braseros, la flore y est très redondante, et les rochers, à la différence des arbres, bougent assez peu au grès du vent il faut bien l’avouer. Donc oui pour un troglodyte tel que moi, la forêt est fascinante car enivrante et par là-même inquiétante.

 

Et ces fameux tombeaux dont personne ne parle, personne ne sait rien, mais qui semblent intéresser du monde, semblent tous être perdus dans des forêts denses. Mais cela pourrait-être pire. Imaginons que ceux-ci soient dans un désert : chaleur, sable, et potentiellement amazones. Ou bien dans la jungle : insectes aux tailles disproportionnées, animaux féroces et fourbes (les prédateurs forestiers sont plus frontaux dans leur approche, ainsi a-t-on rarement vu un ours attaquer de dos ou sautant silencieusement d’une branche d’arbre) et bien sûr chaleur et humidité.

Oui la chaleur ne me convient pas, j’ai une fourrure rappelez-vous !

 

Et de la forêt et bien j’en bouffe ! On marche, explore, crapahute, grimpe, escalade même ! Tout ça en raison d’une carte moisie depuis des siècles recopiée à la va vite par une non cartographe. Et mes pattes de chats n’en peuvent plus ! Alors oui je porte des bottes, nous ne sommes pas des sauvages non plus ! Nos pattes ne sont pas tout à fait félines ni tout à fait humaines. Pourvues de griffes mais adaptées, bien évidemment à la stature debout. Et pourquoi je vous écris cela ? Tout le monde le sait que les Félis sont ainsi fait. Me mettrais-je à nouveau dans une position où ceux de ma race auraient disparus depuis des éons à la lecture de mes écrits ? Pessimisme liée à la fatigue. Les amazones ne nous ont pas anéantis, et les Muses nous en veulent autant qu’aux autres, ni plus ni moins. Nous ne saurions disparaître ainsi.

 

En clair j’écris ce début de chapitre durant une pause que je vais tenter de faire durer plus que de raison. D’après Témor, dont le travail sur notre planisphère ne peut me permettre, une seule seconde, de remettre ses intuitions et sa lecture de la copie de Shass en doute, nous serions dans tout proche de notre but.

 

Je sens pourtant à l’écriture de ces mots que je vais les regretter et faire, de manière involontaire, un effet de surprise pourtant attendu. Mais comme je l’écrivais la copiste et la copie seront (aussi) à blâmer en cas d’échec.

 

Au moins n’avons-nous pas eu de mauvaises rencontres jusqu’ici. Nous sommes encore relativement proches de Thucydide, 4 jours de voyages vers le sud. Nous n’avons quitté la route principale qu’au dernier moment, et notre fine équipe semble plus passer pour des brigands (hormis la fée cela va de soi) que pour des victimes. Quant à la faune, notre discrétion légendaire (ironie) semble l’aiguiller vers des cibles plus conventionnelles. Pourvu que ça dure.

 

 

               « On a trouvé »

              Prends ça l'effet de surprise attendu !

               « Comment ça ? » répondis-je à Témor

               « A flanc de falaise, enfin … une petite falaise. Une butte, comme coupée en deux. Tu t'y attendais pas, tu étais sûrement en train d'écrire que je vous menais sur une fausse piste » Il repris son souffle, pris une grande gorgée dans sa gourde d'eau personnalisée d'une tête de mort et d'un marteau (!)

               « Mais pas du tout ! Bien au contraire ! »

 

Il reprit en s'essuyant la bouche.

 

               « Mouais, enfin ce qui nous a mis sur la voie, ce sont les cordes »

               « Cordes ?  Comment ça cordes ? »

 

Shass arriva, essoufflée, à tel point que son seul « asthme raciale » ne pouvait être l'unique cause.

 

« Il a déjà été visité, du coup nous sommes rentrés sans t'appeler, au cas où nos prédécesseurs seraient toujours en pleine exploration »

              « Et ? »

               « Comme tu peux le voir ils sont déjà partis, et ont tout pris au passage. Pas une pièce, par un parchemin. »

               « Pas une paire de gantelets magiques »

               « Oui ça non plus effectivement ... »

               « Mais ils sont passés il y a longtemps ? »

               « Aucune idée, les cordes ne sont pas neuves mais pas trop usées non plus. De la poussière a été bougée mais elle recommence à prendre ses aises»

 

Consternation de ma part et reprise de souffle de la leur.

 

              « Mon sentiment c'est qu'il a été visité juste après le notre. Nous avons dû servir de cobayes. Après noter épisode commun, ils savaient les dangers dont il fallait se méfier et ont agis en conséquence. »

              « Des morts vivants »

               « En morceaux, on pourrait jouer aux osselets avec ce qu'il reste » dit Témor en s'asseyant.

               « Et maintenant ? Ils ont un coup d'avance sur nous, avec des moyens bien supérieurs, nous arriverons toujours après eux » Fis-je remarquer

               « J'aurais du prendre ou même brûler la carte » geignis Shass.

               « Elle a peut-être brûlé » intervins la fée.

               …

               « Ils ont peut-être eu le temps de visiter ici avant que nous arrivions à nous échapper, revenions à Thucydide, organisions le cambriolage ? » Continua-t-elle sur un ton laissant à penser qu'elle aller fini sa phrase en s’excusant d'avoir émis une idée. Les deux autres la regardèrent incrédules.

 

Shattasman rompit le silence.

 

              « Tu as raison c'est une possibilité, leur battisse a tout de même bien cramé, il n'en restait pas grand chose, allez on part ! »

               « Que … Comme ça, hop, de l'abattement de la défaite totale, à l'engouement de la suite d'une quête primordiale ! »

               « Oui, tu as autre chose de mieux à faire ? »

               « Je finis mon chapitre »

 

Voilà fin

 

Chapitre Soixante troisième

 

        Allez, allez

        Approchez, approchez

        Venez, Venez

        Venez lire les aventures exceptionnelles de Rei le félis, Témor le Krakan, Shattasman la néréide et Spressenzideutche la fée.

