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Chapitre Cinquante et unième

 

    Si j'ai pris le temps d’écrire notre mésaventure dans cette prison lugubre c'est, d'une part, pour laisser une preuve que la maison Lalith est composée de gros bâtards, et d'autre part car nous avons tenté d'en sortir sans succès.
    Témor a très rapidement pris l'initiative, attendue, de défoncer la « porte », mais sans aucun résultat. Nous avons ensuite tenté de la soulever à plusieurs (même la fée!) sans plus de succès.

    Alors nous avons sondé, espérant trouver une aspérité, un mur plus creux que les autres, une piste quelconque pour nous échapper, mais rien, nib, zob, walou.
    Alors nous avons vaqué à des occupations différentes. 
    Témor a continué de tester l'entrée de la pièce, la fée a proposé à 8 reprises de lancer un sort, option refusée par tous. Du moins tant nous avions assez d'air et de réserves pour vivre. Peut-être allions nous trouver une échappatoire après un peu de repos.


    Shattasman, enfin, portait toute son attention sur notre « butin »
    « Allons-nous mourir riches ? » ironisais-je
    Témor et même la fée eurent un rictus en coin. Shass ne me répondit pas.
    « Shass ? »
    Pas de réponse, je me décidai à la laisser seule, peut-être encaissait-elle le coup plus mal que nous.
    « Je m'y risque une neuvième fois, mais en me concentrant longuement je peux sûrement mieux diriger la magie » osa Spressenzideutche.
    « Tu es mage aléatoire petite, tu vas nous coller la forêt sur le museau » dit Témor en me regardant.
    « Mais non, en plus j'ai tout le temps pour me concentrer et je ne risque pas d'être perturbée si vous faites un silence complet » argumenta-t-elle
    « Ça n'a pas de sens !!! » réagit enfin Shass.
    « Écoute, même Shass est d'accord avec nous, tu es mage aléatoire ...»
    « De ? » m'interrompit Shass « vous parliez ? Je n'avais pas remarqué »
    « Okay … et donc tu parlais de quoi toi ? » presque vexé que j'étais.
    « Mais de ce que nous avons ici ! »
    « Ah notre trésor ! »
    « Tu parles ça vaut rien, ça ne veut rien dire, ça n'a pas de sens et jecommencemêmeàsuffoquer »
    « Calme toi, respire de manière régulière. » J'avais connu ma part de crises d'angoisses pour la conseiller
    « Oui » fit Témor « explique toi calmement » Même lui tentait de la canaliser, avec une certaine réussite je dois bien l'admettre
    «Bien mais pas d'interruption » ordonna-t-elle
    « ... » général
    « Nous avons donc des pièces en or, deux parchemins, dans un état lamentable, merci à l'humidité et à la moisissure, et ce qu'il reste d'armure du chevalier squelette, que nous pouvons nommer Dilus apparemment
    « Jusque-là rien de très exceptionnel » me risquais-je
    Regard noir de la néréide.
    Message reçu.
    « Admettons » fit-elle en grognant, « sauf que les pièces d'or ne sont pas des Muses d 'or »
    « Hein ? » de Témor, gros yeux de chats, regard noir de la néréide, message reçu à nouveau.
    « Les Muses, et je parle ici de la monnaie, est la seule monnaie qui ai jamais existé sur notre beau monde, que ce soit avant les nuits du Blasphème, et bien évidemment après. Hommage rendu par Zeus, espérant, par là même, inspirer les pauvres mortels que nous étions et sommes. Et quand je dis seule monnaie, je veux dire SEULE PUTAIN DE MONNAIE. En aucune ville, d'aucune région, d'aucun pays, d'aucun continent n’a jamais fabriqué une autre monnaie. Même en temps de guerre, de révolte, de sécession et d'indépendance, une seule … putain … de … monnaie »


    C'est à ce moment que je compris que si les mystères motivaient notre semi aquatique ami, il ne fallait pas qu'ils restent mystérieux trop longtemps. Et celui-ci n'allait de toute évidence pas se résoudre dans la journée.
    « Mais es-tu sure ? Peut-être le temps a-t-il altéré les pièces ? » dis-je
    « Ta gueule » me répondit-elle, pleine d’à-propos
    « Enchérissons avec les parchemins, ils sont numérotés, les numéros ne se suivent pas, les autres sont soit ailleurs soit détruit. Certes il me faudrait un meilleur matériel et plus de temps pour les déchiffrer. Ceci dit, je peux en dire que si le premier narre l'histoire du dis Dilus, le second semble être une fresque  chronologique  traçant les grands événements de cet ordre de chevaliers perdus. Ben les dates correspondent à rien.


    « ... »
    « Ce que je veux dire c'est que ces dates sont dans le futur, ou alors dans le passé mais tellement loin dans le passé que nous ne savions pas travailler le fer et donc pas d'ordre de chevalerie »
    « Ou alors tes dates son codées » me risquais-je à nouveau, mais cette fois ci j'avais piqué sa curiosité car elle ouvrit de  grands yeux
    « Merci chaton » je laissai passer cette fois-ci « Mais pourquoi coder des dates ? »
    « ... »
    « J'y suis ! » cria la fée, du moins autant qu'une fée de sa taille minuscule puisse crier.
    Mise en garde de tous les autres occupants de la tombe.
    « Ne lance pas de sort ! » la suppliais-je
    « J'étais partie pour mais, j'ai commencé à sentir quelque chose pendant que vous conversiez. Il y a, dans cette pièce, de la magie »
    « Alors on a le choix, toi, moi les morceaux du squelette, les résidus de son arme dans l'air ? » fit une Shattasman qui se voulait cassante.
    « Non il y a autre chose, quelque chose qui n'avait plus de magie et qui se … recharge peu à peu »
    « Si c'est le squelette je le re explose » réagit enfin Témor, en armant sa masse.
    « Non ce n'est pas lui c'est sur lui ... »
    Nous nous mimes à fouiller, mais rien ne semblait être dissimulé.
    « Les gantelets ! » s'exclama la fée.


    Il est vrai que ceux-ci étaient dans un état largement meilleur que tout ce que nous avions pu trouver. Témor les pris, les enfila tout en se demandant sûrement ce qu'il pouvait bien faire de plus. Shattasman lui proposa alors de tâter la porte au cas où ceux-ci serviraient de clef, sans résultat.


    Il entreprit, alors, de tenter une nouvelle fois de soulever la porte, et après quelques secondes qui s'achevèrent en un sentiment de déception, celle-ci bougea très légèrement.
    Nous convînmes donc de laisser un peu plus de temps à ces gants pour se recharger en magie.
    Au bout de quelques heures nous fîmes un dernier essai, fructueux.
    « Et maintenant ? » m'enquis-je
    « On a des têtes à casser » répondit Témor en se faisant les doigts dans ses nouveaux gantelets.

 

Chapitre Cinquante deuxième

 

    Le retour fût plus long, n’ayant plus de chariot pour nous transporter. Le chemin fût moins direct aussi. N’ayant pas assez de vivres pour tenir jusqu’à notre retour à Thucydide, nous nous rallongeâmes pour faire des haltes dans des villages et hameaux pour nous sustenter. Je pris garde à ne pas trop montrer mon museau, de peur qu’on me prenne pour un garou.
 
    Au final nous aurions pu nous passer de ces détours, car Shass ne mangeait quasiment rien, plongée qu’elle était dans ces deux parchemins moisis, élaborant théorie sur théorie, cherchant un sens à ce  « code », tentant de déchiffrer les mots effacés ou disparus.
 
    De son côté Témor ne laissait les gantelets que pour dormir, en journée il les testait sur à peu près tout, tentant de casser ou de soulever des choses de plus en plus denses, de plus en plus lourdes. Expérimentait-il pour en connaitre les limites ? Rien ne le laissait présager.
 
    Au bout de 5 jours nous arrivâmes à Thucydide, j’émis l’idée de trouver une auberge dans laquelle nous n’étions jamais allés, pour éviter que Simon ne nous retrouve trop facilement. Témor voulait aller dans notre dernière auberge, justement pour cette raison. J’eu gain de cause.
 
    Une fois nos affaires posées, Shass parti immédiatement pour la grande bibliothèque Homère, baptisée par le roi Ulysseus lui-même. Je ne pense pas avoir écrit ce point de détail avec les rois humains. Voyez-vous celui qui accède au trône, en plus de son titre, est rebaptisé Ulysseus. Ainsi le souverain actuel se nommait précédemment  Atropos et ses plus jeunes frères Moires et Epiménide. La bibliothèque doit son nom au trisaïeul du roi en place.
 
    Pour ma part, Il me prit tout l’après-midi de dissuader Témor de ne pas aller à la maison Lalith avec sa masse, et ce bien qu’aidé par ses gantelets. Je fus aidé par la fée qui utilisait les mots idiot, stupide, crétin comme arguments, sans que cela ne semble émouvoir le bouillonnant Krakan. Pour ma part je finis par lui faire comprendre que s’en prendre directement à une des trois grandes maisons, c’était comme déclarer la guerre à un petit état aux grandes ressources. D’autant que leurs défenses en termes d’hommes et de magie devaient être très dissuasives.
 
    Shass nous revint en début de soirée, pile pour le repas. Et alors que je m’attendais à la voir filer sans manger dans notre chambrée pour établir de nouvelles théories avec ce qu’elle avait pu glaner comme informations dans la journée, elle s’installa à notre table et commanda une épaule d’agneau confite à la graisse d’oie pour elle seule, avec une planche de charcuteries variées en ouverture !
    « J’ai une de ces faims ! »
    « On voit ça » fit Témor
    « Le retour à la civilisation t’a redonné la forme ! » remarquais-je
    « Ce que j’ai trouvé à la bibliothèque bien plus ! » répondit-elle en rigolant à moitié
    La fée se mit à virevolter autour d’elle : « Ah ? Et qu’as-tu trouvé ? »  
    « Absolument rien ! »

    Bien qu’ensemble depuis peu, nous commencions à être habitués à ce genre de coup de théâtre. Nous nous contentâmes donc de nous regarder fronçant à peine un sourcil en attendant la suite.
    « Cet ordre de chevalerie, ce nom de chevalier, même l’endroit où est le tombeau : RIEN ! Aucune référence ! »
    « Je sais que l’on dit de la grande bibliothèque qu’elle est la plus grande source d’information et de culture, mais tu n’as pu fouiller toutes ses références en à peine une journée ! » protestais-je
    « J’ai été aidée » dit-elle en dévorant son saucisson aux noix « Obsédée comme je le suis, je dois bien l’admettre, j’ai utilisé une part de mes économies à me payer une aide pour la journée. Puis j’ai utilisé un peu de magie pour aller plus vite »