        Une histoire épique, un récit d'aventures sans pareil, avec de véritables arrestations pour vol à l'étalage, des héros, pris de vitesse, visitant des tombeaux vides, voyageant à travers des contrées merveilleuses, jusqu'à ce que leur chariot pète son essieu.

        Oui, voilà, nous sommes au milieu de nulle part, en route vers un tombeau indiqué de manière très approximative sur une carte mal dessinée, avec un chariot pété qu'aucun de nous n'a le moyen de réparer.

        « Donc là on est mal. » Confirma Témor

        « C'est à dire ? » S'enquit Shass

        « Ben je suis plus calé en destructions de trucs qu'en mécanique mais là c'est bien l'essieu et à moins de trouver un mage spécialisé dans la sphère de la menuiserie ... »

        « Ça existe ? » demanda naïvement la fée.

        « Non il est ironique. » Corrigeais-je

        « Et si je tentais un sort ? Ça pourrait réparer le chariot. » Continua-t-elle.

        « Ça dépend, tu peux tomber sur la sphère de la menuiserie ? » Insista Témor

        « Mais je croyais qu'elle n'existait pas ? »

        « Témor est taquin » rassura Shass.

        « Bon, que faisons nous ? En gros, on lui laisse tenter son sort, en s'écartant à plusieurs centaines de mètres bien sur. Ou bien on va couper un arbre pour refaire un essieu »

proposais-je

        « Ou la troisième solution. » Envisagea Témor « on prends ce qu'on peut et on se casse à pied. Je me vois pas faire mon bûcheron avec une masse »

        C'est sur cette réflexion que nous vîmes arriver deux cavaliers, humains. Au petit trot.

La première règle dans ce genre de situation, si loin de tout, étant bien évidemment la prudence, je me mis sur mes gardes. Pour Témor la première règle dans ce genre de situation, quelque soit l'endroit du monde, étant la paranoïa, il se mit en garde.

        «Ola voyageurs, seriez-vous dans l'ennui ? » Demanda le premier.

        « Quelque peu mes braves, notre chariot semble être inutilisable » lui répondis-je

        « Comme cela est fâcheux » signala le second, étais-ce un sourire ?

        « Je ne vous le fait pas dire, pourriez vous nous indiquer où nous pourrions trouver le charpentier le plus proche ? »

        « Bien loin d'ici, j'en ai peur, vous êtes d'ailleurs bien loin de tout » Ils descendirent de leurs montures et commencèrent à inspecter le chariot.

        « Comme vous avez un grand chariot » reprit le premier

        « C'est pour mieux transporter » lui répondit Shass

        « Comme vous avez de belles malles » enchaîna le second

        « C'est pour mieux ranger mon ami » répliqua Spressen

        « Comme vous avez du bel outillage » observa le premier

        « C'est pour mieux creuser » fis-je

        Au moment où ils se retournèrent vers nous, ils affichais de grands sourires.

        « C'est pas tout, on a aussi une belle masse, c'est pour mieux te mettre ta tête dans ton fondement » lança Témor.

        Le combat s'engagea immédiatement. Les deux bandits dégainèrent leurs épées et Témor fonça, il sut esquivé et se retrouva entre les deux compères. Identifié comme la plus grosse menace, ils se retournèrent immédiatement vers lui pour tenter de le planter. Mais j’eus le temps de me lancer sur le second, tandis qu'il para le premier.

Selon une stratégie, apparemment travaillée, la fée se mit à virevolter au niveau des yeux de l'assaillant de Témor qui lui asséna son fameux coup spécial, d'enfoncement de cage thoracique, le laissant pour mort.

Je rompis l'échange, d'un saut en arrière :

        « Tu es seul, nous sommes quatre et apparemment, bien mieux préparés que tu pouvais le penser. Il serait peut-être temps d'envisager une salvatrice retraite ? »

        « Comme vous êtes charitables » dit-il d'un ton entre l’ironie et le remerciement.

        « C'est pour mieux se faire enfler » lui répondit Témor d'un air très menaçant, lui signifiant ainsi que la proposition ne tiendrais pas plus que quelques secondes. Il compris le sous-entendu et commença à enfourcher son canasson.

        « Non je ne crois pas, toi tu repars à pieds. » lui signifia Témor

Il parti au pas de course, nous laissant son compagnon.

        « Hey ! Et ton pote ? » lui criai-je

        « Oublie il n'a pas envie de se charger » fit Shaas

        « Et nous non plus » répondit Témor, avant que je n’eus le temps de poser ma question.

        « On va le laisser là, groggy, et blessé ? » m'insurgeai-je

        « Ça lui apprendra à pas faire chier. » conclut Témor.

        Nous primes alors la décision de détacher notre bœuf du chariot, d’empacter ce qui pouvait l'être, laissant quelques rations et outils dans le chariot, en espérant les retrouver à notre retour avec un "réparateur". Témor monta le bœuf, Shass et moi même, nos nouveaux chevaux.

        Ce monde est cruel.

 


Chapitre Soixante quatrième

 

 

          Et c'est alors que la nuit était déjà bien avancée, que nous rencontrâmes la civilisation.

          Un patelin comme seules les campagnes humaines savent en produire. Ce genre de bleds douteux, un peu crasseux où même le plus modeste des mortels se sent comme Narcisse. Là où les autres peuples civilisés offrent des « villages » en harmonie avec la nature, comme les elfes sylvains, des hameaux d'une luminosité solaire comme les hauts-elfes, d'impressionnants forts, comme les nains, ou des grottes travaillées comme nous Félis ou les Gorgones. Les humains, eux, semblent se poser telle une verrue. Imposant leur « style » à l'environnement. Enlaidissant la beauté du lieu de leurs cabanes asymétriques.

          Tout bien considéré, les bourgs troglodytes des gorgones sont tout de même bien glauque à ce qu'on en dit. J'espère ne jamais avoir à le vérifier.

          Et puis cette bêtise …

          D'accord nous arrivons de nuit, d'accord nous ne sommes pas humains, mais quand on ouvre une taverne de voyage dans un village à la con, on évite d'accueillir les voyageurs avec ds fourches et des pelles. Des fourches et des pelles …

          On s'est castagné avec des squelettes, des changes-formes, un géant, un nain, des elfes et une demi-douzaine de peigne culs pensent nous impressionner avec des outils rouillés. C'est que nous n'avons pas peu du tétanos nous autres !