    « Mais la magie est interdite dans les bâtiments publiques, surtout la sphère de Neptune ! » objecta Spressen
    « Disons que je l’ai fait de manière indirecte et que ça ne s’est pas vu ! » mortadelle de Bracchios
    « Niveau aides du chercheur ? » m’enquis-je « Il était digne de confiance, et surtout compétent ? »
    « Ils ont ! Je ne m’en suis pas payé qu’un, mes économies me permettait une petite folie, alors j’en ai payé 11 et le résultat est fiable » attaque de l’épaule d’agneau par la face nord « les dates ne correspondent à rien, codées, pas codées, même les évènements relatés n’ont pu être rattachés avec aucun évènement similaire. Les régions géographiques correspondent à peu près mais c’est tout »
    « Et c’est ça qui te met en joie et en appétit ? » nos assiettes étaient intactes elles. Si je me chargeais de la discussion, les deux autres écoutaient religieusement.
    « Oui car certains de mes aides, ont été pris de remords et de sentiment de culpabilité à ne pouvoir m’apporter aucun élément. Imagine ! Des Scribes d’Homère pas foutus de trouver la moindre information ! » La faim ou l’excitation la faisait s’exprimer de plus en plus comme Témor.  « Et figurez-vous que deux d’entre eux m’ont rapporté que je n’étais pas la seule à avoir échoué à trouver quoique ce soit sur un ordre ancien de chevaliers. Il semblerait que d’illustres érudits de cette ville, qui rappelons-le, est réputée pour être la ville la plus importante du monde connu, fassent des recherches sur la même thématique. » Léchages de doigts !
    « J’ai donc orienté mes recherches sur … eux, et en obtenant certains noms j’ai pu remonter jusqu’à leur employeur »
    « La Maison Lalith ? »
    « Evident non ? Encore fallait-il le vérifier. Alors certes, le peu d’information que nous avons ne correspond à rien, la monnaie ne correspond à rien, et pourrait bien être un simple signe distinctif, une marque de reconnaissance entre membres de l’ordre, mais si une des trois grandes maisons s’intéresse de très près et de manière très active à cela, c’est qu’il y a anguille sous roche ! »
    « Mais si eux-mêmes, avec leurs ressources, n’ont rien trouvé ? »
    « Qui te dit qu’ils n’ont rien trouvé ? » me coupa-t-elle « Ils n’ont rien trouvé dans la grande bibliothèque, mais comme tu le fais remarquer ils ont des moyens que nous n’avons pas et n’aurons jamais. Et si ils ont été capables de localiser le tombeau où nous avons failli finir c’est qu’ils ont une source d’informations que nous n’avons pas »
    « Et maintenant ? » interrogea Témor  
    « Vous, vous faites ce que vous voulez, moi je vais me pieuter ! (sic !) Demain il faudra parler de cette histoire de cambriolage de la maison Lalith ! »
 
 
Gloups ? 

 

Chapitre Cinquante troisième

 

 

    Le lendemain je m’apprêtais à passer la matinée à expliquer à Shattasman, que non, nous n'étions pas taillés pour cambrioler une des trois grandes maisons du royaume à la recherche d’informations. Sous quelle(s) forme(s) d'ailleurs ?
    
    En fait nous n'étions pas taillés pour le cambriolage du tout. A la lecture de mon histoire, nous pourrions passer pour des aventuriers, mais remémorons nous que Témor n'est qu'un ouvrier du bâtiment, que Shass n'est qu'une bibliothécaire documentaliste, que la fée n'est … qu'une fée … mage … aléatoire (ce qui fait beaucoup au final je m'en rends bien compte) et que je ne suis qu'un messager.

    Bref mes arguments étaient aussi affûtés que mes lames, mais ce fut du Krakan dont je dû m'occuper. En effet durant la nuit nous fûmes volés.
    Les fameux gantelets avaient disparus. Croyant d'abord une plaisanterie de notre part la tension monta à mesure que nous lui disions ne rien savoir et que celui-ci se mis à comprendre que nous ne jouions pas un jeu.
    
    « Je vais les tuer, mais en explosant chacun de leurs os en commençant au hasard et en continuant … au hasard aussi. »
    « Calme-toi » tentais-je de le tempérer. « Es-tu sûr de ne pas les avoir rangé ailleurs »
    « Bien que tu penses que je suis un idiot ou que tu tentes de me faire passer comme tel dans tes écrits, je ne le suis pas au point d'égarer, dans un dortoir, une paire de gantelets de guerre enchantés. »
    « Attends … tu as lu mes écrits ? »
    « Et ils vont le payer ! »
    « Oui on les a tous lu » me répondit Shass
    Le choc fut de taille, qu'ils prennent la liberté de fouiller mes effets pour me lire ! Je repris mes esprits à mesure que Témor perdait les siens.
    « Mais tu ne sais même pas qui sont ce ''ils'' » lui fis-je.
    « La maison Lalith » me répondit la fée.
    « Oh arrête, comment auraient-ils fait pour nous retrouver aussi vite, et pourquoi attacher autant d'importance à un objet … magique ? »
    A leurs regards, noirs, insistants, intenses, teintés de l'incrédulité que ma remarque avait eu sur eux, je me rendis compte que de notre petit groupe … c'était moi le plus naïf.
    « Bon d'accord, admettons. Et que proposes-tu ? Qu'on prenne d'assaut un bâtiment bourré de protections magiques, d'hommes de mains et de sorcier ? »
    « Oui »
    …
    « Nous pourrions reprendre mon idée d'hier soir »
    « Vendu »
    Le visage de Shass s’illumina d'un sourire aux réponses de Témor.
    « Nous pourrions, peut-être, discuter des modalités » proposais-je
    « Bien évidement » fit-elle
    « De nuit cela sera trop compliqué, nous ne disposons pas des qualités requises, tant physiquement, techniquement que magiquement pour ce genre d'entreprise. Nous devrons donc utiliser le va et vient des clients, fournisseurs, employés à notre avantage.
    « Je »
    « Oui je sais chaton, tu vas objecter qu'étant donné nos races respectives notre discrétion dans cette relative foule sera elle aussi somme toute très relative. Mais je mise sur au moins deux éléments :
    1-Nous ne serons pas ensembles
    2-Je doute que tous les Lalith aient vent de la mission de Simon et/ou de ses moindres détails.
    Une grande maison est respectable, en apparence du moins. Je pencherais donc pour une initiative très personnelle de notre ami à notre égard. Je vous explique la suite ? »

    Je me tus

  

Chapitre Cinquante quatrième 

 

 