          Témor semblaient avoir apprécier sa promenade à dos de bœuf car il ne chargea pas de suite dans le tas. Il ne pris pas non plus la responsabilité des pourparlers de paix. Il ne faut pas trop en demander non plus. Mais il était relativement souriant. Ce fût bien évidemment Shattasman qui tenta de rassurer les bouseux.

          « Vous pouvez remiser vos outils mes braves, nous ne venons pas pour chercher querelle, juste un endroit où passer la nuit, et peut-être un menuisier pour demain, ou toute autre personne susceptible de nous aider avec notre chariot cassé »

          « Qui nous dit queu vous n'aetes pas viendu pour nous dévahliser »

Que vos yeux me pardonnent, je tente de retranscrire le mieux possible l'accent de ces boulets.

          « Moi en l’occurrence. Comment différenciez vous clients et bandits d'habitude ? »

          « Les clients y viaennent pas la nuit »

          « Pourtant cela me paraît le meilleur moment pour venir chercher un lit »

          « Mla faete pas à envers ! »

          « Pardon mon brave, mais comprenez nous. Nous venons de loin, avons subis quelques déconvenues, et rien ne nous ferais plus plaisir que de dépenser nos quelques Muses dans votre modeste, mais accueillant, établissement. »

          « Ou alors on le défonce et vous avez » Non rassurez vous j'ai gardé cette dernière réplique pour moi même. Je suis loin d'être le plus vindicatif de la bande, mais bon … j'ai mes phases.

Nous attachâmes nos bêtes. Témor en fit de même avec son bœuf. A la grande surprise de toute l'assemblée.

          « Tu devrais peut-être l’emmener à l'étable » conseillai-je

          « Non il m'a bien porter. Mais il doit apprendre à devenir cheval pour la suite »

          « Euh … tu comptes continuer à le monter ? »

          « J'ai du style dessus, alors que sur un cheval je ressemble à un dolmen. »

          « Mais il va tirer le chariot »

          « A moins qu'on ne donne ce rôle aux chevaux » conclut-il

L'intérieur de l'auberge ne réserva aucune surprise. Miteuse, et bien la nuit avançait, des piliers de bar étaient encore présents à siroter une espèce de gnôle locale, que mon odorat plus développé que le leur (heureusement pour eux) classa immédiatement dans la catégorie des huiles qu'utilisent les charlatans pour vider les lavements d'estomacs.

Lorsque j'étais au zénith de ma période d'alcoolisme, je cherchais l'ivresse. Ils ne cherchent que l'oubli de leurs vies misérables, sans se douter qu'elle n'est misérable que pour cette raison.

Nous eûmes à manger. Et je dois admettre que je fus surpris. Oui, rater une soupe me semble un exploit retentissant et surprenant.

          Shass continua la discussion en vue de nous trouver quelqu'un pour nous dépanner, elle revint avec un maréchal-ferrant, passablement aviné, qui jura qu'il pourrait nous dédouaner dès le lendemain matin. Je visais plutôt pour l'après midi, vu sa trogne.

        

 

          Je décidais de faire l'impasse sur le reste du repas et d'aller me coucher directement vu ma mauvaise humeur. Le dortoir était à l'image du reste. Miteux et sale. Mais à quoi ces gens occupent leurs journées si il n'entretiennent pas leur habitat et outil de travail ?

          Je fût réveillé plusieurs fois, par les cris des soûlards, par les autres venant se coucher, par une bagarre (je me permis de vérifier la présence de Témor dans le dortoir, au cas où) et enfin, à l'aube, par les animaux de la ferme. Si on les traitait comme on traitait l'auberge, je me demandais dans quel pauvre état ils pouvaient être.

Ne voulant pas rester plus de temps que nécessaires, nous noue levâmes sans tenter le petit déjeuner pour aller chercher le maréchal-ferrant, qui , comme attendu, cuvait son alcool frelaté, sur le pas de son atelier.

Nous tentâmes de le réveiller en douceur, étant ses obligés, mais Témor fini par lui faire rencontrer l'abreuvoir. Effet foudroyant, il se réveilla, presque frais.

          Et nous pûmes partir vers notre chariot, dans un silence de marche funèbre. Enfin surtout si vous n'êtes ni elfe (pour la musique omniprésente) ou nain. Marrant que les deux races s'aiment moyennement d'ailleurs, lorsqu'on fait la liste de leurs points communs.

          Le chariot était encore là, mais plus notre malheureux bandit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Chapitre Soixante cinquième

 

 

 

         Je suis dans le chariot, tiré par les chevaux. Témor est lui à dos de

         « OH ! Mais il vient de se passer quoi là ? »

         « Quoi ? Pomme de terre s'est laissé aller ? Me demanda Témor

         « Pomme de terre ? » fis-je

         « Pomme de terre ? » enchérit Shattasman

         « Le bœuf » répondit Spressenzideutche, un tantinet blasée

         « Ouaip j'ai nommé mon bœuf ! Et c'est Pomme de terre » dit-il fier de lui. « Alors mon bœuf s'est lâcher c'est ça ? »

         « Mais … mais non ! Je m'en tape de ta patate ! »

         « Attention, faut pas confondre patates et pommes de terre ! » me corrigea-t-il, presque inquiétant.

         « Mais encore une fois : je m'en tape ! Vous n'avez rien senti ? »

         « C'est à dire ? » commença à s’inquiéter Shattasman.

         « Mais, mais on es où là ? Il y a deux secondes nous étions sur le point de rentrer dans une auberge de voyage pourrie, et là on est en ballade avec le chariot réparé » m'expliquais-je.

         « Tu affabules » tenta de conclure Témor.

         « Tu veux de l'eau » s’inquiéta Spressenzideutche.

         « Développe » me demanda Shattasman.