    Son plan était simple et très bien expliqué. Nous avions chacun un rôle et peu d'interactions entre nous. Mais je ne pus m’empêcher de la prendre à part une fois qu'elle eut fini.
    « Dis-moi que tu n'as pas planqué le gantelet. »
    « Je n'ai pas planqué le gantelet »
    « Non mais sérieusement ... »
    « Sérieusement »
    « Donc on nous a réellement volé ?»
    « Donc on nous a réellement volé ! »
    « Mais dis-moi encore une chose ... »
    « Ce que je penses de tes écrits ? »
    « Non, je me réserve cette discussion pour plus tard, nous y arborerons la notion de propriété privée »
    « Et de vie privée aussi, mais vas-y pose ta question»
    « Comment se fait-il que tu puisses être à la fois, historienne, géographe, sociologue, tacticienne et stratège ? »
    « Les livres mon cher »
    « Ne te moque pas de moi »
    « Les livres … et une puissante envie de survivre »
    « Les bibliothèques sont donc si dangereuses ?»
    « Certaines populations d'elfes le sont, mais nous n'avons pas de temps à consacrer à cette histoire »
    « Pour le moment »
    « Pour le moment ... »

    Avait-elle compris les raisons qui me poussaient à en savoir plus sur son compte ? Au final, mes trois compagnons sont des inconnus, je ne connais pas leurs motivations. Si, aux premiers abords, ils semblent vivre la vie au jour le jour, sans véritable but, il me semble bien, à moi, qu'ils cachent tous une histoire qu'ils ne s’empressent pas de raconter. Et partir à l'aventure dans ces conditions me parait dangereux.


    Certes je pourrais tout simplement rentrer chez moi, dans ma grotte, retrouver mon peuple, mais j'avoue que ce que nous avons vécu, ce que nous vivons est grisant Et bien que tentant de raisonner leurs prises de risque, je me suis pris au jeu. Bien que dissuadant Témor de représailles envers une puissance de ce royaume, je désire leur faire payer leur traîtrise.


    Alors nous allons entrer dans ce jeu une fois de plus. Ressentir la peur et le trac, mais cette fois ci je vais y aller sans réticences. D'autant que le plan de Shass ne m'a pas l'air bancal, et s’il fonctionne correctement, je compte bien remplir mes prochains chapitres avec leurs vies.
 


Chapitre Cinquante cinquième

 

Coucou Nourjal je t’ai manqué hein ? … un peu ? Parce que toi tu m’as manqué … un peu.

Donc chaton, enfin Rei pardon, veut que je t’écrive dessus pour te dire, et aux autres aussi, ce que j’ai fait. Et bien sans me vanter, ce n’est pas mon genre ça se saurait, je crois bien avoir eu le rôle clef. Je suis désormais une puissante, une sur pui ssante mage … aléatoire. Et le plan ne saurait fonctionner sans magie … aléatoire.

 

Je devais donc me poster au dehors, et invoquer, aléatoirement, ce que je pouvais. Je me suis donc postée là où je serais la plus discrète pour lancer le sort le moins discret. Mais tu sais Nourjal, nous les mages aléatoires sommes bien au fait de notre puissance in co mmen surable et nous ne prenons pas la magie à la légère. Que nenni que non, nous la prenons … aléatoirement, un peu comme elle vient en fait … mais de manière très sérieuse et concentrée.

Donc je virevoltais autour de ce grand bâtiment à la recherche de l’endroit propice. C’est sur une voie peu fréquentée que je jetais mon dévolu. Et je me concentrais, concentrais, concentrais, con ceeenn trrraaiiis

 

Et Puf ! Des lianes se mirent à grimper le long de la façade, la recouvrant entièrement

Impressionnant n’est-ce pas ?

Mais je savais que ça ne suffirait pas à contenter Shattasman, c’est que je commence à la connaître maintenant.

Alors je me concentrais, concentrais, concentrais, con ceeenn trrraaiiis

 

Et Pif ! Les lianes se mirent à vieillir, vieillir et mourir.

Tristesse !

Si jeunes et déjà si vieilles. Mais je savais que ça ne suffirait pas à contenter Shattasman, c’est que je commence vraiment à la connaître maintenant.

Alors je me concentrais, concentrais, concentrais, con ceeenn trrraaiiis

 

Et Pfiou le vent se mis à se lever.

Alors en désespoir de cause, je retournais dans la rue principale pour demander une allumette aux passants, pour mettre le feu à tout ce petit bois mort.

 

              Taper, casser, détruire. Faire de cette « maison » un château de cartes et souffler. On ne me provoque pas, on ne me vole pas, on ne me tue pas. Attendre le signal de ma douce fée, et me mettre en action. Pour que les deux autres puissent fureter. Une fois de plus je porte le plan sur mes larges épaules. Sans moi le groupe stagnerait, échouerait, avec moi il avance. Je suis son guide, son chef, ses bras et bien souvent son cerveau.

 

              Alors j’attends le signal dans ce qui ressemble à une salle d’attente. Des aventuriers, des marchands entrent, sortent, malgré ma carrure je reste invisible à leurs yeux, ils ne me reconnaitront pas, pas que j’en ai une énorme envie. Qu’un de nos accompagnateurs du tombeau passe à côté de moi, et qu’il me reconnaisse, Simon si possible. Que je le broie …

 

              Le signal arrive, des gens sortent, ça crie au feu. Elle a dû invoquer une flammèche dans une haie. La farceuse ! Ca sort, ça crie, mais les deux plantons qui gardent l’escalier ne bronchent pas. J’ai juste à imaginer qu’il s’agit de Simon et de … Bah Simon tiens. Il(s) ne voie(nt) rien venir, je le(s) fracasse et le(s) relève de s(a/es) fonction(s)

 

              Durant tout le temps où je fus à l’intérieur, je me demandais où tout cela allait nous mener. En prison sûrement, mais pas celle de la ville non, j’imaginais une prison privée de la maison Lalith, un truc bien glauque … avec des chaînes et des machins qui coupent et qui déchirent. Pas que le plan de Shass ne me paraissait pas viable, loin de là comme je l’écrivais précédemment. Mais en voyant l’exécution de celui-ci … La fée allait sûrement invoquer une vache qui chante, et Témor … Qu'en dire ? Il se tenait là, debout, en plein milieu de la salle d’attente, sans remarquer que tout le monde le dévisageait, le contournait. Se pouvait-il que ce grand balourd se croit discret ?

 

              Ou bien était-ce sa façon de remplir son rôle ? Encore une fois allais-je devoir nous sauver des eaux ?

Mais du liquide nous passâmes vite au feu, les gens criaient, appelaient à l’aide, des sorciers de la maison : robes de mages et symbole Lalith, sortirent en courant pour constater. Je ne sais pas ce que fit la fée, je le saurais en lisant son paragraphe mais pour une fois ce fût efficace.

 

              Alors je vois mon homme caillou se mettre en branle. Mais je ne le vois pas finir son action car je la vois … elle ! Elle est là, irréelle et pourtant bien présente, elle ne s’affole pas comme le reste de la populace mais elle va agir, et sûrement partir, alors je me bloque devant sa gueule de félis et lui dis

 

              « Bonjour ! »

               « Dégage »

               « Tiens, vous me rappelez quelqu'un ! Loin de moi l’idée d’être importun, mais comprenez que votre présence m’interpelle  »

              « C’est quand la dernière fois que tu as fait la cour ? » toujours sur la défensive, moi un peu désarçonné je continuais.

               « Euh … non, ne vous méprenez pas. Telle n’est pas mon intention. Mais … enfin je veux dire … »

               « Tu la crache ta phrase bonhomme ? »

               « Mais bon sang, qui êtes-vous ? Je sors de LA grotte Félis, et bien que nombreux, je connais tout le monde ! Nous avons à peu près le même âge je dois vous connaître. Et ce qui me choque le plus c’est que vous avez une totale indifférence vis-à-vis de moi ! »

              « Qui t’a dit qu'il n’y avait qu'une grotte ? »

               « Vous avez connaissance de la nôtre ? Nous n’avons pas connaissance de la vôtre ? Quand ? Pourquoi ? Où ? »

             « Ah d’accord, tu veux une jolie histoire. Tu veux que je te dise, pardon, que je te conte mes origines, mes buts, mes rêves, que je te retrace l’histoire de ma tribu ? »

             « Ou.. Oui ! Cent fois oui mille fois oui ! »

             « Tu ne fais pas parti de ceux qui méritent d’entendre cette histoire, et en plus j’en ai pas le temps à cause de l’incendie et étant donné que ton pote casse des crânes je suppose que tu as mieux à faire toi aussi. J’me casse »

Feu + pote + crâne = Oh putain ma mission !

 

             La rencontrer me fit oublier jusqu’à la raison de ma présence en ces lieux. J’accumulais maintenant un retard conséquent sur mon planning de mission : Monter dans les étages et fouiller, couvert par Témor, empêchant quiconque de monter dans les étages. La fumée chatouillait mes naseaux, Spressen avait été très efficace, peut-être trop !

 

Qu'ils me pardonnent, ils ne sont que des leurres. Quoique la fée jette comme sort, il suffira à attirer suffisamment l’attention des Lalith pour que Témor le perçoive comme un signal. Celui-ci fera donc une « diversion » à l’intérieur, me permettant de me faufiler. Quant à Reï, ne sachant pas que chercher, ni où chercher, il se fera remarquer avant moi. En définitive, garder les plans l’étage pour moi seule fut une bonne initiative.

Alors je me rue vers le bureau des maîtres, espérant que le raffut les a emmenés ailleurs. Et je me colle à la porte. Pas un bruit : j’entre. Un grand bureau, moult papiers laissés en désordre. Un grand tableau. Sûrement un coffre derrière celui-ci. Gagné, mais je ne peux l’ouvrir. Beaucoup de savoir théorique peu de pratique mais recentrons nous sur le sujet : le bureau

 

              Factures, notes, rapports, sans aucun lien apparent. Et une carte. Peu d’indications, mais mes légères connaissances en cartographie me permette de confirmer qu’un des point correspond au tombeau visité. Quant aux autres l’ont-ils déjà été ?

Je recopie et je tousse. Les néréides sont sujettes à l’asthme et la fumée entre sournoisement dans la pièce. Si je ne me dépêche pas c’est ce qui m’a permis d’entrer qui m’empêchera de sortir.

 

             Dans le couloir je titube, la fumée est trop présente, je ne vois rien et mes branchies s’obstruent peu à peu. Je dois m’appuyer à un mur, autant pour me guider que pour réussir à avancer. Mon plan va me tuer

 

Deux formes émergent de la fumée, je pense Reï, je vois elfes noirs.

 

             « Tiens tiens, qui voila … » celui de droite se réjoui

             « Les rapports disaient vrai » tout comme le premier, le second ne semble pas s’émouvoir d’être dans une bâtisse en feu, envahit par la fumée.

             « Bien, bien , bien, comme tout cela va être facile au final.»

 

Je tombe, mes yeux se ferment.

 

             « Mais tu nous aura fait courir, il est temps qu'on te ramène coquine»

 

Mes oreilles n'entendent qu'une dernière phrase.

 

             « Tu savais que les noirauds manquaient cruellement de galanterie ? »

 

Et des sons de combat.

 

Chapitre Cinquante sixième

 

 

Une chambre dans une taverne, elle, moi et des questions

 

Moi : - Bon

Elle : - Bon

Moi : - Bilan de ton plan ? Un bâtiment en flammes, des blessés

Elle : - Pas de morts

Moi : - Pas de morts, une carte, une Félis et 2 elfes noirs

Elle : - La Félis …

Moi : - Les elfes noirs ... juste les elfes noirs

Elle : - Tu veux savoir

Moi : - Tout ...

Elle : - Tout

Moi : - Deux attaques qui n'étaient ni des coïncidences ni des coups de chance de leur part et une soif d'apprendre, plus par nécessité que par passion

Elle : - Sur tous les sujets

Moi : - Sur tout les sujets

Elle : - Si tu dois analyser pour interroger, approfondis, va jusqu'au bout, n'oublie rien, aucune détail

Moi : - C'est un interrogatoire ?