         « On était dans un village moisi »

         « Je confirme »

         « Où nous avons été reçu avec pioches, pelles et fourches »

         « Je réaffirme »

         « Tu as négocié, et on a pu rentrer dans une taverne toute aussi pourrie »

         « Certifié ! »

         « Et là le blanc, ou plutôt le gris clair. Je me souviens de questions sur un maréchal-ferrant, puis tout s'estompe »

         « As tu bu de l'alcool durant cette soirée ? » me questionna Shass.

         « Pas une goutte, surtout dans un tripot pareil. » lui répondis-je, sûr de moi.

         « Mais tu consignes tout, ou presque, dans Nourjal » me fit remarquer la fée.

         Et c’est là que je me mis à chercher frénétiquement mon journal. A tourner, furieusement, les pages, manquant d'en arracher certaines. Et je me rendis compte du sacrilège: l'encre, du chapitre précédent, disparaissait ligne après ligne. Phénomène que je n'avais jamais expérimenté. Ça, plus la perte de mémoire

         « L'oubli » fîmes-nous en cœur avec Shattasman

         Les deux autres nous regardèrent. Nous stoppâmes notre caravane. Surveillâmes les alentours, alors que nous étions en pleine campagne.

         « Nous avons, … aurions, été victime de l'oubli. »

         « Seulement chaton non ? » tenta de se rassurer Spressen.

         « Te souviens-tu de la soirée, de la matinée, du chariot avec son essieu endommagé, et de comment nous avons fait pour le réparer ? » lui demandais-je de manière très réthorique.

         « Je … euh … non »

         « Elles nous surveillent ? » s’émut Témor.

         « Difficile à dire » répondit Shass. « L'oubli, peut être un acte conscient de leur part, ou inconscient. Et pourquoi pas les deux, selon les cas. On en sait peu, elles ne communiquent pas beaucoup sur ce sujet, quant aux victimes ... »

         « Elles ont été oubliées » termina Témor « Mais qu 'avons nous fait pour susciter leur attention ? »

         « Aurions nous manquer à nos hommages ? » se demanda la fée

         « Pas moi en tous cas ! J'écris chaque jour ou presque » m'insurgeai-je

         « Les tombeaux, je ne vois que cela, ils doivent renfermer quelque chose qui leur déplaît »

         « Où sommes nous d'ailleurs, et où allions nous ? Et pourquoi l'effet n'est que partiel et temporaire»

         « Calme toi, chaton, je ne suis pas sûre que tu aimerais les réponses à toutes tes questions passées ou à venir de toutes façons. »

         « On a rien découvert pour le moment, nous sommes insignifiants, ou alors elles jouent » Effectivement les éléments de réponses apportés par Témor n'étaient pas rassurants.

         « Pour moi, en ce qui concerne la partie pratique, nous étions en route vers le prochain tombeau de la liste, quant à l'endroit où nous sommes ... » Shass rentra dans le chariot et se mit à fouiller je ne sais pour quelle raison.

         Témor regarda le ciel « Nous ne sommes plus dans la même région »

         « ? »

         « Les astres, du moins ceux visibles en plein jour, ils n'ont pas le même alignement »

         « Confirmé par l'état des vivres, plusieurs jours ont passé »

         « Mais putain ou est ce qu'on est … On ferais pas mieux d’arrêter avant que »

         « Non » me firent Témor et Shattasman

         « Si on met le doigt sur quelque chose d'important, je ne vais pas lâcher » commença la seconde

         « Mêmes les muses ne sauraient se foutre de moi ainsi » répondit le premier à sa suite.

        

         Il s’avéra que nous étions alors au Nord de Thucydide. Nous avions fait réparer notre chariot, fait chemin arrière, traversé à nouveau la plus grande ville du monde connu, et ce, sans aucun putain de souvenir.

 

Chapitre Soixante sixième

 

           Au final, je ne sais pas si je dois maudire, craindre ou remercier les Muses. Car bien que très inquiétante, cette mésaventure aura eu l'avantage de nous faire gagner, de manière très artificielle, quelques jours de voyage.

 

           Mais ces tombeaux, pas très bien enfouis, mais, paradoxalement, très bien cachés, semblent énerver les Muses. Loin de moi l'idée de remettre leur omnipotence en doute, mais si ceux-ci les gênent, pourquoi ne pas les avoir détruit, ou envoyer les bêtes du Styx tout ravager ? Et nous avoir fait disparaître par la même occasion …

A moins que tout cela ne soit pas lié et que, comme nous le disions précédemment, l'oublisoit dans notre cas au moins, un procédé automatique, inconscient.

          

           Mais je parle, je parle ou plutôt j'écris, et nous arrivons dans le secteur cible. Le rituel est maintenant bien rodé. Mise en place du bivouac, attribution des tours de garde, rondes et repas. En général je suis le premier à faire le guet.            L’acuité de mes sens, tout ça, tout ça.

          

           Jusqu'à maintenant tout s'est bien déroulé, si on excepte la trahison, l'oubliet le tombeau vide. Mais là, présentement, je sens dans l'air quelque chose de mauvais. Il y a quelque chose de pourri au royaume des Muses et j'ai l'impression que c'est juste sous mon museau.

Je vous passe la soirée : Témor et la fée insouciants, Shass impatiente et moi inquiet au point de doubler ma ration de garde.

          

           Au petit matin aucun bruit, pas un oiseau gazouillant. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que, de la nuit, je n'ai pas entendu la faune se manifester non plus.

Témor était parti en éclaireur, en revenant il nous annonça que pour rejoindre notre but, il nous faudrait traverser une zone marécageuse. Joie, nous avons prévu un certain nombre de choses mais, débutants que nous sommes, les bottes en caoutchouc n'en faisaient point partie.

          

           Impossible de rapprocher notre campement avec le chariot. Ce bougre de Krakan semblait avoir raison : il y avait bien un marais, bien glauque en plus, avec son lot d'insectes volants, rampants, et autres saloperies grouillantes sûrement dans cette … eau ?

           Notre tombeau semblait bien être, soit de l'autre coté, soit en plein dedans, et il semblait impossible de contourner.