Elle : - A toi de me le dire

Moi : - Je pensais que tu allais me dire certaines choses

Elle : - Certains choses sont plus faciles à dire quand on nous pousse.

Moi : - Bien

Elle : - Bien

Moi : - Sur tous les sujets ? Vraiment ?

Elle : - Histoire, géographie, stratégie, magie, herboristerie, alchimie, pugilat, forge, serrurerie, menuiserie même. Mais je ne les ai pas tous pratiqués, du savoir théorique. Mais du savoir.

Moi : - Et donc, deux elfes noirs, encore, troisième fois à ma connaissance

Elle : - Quatorze en fait

«  Quatorze ? Et tu en a réchappé à chaque fois ? » M'exclamais-je.

Elle : - Tu sors du rôle, du contexte

Moi : - Pardon, reprenons donc : Quatorze ?

Elle : - Oui

Moi : - C'est donc un test.

Elle : - Un très long test oui. Ce sont des elfes noirs, même en misant sur la chance et en tombant sur des débutants, je devrais être morte depuis la troisième agression. Tu deviens pourquoi ?

Moi : - Réincarnation. Tu as pourtant près de 30 ans. Tu dois être spéciale pour eux.

Elle : - Les elfes noirs sont une race un peu à part. Ils en imposent à tous, même aux muses. Elles les protègent, en retenant certains nations d'agir contre eux, et inversement.

Moi : - Mais encore ?

Elle : - Sans les muses, ce n'est pas une chaîne volcanique qui retiendrait les hauts-elfes, fut-ce-t-elle réputée infranchissable.

Moi : - Ils gagneraient ?

Elle : - La guerre durerait des siècles, enlisant le monde avec elle.

Moi : - Et donc toi, ils te testent

Elle : - Oui. Les elfes noirs, fonctionnent en castes. A la tête de ce royaume-empire : La Matriarche. Il y a des castes plus importantes que d'autres. Les assassins sont terriblement puissants, influents. Aussi bien chez eux que dans le monde. Et, pour faire court, leur haut-maître est décédé le jour de ma naissance.

Moi : - Comme des milliers de bébés je suppose. Y compris des elfes noirs.

Elle : - Sans aucun doute.

Moi : - Et donc ?

Elle : - Et donc ils en ont testé d'autres, avant, en parallèle, en ciblant ceux que leurs augures désignait bien évidemment.

Moi : - Et ils sont persuadé que tu es … l'élue.

Elle : - Ils ont quatorze raisons de le penser oui.

Moi : - Et devenir une personne d'une telle importance, ne te tente pas

Elle : - Les elfes-noirs sont racistes, crois-tu qu'ils laisseraient une semi-élémentaire diriger une de leurs caste les plus puissantes ?

Moi : - Pourquoi te tester alors ?

Elle : - Pour me ramener ensuite chez eux, me sacrifier, capturer mon âme, et la donner à manger à un de leur haut dignitaire bien sûr.

Moi : - Suis-je bête … Et pourquoi n'ont-ils pas capturé l'âme du haut-maître à sa mort

Elle : - Tu n'écoutes pas assez : puissants, influents, donc jalousés et concurrencés

Moi : - Mort violente.

Elle : - Oui.

Moi : - Cela aurait été cocasse que les augures désignent un haut-elfe.

Elle : - Disons que certaines races sont exclues de certaines augures.

Moi : - Mais, question : Pourquoi n'avoir pas fait exprès de rater un des tests.

Elle : - Mon destin dans cette histoire, est de mourir lors du sacrifice permettant la récupération de l'âme, ou bien de mourir une fois le test échoué.

Moi : - Mais … et les autres testés ?

Elle : - Disons qu'ils n'ont pas participé au sacrifice.

 

«  Punaise ! Et donc on va les avoir sur le dos en permanence, trop bien ta vie ! Quelle histoire ! » finis-je par lâcher.

« Attends de connaître celle de la fée et du Krakan » conclut-elle.

 

 

Chapitre Cinquante septième

 

Il est temps de faire une pause dans ce récit. Le temps d’expliquer certaines choses avant de replonger, le dit récit, dans les aventures apportées par la copie de la carte faite par Shattasman.

 

Le temps d’expliquer certaines incohérences, que vous aurez peut-être remarquées. Bien évidemment, le temps de l’écriture n’est pas celui de l’action et il peut se passer plusieurs jours, voire semaines avant que l’écrit ne rattrape l’aventure. Et que, par exemple, certaines découvertes pour moi, n’en soient plus lors de la retranscription.

Ainsi vous avais-je fait mention d’une forme oblongue dans le ciel de Thucydide, dont j’étais le seul à m’émouvoir. Sachez que celle-ci était de nature mécanique et qu’on m’expliqua plus tard qu’il s’agissait d’un dirigeable, engin volant dédié à transporter des gens sur de grandes distances. Incroyable !

 

J’ai pu écrire que je découvrais e monde, sortant pour la première fois de ma grotte. En fait je le redécouvre. Je l’ai déjà quelque peu arpenté dans une précédente vie. Etant donné que l’ambiance semble être aux confessions, sachez qu’il fût un temps où votre serviteur sortit pour donner le change à nos amies amazones. A la fin de cette campagne, il me prit l’envie de faire un détour sur le chemin du retour. Je rencontrais alors les différentes races de notre monde, dont les paysans aux fourches que je mentionnais au début de mon récit, mais aussi l’alcool. Vous comprendrez aisément que je n’ai point l’envie de m’étendre sur ce sujet. Sachez cependant que ce que je fis pour pouvoir payer mes excès ne me rends pas particulièrement fier. Ce fût une période longue et difficile donc je ne peux me sortir qu’en rentrant chez moi.

 

Autre point plus léger maintenant. J’écris pensant ne pas être lu. Comment le serais-je ? Bon d’accord mes compagnons m’ont fait la surprise de me voler mes écrits le temps de leur lecture. Mais hormis eux ? Je n’écris pas pour en vivre ni même pour informer. Juste parce que je le dois et que, ce faisant, je me suis un peu pris au jeu, je dois bien l’avouer. Oui je le dois : les muses, l’oubli, la repentance.

 

Mais je suis tout d’un coup pris d’un doute, d’une angoisse. Et si ?  Et si mes écrits étaient découverts dans un quelconque tombeau abandonné, sur mon cadavre bien entendu, dans des années, des siècles, des éons ! En imaginant que le papier ne se soit pas désagrégé, cela va de soi. Et donc peut-être, je dis bien peut-être, le monde a-t-il changé. A un point que je ne puisse, à ce jour, imaginer. A un point que les muses nous aient libérées de leur présence.

 

Et un blasphème pour la 4 ! Un !

 

Dois-je alors expliquer notre monde ? Cela me semble si aberrant.

Alors,  amis d’un autre monde, pour moi vous êtes, du coup, d’un autre monde si vous avez besoin d’un cours sur notre, votre monde, résumons ce que vous n’auriez pas déjà deviné via mon récit.

Un panthéon complet, œuf-jambon-fromage, nous apportait connaissances, richesses et buts. Chacun était dieu d’une qualité, d’un concept, d’un aspect de nos vies, et s’était proclamé protecteur d’un des nombreux peuples de notre monde.

 

Je ne vous en ferais pas l’inventaire complet ici, vous les découvrirez, si ce n’est déjà fait, dans ce récit.

Et puis les races, nations se rebellèrent. Il est dit que tout parti des gorgones ou méduses. Puis les elfes. Le reste fût une réaction en chaines. Meurtres ou manques de croyant : les dieux disparurent les uns après les autres. Seules les muses perdurèrent. Et depuis ... ben … on en chie.

 

Sachez, cependant, qu’on répertorie 4 races semi-élémentaires. Sorte de fusion entre un mortel et un élément primordial : Air, Feu, Terre, Eau. Les lutins petits êtres espiègles et farceurs mais amusants et sympathiques. Les nains, souvent bourrus, peuplant les montagnes. Les gorgones, souvent chassées en raison de leur aspect terrifiant. Les fées, dont notre groupe tient un exemplaire unique en son genre. Les humains, seule race véritablement présente sur l’ensemble des continents. Les maudites amazones, qui ne sont en fait que des humaines ayant fait scission. Les géants, vivants aux pôles. Les félis, dont je suis un des représentants et enfin une chié de peuples elfes : hauts, noirs, gris, marins, sylvains. Bref chaque couleur ou environnement semble avoir son elfe. Comme pourrait le dire Témorbabar, vivement qu’on tombe sur les elfes du marais ou les elfes jaunes à pois vert.

 

Politiquement, presque tous les peuples ont une nation. Exceptions faites des elfes gris et des néréides, incorporés aux citées, surtout humaines. Des lutins, trop dilettantes, des feux-follets, trop indépendants et solitaires. Quant aux Krakan et Stratos, ils vivent en tribus nomades et les elfes marins ont des citées comptoirs le long des côtes. Et bien évidemment ces nations ont des relations plus ou moins tendues en fonction de leur passé historique et commercial, de leur éloignement mais aussi, et surtout, de leur race. Ainsi les antipathies de Témor pour les elfes semblent être une exception. Mais d’après Shass son histoire personnelle ne manque pas de piquant.

 

Géographiquement parlant, j’ai demandé à Témor de dessiner, pour vous, une carte. J’espère qu’elle vous permettra de situer l’action, et qu’elle n’a pas trop changée depuis le début de ma vie, sinon cela signifie qu’on a morflé !

 

J’espère que le livre et encore long, car dans le cas contraire, comme je l’ai écrit au moment des tournois, c’est que je vais bientôt mourir.

 

 

Chapitre Cinquante huitième

 

 

Chose promise , la carte de notre monde dessinée par Témorbabar.

 

Celui-ci n'a pu s'empecher de la commenter un peu

 

Blasph-la-carte1.jpg

 

Chapitre Cinquante neuvième

 

 

 

           Carte dessinée, commentée et archivée. Je ne pensais pas que Témor m'en ferait une aussi détaillée. Il n'en donne pas l'air , mais il semble pourtant bien rendre ses hommages à Uranie, sa muse de tutelle, sainte patronne des astronomes et donc des géographes.

           Je me dois de réserver un chapitre à une discussion avec lui au sujet de ce vaste monde. Qu'il me détaille ces contrées dont je n'ai jamais entendu parler et que je ne verrais sûrement jamais.

           Mais sur le moment, l’intérêt de tous était porté sur une autre carte. Un peu moins précise, aussi étonnant que cela puisse être. Celle-ci indiquait ce qui semblait être trois tombeaux. Notre mystérieux ordre de chevalerie ayant doc décider de s’éparpiller un peu.

 

           « Pourquoi pas un seul et unique tombeau ? » Questionnais-je

           « Ils aimaient peut-être les jeux de pistes » se moqua Témor « déjà qu'ils semblent aimer les charades et les devinettes. »

           « J'espère que nous le découvrirons, en attendant il nous faut nous poser des questions d'un ordre bien plus pratique » recadra Shaas.

           « Comme ? » m 'inquiétais-je

           « La logistique, nous avons eu du mal avec un seul tombeau, alors que nous étions près du triple »

           « Et encore avec des gents taillés pour ... » précisa la fée qui ne se voyait sûrement pas pelleter ou piocher.

           « Très juste, nos prochains jours devront donc être occupés à faire des emplettes »

           « Pelles, pioches, vivre » commença Témor

           « Carriole et bêtes de traits » continua Shaas

           « Nous risquons, peut-être, de manquer de ressources financières » s’inquiéta la fée « mais j'ai une idée. »

           J'étais très étonné de voir tous les membres de notre groupe si impliqués. Tous avaient des motivations différentes : une revanche de plus vis à vis des Lalith, la résolution d'un mystère, l'attrait de l'aventure …

Pour moi ? Un peu de tout cela très certainement.