           « Bon ben ça va être sale » confirma-t-il

           « On attaque quand ? » demandais-je, inquiet.

           « Le plus tôt sera le mieux » répondit Shattasman

           « Sinon je peux lancer un sort » proposa la fée.

           Regards, silences

           « En même temps ça peut difficilement être pire » rassura Témor

           « Sauf si elle transforme le marais en zone volcanique » tempera Shattasman

           « Elle peut faire ça ? » fis-je totalement médusé (rien à voir avec les gorgones)

           « Avec les mages aléatoires, ça dépend des jours... » confirma Témor

           « Hey ! J'aime pas trop beaucoup ça, qu'on parle de moi à la troisième personne. »

           « Comprends qu'on s'inquiète » lui expliqua Témor

           « Ça va vous étonner, mais moi, je la laisserais bien tenter de transformer le terrain. » continuai-je

           « Et si elle nous bouche l'entrée ? » tempéra, à nouveau, Shass

           « Elle en a le pouvoir ? »

           « Avec les mages aléatoire, ça dépend des jours »

           « Hey ! Troisième personne encore ! »

           « Vas-y lance » lui commandai-je

           « Comment ?? » s'en étonna-t-elle

           « Tu voulais lancer un sort non ? Alors lance, Témor est toujours pour tenter des trucs cons, et pour une fois, je    suis pour aussi. Alors même si Shass est contre, à la majorité, tu peux y aller. »

           « Pour de vrai ? »

           « Pour de vrai, vas y lance, envoi du rêve, après toutes ces fois où on t'a dis non. »

           « Sauf chez les Lalith où elle a tout fait cramer » nous remémora Shattasman

           « C'était ton plan » lui dis-je remarquer.

           « Et dans la prison, qu'on s'est pis sur la gueule » continua-t-elle.

           « Ouais mais là on est en plein air » remarqua Témor.

           « Imparable »

           « Et qui a dis que nous étions un groupe démocratique ? » conclut Shattasman.

           La fée se concentra pour y coller tout la magie qu'elle avait pu accumuler depuis des jours et des jours. Au début rien, comme à chaque fois je crois bien. Et puis le marais devint de plus en plus petit, il s'éloignait … car nous nous envolions. Elle faisait voler un chat cette conne !

           « Et comment on se dirige ? On a pas d'ailes nous ! »

           « Agite les bras » me répondit un Témor goguenard.

           « Je vais vomir » nous signala Shass.

           « Vous ne volez pas, vous lévitez » corrigea la fée

           « C'est quoi la différence ? Hors sémantique ? «  lui demandai-je, tout en me foutant éperdument de la réponse.

           « On flotte, mais pour où ? » questionna Shass.

           « Si on a de la chance, le tombeau » répondit Spressenzideutche.

           « Et si on en pas ? » continua Shattasman.

           « C'est loin le soleil ? » dit un Témor surexcité.

           « Ça vaudrait mieux que le mont Parnasse »

           Rires, nerveux, mais rire tout de même

           « Non mais la vraie question est de savoir comment on atterri, car là, on est bien à 80 .. 100m de haut » recentra  Shattasman.

           « J'arrive Icare ! » cria Témor

           « Mais il est complètement stone le gros » fis-je remarquer

           « En même temps pour un semi élémentaire de terre ... » dit Shass.

           « Là ! » cria Témor

           « Quoi là ? » lui demanda Shass

           « Le tombeau !! »

           ?? général

           « Comment tu peux savoir ? Et si tu as raison, pourquoi est-ce l'aveugle qui trouve ?» interrogea Shass.

           Me sentant accusé : « Ta gueule, le chat gère son col et c'est déjà trop »

         

           Effectivement, un entrée de mausolée semblait se dessiner au sol, au sommet d'un tertre. Mais cela nous sembla, à tous, trop simple, trop visible. Bref ça sentait la fiente

 

Chapitre Soixante septième 

 

         Lecture ludique : devinez qui dit quoi 

         « Bon »

         « Bon »

         « Bon »

         « Bon »

         « C’est ouvert »

         « De toute évidence »

         « Il doit y avoir du monde »

         « De toute évidence »

         « Ou des grosses bêtes immondes avec des grosses babines »

         « Oui c’est probable »

         « Lalith ? »

         « On peut l’envisager »

         « Rappelons-nous ce que nous avons appris de notre première expérience »

         « Défoncer les squelettes ? »

         « Oui aussi, mais attention aux pièges, magiques ou mécaniques, et on ne fonce pas tête baissée dans l’antre d’un animal géant »

 

         Voilà, les réponses étaient, dans l’ordre : Témor, moi, Shattasman, la fée, à nouveau moi, à nouveau Shattasman, à nouveau Témor, encore Shattasman, à nouveau la fée, encore Shattasman, encore Témor, encore moi, une dernière fois Shattasman et Témor pour conclure.

 

         J’espère sincèrement que vous aviez le bon ordre. Si j’ai le temps de jouer avec vous, c’est que nous avons suivi scrupuleusement les règles que nous avions apprises de notre première expérience. Nous avons pris garde aux pièges mécaniques et magiques, il y en avait assez peu. Même aucun pour être totalement franc. Nous n’avons pas foncé tête baissée dans l’antre d’un animal géant, là encore il y en avait assez peu, c’est-à-dire aucun. Nous avions bien en tête de prendre par surprise les Lalith ou autres pilleurs de tombeaux présents. Mais c’est notre modeste groupe qui fût pris par surprise, par les résidents.

 

         Oh pas de squelettes ou de morts vivants, mais des mortels, comme nous, ou presque. Car voyez-vous il semblerait que ce tombeau soit le lieu de résidence d’une secte religieuse. Et qu’ils nous sont tombés dessus, à … beaucoup, sans crier gare, et que nous sommes maintenant enchaînés à un mur. Ils ont eu la gentillesse de ne pas me soustraire ma plume et mon ouvrage, et les chaînes sont suffisamment longues pour nous donner un peu de liberté.

 

         « J’aurais dû le voir » s’accusa Shass

         « Comment ? » demandai-je, pour tenter de la rassurer

         « Le sol : pas de poussière, nettoyé, des pilleurs n’auraient pas nettoyé » me répondit-elle

         « Et qu’est-ce que ça aurait changé ? » enchéri-je ? « ils étaient plus nombreux, et devait nous avoir remarqué depuis notre entrée »

         « Que vont-ils faire de nous ? » interrogea Témor « ils auraient pu nous tuer, ils préfèrent des prisonniers »

         « Plusieurs choix s’offrent à eux, échange, travail forcé, cobayes »

         « Sacrifice » Shattasman fût coupée par une autre personne, prisonnière comme nous. Un grand bonhomme maigre, au teint livide. On aurait pu penser à un elfe, mais ses oreilles étaient humaines »

         « Qui es-tu » lui demanda Témor

         « Umlaut rentre en lice ! » s’exclama-t-il

         « Ooooookaaaayy » fit Témor, laissant ainsi supposé qu'il estimait que notre compagnon d'infortune allait être relativement … lourd à supporter. Mais il tenta tout de même de continuer le dialogue « sacrifice donc ? »

         « Sectateurs des jumeaux nocturnes, nous serons sacrifiés en leur nom avec la fin de la période diurne. » répondit-il.

Témor eu un regard vers Shattasman qui expira bruyamment.

         « Les jumeaux nocturnes font souvent référence aux enfants de Nyx, la mère de la nuit. Bien que jumeaux ils ont, ou plutôt avait, deux rôles bien différents. Hypnos était le dieu du sommeil, quand à Thanatos, il personnifiait la mort elle-même. »

         « … » général

         « Vous pourriez quand même vous souvenir de vos cours d'histoire ... » nous gronda-t-elle

         « Tu sais dans mes grottes … l'histoire ... »

         « Tu sais qu'en tenant ce discours, tu blasphème contre ta muse tutélaire Reî ? » me gronda-t-elle à nouveau.        « pas étonnant que l'oubli t'ai rattrapé.

         Umlaut fut pris d'un soudain regain d’intérêt mais il ne dit mot.

         « Je me permets de te faire remarquer que hormis l'albinos, on était tous à se demander qui étaient les jumeaux » me défendis-je « Et tu admettras que, si on peut excuser Témor … Spressen en revanche ... »

         « Touche pas à la fée » me fit, appuyé d'un regard très menaçant, Témor.

 

         Quelques secondes passèrent puis je repris la parole.

 

         « Et il en existe beaucoup des sectes ? »

         « De toutes sortes, et bien que plutôt discrètes et vivant dans l'ombre, on peut dire que oui, plein de petits cultes dédiées à des divinités mineurs. Ou majeures mais de manière très déviante par rapport au reste du monde.

         « C'est à dire ? » m'enquis-je.

         « Éros était le dieu de l'amour, je te laisse imaginer les orgies que des fanatiques peuvent organiser en son nom »

         « Effectivement, … Reste la question rituelle »

         « Comment on sort ? » tenta Témor

         « Exactement … ça devient une habitude »

 

 

         Quatre regards vers la fée, oui même Umlaut

 

 

         « Si vous voulez je peux tenter un sort » nous répondit-elle, avec un sourire en coin

         « La pièce est spacieuse, mais nous ne savons pas sous combien de mètres de terre nous sommes » analysa Shass. « Si tout s'écroule comme dans la prison, nous sommes morts, tout le tombeau est en pierre, si elle fout le feu on devrait pouvoir gérer, mais le principal problème ce sont les chaînes » Elle regarda la fée dans les yeux, d'un regard très insistant. « Si ton sort ne cible pas nos chaînes, quelque soit son effet ça ne nous servira à rien. Et cela pourra même potentiellement nous tuer »

         « Je vais gérer les chaînes » dit Témor. « Elles sont longues, je vais compter sur le peu d 'élan que je vais avoir »

 

         Et il s’exécuta. Il se leva, et couru sur les deux mètres que les chaînes lui permettaient, finissant son effort en forçant sur ces dernières. Et recommença, encore et encore, dans un vacarme assourdissant.

 

         « J'entends des pas, arrête » le prévins-je

 

 

         Effectivement, un humanoïde encapuchonné, rentra dans notre cellule. Nous regarda, Umlaut lui fit son plus beau sourire carnassier. Je veux dire que ses dents semblaient, toutes, taillées en pointes !

 

         « Une petite dispute entre amis » se justifia Témor

         « Et sinon on sort quand ? » tentais-je

         « Vous vous êtes installés depuis combien de temps ? Auriez-vous trouver des parchemins par le plus grand des hasards ? » demanda Shattasman.

         « Ou avez vous trouvé des chaînes à ma taille ? » questionna Spressen.

 

         L'être encapuchonné, nous toisa quelques secondes, puis reparti en claquant la porte. C'est quoi ce fétichisme que les capuches ? Pourquoi, dès que quelqu'un veut paraître inquiétant, enfile-t-il un vêtement à capuche ? D'accord c'est pratique contre les intempéries. Bien évidemment, pour ne pas être reconnu et faire preuve de discrétion c'est ce qu'on fait de mieux, avec le sort d'invisibilité il va de soit. Mais, je suis d'avis, que si on est pas capable d'être inquiétant sans, et bien on se lance dans le commerce de fruits et légumes, et pas dans les sectes à tendance sacrificielles.

 

         « La porte n'a pas de serrures, ils ont du la rajouter en arrivant » nous dit Shass. « déjà ça en moins à gérer. »

 

 

         Et Témor recommença son effort. A chaque tentative, de la poussière s’échappait du mur auquel il était attaché. Il finit en boxant dans le vide :

 

droite

crochet gauche

gauche

crochet droit

direct gauche

               cut

up        

    per

et c'est un KO Mesdames et messieurs !

 

         Les chaînes, ou plutôt le mur céda. Il laissa partir la plaque clouée, Témor se traînait maintenant, avec deux longues chaînes et leurs plaques de fixation.

         Il poussa un cri de victoire, et se précipita sur la fée pour la libérer.