 

           Ah oui … j'allais oublier l’idée généralissime de la fée pour ajouter des muses à notre tirelire. Elle décida, donc, de jouer son artiste de rue, en proposant un spectacle de magie aux badauds.

           Bien évidemment, elle est toujours mage aléatoire. Vous pensez bien que dans le cas contraire je vous aurais relaté ce changement.

 

           Et bien, elle balança joyeusement du sort de manière très aléatoire. Les badauds avaient si peur, qu'il lâchèrent leurs muses en espérant la fin du carnage. Certains tentèrent sûrement de prévenir la garde, mais elle parti avant leur arrivée.

 

 

 

Adieu Thucydide, nous te quittons, cette fois-ci par le sud, et n'avons pas prévu de revenir vers toi. Les tombeaux vous nous éloigner et ce n'est pas pour m'attrister. Notre contact n'aura été que superficiel mais même si je ne l'ai pas exprimé, j'ai bien ressenti tout ton potentiel corrupteur. Je ne t'ai vu qu'en surface et je crains d'un jour me retrouver dans tes profondeurs.

J'ai à nouveau de bien vilaines pensées, le départ pour un lieu inconnu, potentiellement mortel, en est sûrement la cause. Nous n'avons visité qu'un seul de ces mausolées , sûrement pas le plus imposant, et nous avons déjà rencontré un animal d'un autre temps, des pièges et la traîtrise des hommes.

Je me dois de me détendre de laisser mon pessimisme naturel de côté pour être affûté et déjouer les dangers que nous pourrions rencontrer.

Et pour cela je ne vois qu'une seule chose à faire.

 

Moi : Je ne savais pas que tu étais un si émérite cartographe

Lui : Ouais je suis balaise.

Moi : Et que notre monde était aussi vaste et varié

Lui : Ouais je suis balaise

Moi : ...

Lui : ...

Moi : ...

Lui : Tu t'es pas baladé beaucoup du coup.

Moi : Non pas trop, je commence seulement à le réaliser. Je reconnais certaines régions, aux descriptions qu'on a pu m'en faire ... et à tes commentaires … précis et … pertinents (?)

Lui : Ouais je suis balaise

Moi : Oui oui, par exemple, Spressen a évoqué Praxitèle, surtout ses forêts et sa faune

Lui : Bah c'est bien.

Moi : ...

Lui : ...

Moi : Non mais c'était un sous-entendu, une invitation à m'en dire plus.

Lui : Ben en gros de ce que j'en sais, c'est un endroit où il y a beaucoup de magie. A tel point que là bas, même les lapins jettent des sorts.

Moi : Tu te moques ?

Lui : Jamais. Pas le temps

Moi : Tu imagines un lapin mage aléatoire ?

Lui : ...

Moi : ...

Lui : ...

Moi : Tu déconnes ?

Lui : Bah, quand tu te prends un sort d'un lapin, tu sais jamais quel sort il voulait lancer. C'est pas très explicite un lapin.

Moi : Putain.

Lui : Et encore, tu t'imagines un ours aléatoire ?

Moi : De ce que j'en sais, la taille n'influe pas sur la quantité de magie

Lui : Ouais mais un lapin aléatoire qui invoque un ours aléatoire qui te balance une foule de bœuf

Moi : Euh je ne suis pas sûr de te suivre

Lui : Pardon, une boule de feu, j'ai contrepété

Moi : Mais personne ne vis là bas ? Je veux dire, que personne ne pourrait vivre là bas.

Lui : A part des mecs qui chercherait l'endroit le plus magique du monde pour tenter des trucs

Moi : Comme ?

Lui : Tu veux vraiment savoir ?

Moi : En fait non, je te trouve empli de sagesse

Lui : Merci. Ceci-dit, il y a des rumeurs à propos d'une peuplade mais rien de précis ou de réellement crédible.

Moi : Plus qu 'a espérer que notre aventure nous en éloigne le plus possible. Lui : Tu te sens chanceux ?

Moi : On est en vie. Et tu as toujours ton amulette

Lui : Ouais je suis balaise

Moi : Et sinon cette île ne plein milieu de Polymedargos ? Nike

Lui : Ah ouais tu sors carrément de ta grotte en fait.

Moi : Pourquoi avoir nommé un endroit du nom de la déesse de la victoire ?

Lui : On dit que cet endroit a été construit par les Muses elles-mêmes

Moi : Ah ? J'ai peur de demander la suite ...

Lui : C'est une cité prison. On dit qu'y sont enfermés tous ceux qu'elles ne veulent pas « oublier »

Moi : Mais elles sont omniscientes et omnipotentes, elles n'oublient rien.

Lui : J'ai dit « oublier » par oublier

Moi : Revanchardes et perverses ?

Lui : Attention tu blasphèmes.

Moi : ...

Lui : Héhéhé

Moi : Ça n'a pas l'air de te traumatiser plus que cela.

Lui : Non pas vraiment

Moi : Nous ne sommes pas vraiment un groupe de fervents.

Lui : Non pas vraiment, on fait ce qu'on nous impose de faire mais pas plus.

Moi : En tous cas, encore bravo pour ta carte. On y reconnaît bien Hésiode, sa chaîne volcanique séparant Hauts Elfes et Elfes Noirs.

Lui : Ouais je suis balaise

Moi : … Les trois monts que sont Olympe, Parnasse, Hélicon et Pindé, lieux de vie des muses.

Lui : Ouais je suis balaise

Moi : … Les régions polaires habités par les géants que tu as nommé gros balaises

Lui : Ouais, moi aussi je suis balaise

Moi : … Polyclete, ile des terribles gorgones

Lui : Quand elles ont encore une tête ...

Moi : Et tu t'es même fendu d'un marqueur pour identifier les montagnes naines

Lui : Ouais lui aussi il était balaise

 

Chapitre Soixantième

 

Je ne suis pas sûr que cet entretien m'ait autant diverti que je l'aurais cru ou même souhaité. En tous cas il permis de passer agréablement une parti de la journée.

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