 

         « Je pense que le cri était de trop » fit Shass, blasée

 

         Effectivement, à peine je commençait à réfléchir à l'idée de libérer ou non Umlaut, après tout, je ne savais rien de lui, que j'entendis à nouveau des bruits de course dans le couloir

Témor se posta à deux mètres de la porte. Se mit à faire tourner ses chaînes, et à peine ouverte, les lança en direction de la porte, fauchant le pauvre (?) premier sectateur, emportant sa putain de capuche dans le mouvement, et donc la tête avec.

 

         Les suivants se mirent sur la défensive, l'un d'eux psalmodia, et s'avança dans la pièce, une lueur bleutée apparut devant lui. Et la chaîne rebondit contre ce « bouclier ». Je rentrai alors dans la partie, de même que la fée, qui elle aussi lança un sort qui eu pur effet de générer une mini tornade. Une mini tornade donc, dans une cellule, certes spacieuse, mais avec des murs, un sol et un plafond, le tout en pierre.

         Quand nous nous relevâmes, non sans mal, nous nous lançâmes sur nos ennemis pour les assommer à nouveau.

         « Il a disparu » cria Shattasman

         « Qui ? » demandai-je

         « Umlaut »

         « Grand bien lui fasse » tenta de conclure Témor

         « Il est parti avec mon ouvrage » dis-je sombrement

 

 

         C'est pour cette raison que ce chapitre est écrit sur une feuille, de manière bien temporaire, puisque je compte bien remettre la main sur ce voleur de récits.

 

Chapitre Soixante huitième

 

 

           Je me souviens de la brume qui semblait noyer les plaines au petit matin. Je me souviens des chevaux sauvages, libres, galopant dans cet océan de blancheur irréel. Je me souviens du bien être ressenti alors. Approchant la plénitude, je me souviens du bonheur qui emplissait mes poumons. Je me souviens à peine du sac en jute qui me recouvrit le visage, de mes gestes maladroits en tentant de me débattre du début de suffocation, du bonheur qui s'échappa peu à peu de mes poumons expulsant ainsi le peu d'air encore présent. Je me souviens de mes râles et de ses rires. Je me souviens …

           Je me souviens du cliquetis mécanique du barillet tournant pour délivrer LA balle de sa prison. Je me souviens du nom qui me fit presser la détente, je me souviens ... J.

           Je me souviens de ce mariage. Ma robe de marié d'un blanc immaculé. Mon père découpant le sanglier pour le banquet, des rires, de la joie puis des pleurs venus avec les ombres. Ombres qui apportèrent la lumière des flammes sur notre village. L'odeur de brûlé, les cris de mon père empalé avec le sanglier, l'odeur toujours, de la chair brûlée cette fois ci, les flammes montant au ciel rejoindre les noirs nuages, l'odeur de ma chair brûlée enfin.

           Me zouviens de ma maman qui me faisait mon gouter et de mes zouets en bois et de mathilde mon namoureuze. Me Zouviens de ces monstres en noir. Me zouviens de mon papa qui me cacha les yeux et qui s'endormit sur moi. Me zouviens d'avoir essayer de le réveillé, mais mon papa il voulait pas il pouvait pas alors que je criais très fort pourtant PAPA ! Me zouviens plus de rien ensuite

           Je me souviens ... ou PAS ... AHAHAHAHAHAHA

           Je me souviens de la ville de'Argos, ses rues étroites et pavées. Ses marchands ambulants, de la vie qui littéralement grouillait. Je me souviens de ces enfants qui jouaient au détour d'une ruelle et de cette gamine seule sur sa marelle.


           Un Deux Trois
           Prends garde à toi
           Quatre Cinq Six
           Me tourner le dos n'est pas sans risque
           Sept Huit Neuf


           Je me souviens l'avoir regardée interloqué


           Dix Onze Douze
           De toutes façons on meurt tous
           Treize Quatorze Quinze


           Je me souviens m'être retourné pour revenir sur mes pas


           Seize Dix-sept Dix-huit
           Et si je t'ouvrais comme une huître ?


           Je me souviens de la décharge que provoqua la lame dans mon dos et de la chaleur de mon sang s'expulsant de mon corps et coulant le long de ma colonne vertébrale …

           Oh je me souviens plus très bien, à mon grand âge on oublie bien des choses mon garçon. On a tapé à ma porte ça oui je me souviens. Surtout qu'on ne venait pas me voir souvent. Ma vue basse vit un grand homme très gentil au demeurant, je me souviens. Nous avons discuté un peu, je crois me souvenir l'avoir fait entré … quoique… Je me souviens qu'il me demanda si je n'avait pas une corde. Je lui donnai et il l'enroula autour d'une poutre , oui je me souviens. Tout comme de mon cou qui craqua et de mon corps suspendu au dessus du sol. Je me souviens.

           Et moi je me souviens de leur mort à tous, de ces âmes qui maintenant m'appartiennent et me composent. Oh non je ne les absorbe ou ne les dévore point, non. Mais leurs esprits me parlent depuis.

...
...
...
           ET C'EST LE CHAAAAAOOOOS

 


Chapitre Soixante neuvième

 

 

-Oulala c'est grand ici
-Niveau chauffage l'hiver, ils doivent douiller.
-Ouais c'est net
-Y a pas grand monde en ce moment

 

-Doivent être partis
-Comme ça ? sans même nous rattraper ?
-Sont peut être trop cons, parait qu'ils ont un Krakan un peu bête
-Ou les cultistes les ont retrouvés maintenant

 

-Et si on se cassait nous aussi ?

-Va falloir faire gaffe aux pièges

-Ils en ont peut-être pas posés

-Ou on va pas les déclencher

-Ça m'étonnerait
-En quoi ?
-Ça se saurait si on était des lumières
-En plus on brillerait la nuit ça serait pas hyper hyper discret, l'ennemi nous verrait arriver de loin, tout un bordel
-Tu m'étonnes
-Au fait rappelle moi ton nom
-Umlaut , et toi ?
-Umlaut aussi

AHAHAHAHHA

C'est amusant d’être schizophrène , on peut discuter tout le temps avec quelqu'un , sauf que ce quelqu’un c'est soi !

AHAHAHAHHA


Chapitre Soixante dixième

 

 

 

       Une voix rocailleuse :

       « Tiens, tiens. Qui voilà ? »

       Umlaut : « J’allais dire la même chose »

       Umlaut : « Moi aussi »

       Umlaut : « C’est ainsi, plusieurs voix s’expriment en moi »

       « Putain mais c’est quoi ce schizo »

       Umlaut : « Frêne, tu vas trop vite … ralentis … prends le temps »

       « On peut savoir pourquoi tu es parti comme un voleur ? »

       Umlaut : « Mais parce que j’ai volé, cela va de soi ! »

       « Mon livre »

       Umlaut : « Oui »

       « Pourquoi ? »

       Umlaut : « Savoir c’est pouvoir. Et puis c’est rigolo aussi, si vous saviez ce que je sais, vous seriez amusés »

       « Essaye pour voir »

       Umlaut : « Et bien derrière vous, il y a des cultistes très heureux à l’idée, d’à nouveau, vous emprisonner. Je vais donc te rendre ton livre pour que tu puisses narrer cette partie de ton aventure ! »

 

       Il me lança mon ouvrage. Nous nous retournâmes et vîmes qu’il ne bluffait pas.

 

       « Ils vont te capturer aussi » lui fis-je

       « Pas vraiment, en fait … je suis avec eux » me répondit-il

 

       Le noir complet suivi cette dernière réplique. Nous reprîmes connaissance dans une autre cellule, identique à celle d’une prison. Close cette fois-ci. Dans le couloir, assis à même le sol, Umlaut, mais en armure complète, exception faite du casque, négligemment posé au sol.

 

       « Bien dormi ? » nous dit-il

       « Ta gueule » lui répondit un Témor très bougon.

       « Si je me parle à moi-même ça compte aussi ? » lui répondit-il du tac au tac

       « Mais ferme là » continua Témor

       « Je vais prendre ça pour un non »

 

       Décidant de couper cette conversation passionnante : « Si tu es avec eux … »

 

       « Pourquoi j’étais emprisonné ? Toujours la même question, aujourd’hui la réponse sera … »

       « … » Général dans l’attente de la réponse

       « MAUVE ! »

       « Ok, il est barje » tenta de conclure Témor

       « Préférerais-tu cher ami Krakan, que d'une voix sombre je réponde à toutes tes questions ? Que, en soufflant très fort, je distille du "Que la lune du Dieu du sommeil éternel éclaire les nuits de terreur que nous imposerons aux faibles, non je retire pas mon casque il est maudit ! BOUH" ? C'est ça que tu veux ? Hein ? Hein c'est ça ? MAIS DIS LE SALOPE !

       « Il faut reconnaître que ça aurait une tournure un peu plus, … habituelle » répondis-je pour tenter de le calmer. Témor lui alla au fond de la cellule pour se coucher sur le dos, dans l'espoir de ne plus participer à cette discussion. Je ne trouve pas de terme plus adéquat

       « Ok, tentons, ça pourrait être drôle » sur ces mots, il enfila son heaume, qui, recouvrant l'intégralité de son visage, lui donnait effectivement un air très inquiétant. Bon de base il était déjà pas mal inquiétant. Mais avec …

Il se mit effectivement à souffler bruyamment.

       « Nous faisons ici des expériences, alors nous allons expérimenter de nouvelles choses sur vous » nouveau souffle lourd.

 

       Ces paroles, et la promesse du retour à un échange construit réveilla la curiosité de Shattasman

 

       « Quelles genres d'expériences ? Magiques »

Souffle lourd, « En partie, mais ne rentrons pas dans les détails, il faut laisser une place à la surprise et à la découverte » souffle lourd. Il commençait à rentrer dans le rôle.

       « Mais les cultes de Thanatos n'ont jamais fait d'expériences quelles qu'elles soient, ni ceux d'Hypnos et encore moins de Nyx, ils sacrifient. »

       Souffle lourd « Il faut bien évoluer » Souffle lourd.

       « Mais pourquoi ces expériences ? » Shattasman tentait d'obtenir des réponses en tournant autour du sujet, attaquant sous de différents angles, elle pensait ainsi mettre le doigt sur un élément qui lui permettrait de deviner le reste»

       Souffle lourd « Pourquoi ? Mais parce que je suis ton père. » Souffle lourd

       « ... » général

       Souffle lourd « pardon je suis sorti du rôle » Souffle lourd « C'est une contrepartie, je leur demande, en échange de mes services de faire des petits tests amusants »

 

       On commençait à mettre le doigt sur quelque chose

 

       « Tu n'est pas leur chef ? » lui répondis-je

       Souffle lourd « Tout juste un conseiller, je vends mes services, ici ou là » Souffle lourd

       « Tu ne sembles pas vénal » tenta Shass.

       Souffle lourd « Je m'amuse ! » Souffle lourd

 

       Je dû faire une tête particulièrement dubitative car il enchaîna

 

       « Tu as sûrement déjà entendu des histoires a faire peur sur des gens qui ont, à portée de main un pouvoir qui corromps »

       « Dans ma grotte nous n'avons pas beaucoup d histoires »

       « Allons, allons, tous les peuples ont leur folklore. »

       « En résumé, tu es un consultant en … actions maléfiques, je ne trouve pas de terme mieux choisi pour l'instant, dont le … client est un ordre dévoué au culte du dieu de la mort »

 

       Ni Shattasman, ni moi n'avions besoin de résumé. Ni Témor et la fée qui s'en foutaient allègrement. Mais elle espérait ainsi le forcer à parler. 

 

       Souffle lourd « Quelque chose comme ça oui, et ce jeu ne m'amuse plus, non je ne vais pas te dévoiler mes plans, ou ceux de l'ordre » il s'éloigna de la cellule en se dandinant. « Rien de ce que j'ai dis ou pourrais dire ne pourra vous permettre de vous en tirer » il commençait à prendre une voix plus aiguë tout en effectuant des pas chassés, comme une … danseuse de ballet

 

       « Passons à la suite ! Lumière ! Action ! »

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